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Une rentrée d'autrefois... Quand la rentrée scolaire se faisait immuablement le 1er Octobre les feuilles qui tapissaient la cour de récr...


Une rentrée d'autrefois...


Quand la rentrée scolaire se faisait immuablement le 1er Octobre les feuilles qui tapissaient la cour de récréation étaient déjà bien roussies. Les cartables étaient posés sur les bancs scellés au mur sous le préau soutenu par des colonnes en métal ouvragé. C'était le temps des retrouvailles, le jour ou chacun montrait fièrement la nouvelle gomme ou le joli buvard achetés chez les demoiselles Ortel, rue André Bénac. Le porte-plume était de rigueur et ceux d'entre nous qui avaient eu la chance de voyager un peu pendant les vacances exhibaient l'objet, dans lequel, quelquefois, on pouvait voir la basilique de Lourdes ou la tour Eiffel, en collant un oeil contre le manche. Instant magique où nous nous succédions pour admirer cette merveille de la technologie de l'époque. C'était notre I-Phone en plus naïf...

      Au coup de sifflet de M. Provain, nous nous rangions « deux-par-deux », puis nous étions dirigés vers les classes de Mlle Caudrier, de Mme Vannetelle, de Mr Mau ou de M. Abadie, au gré des âges...ou des « redoublements »! Le directeur prenait en charge ceux qui allaient en « fin d'études » pour passer le fameux « certificat » qui était leur baccalauréat ouvrant les portes de la société du travail, puisqu'à cette époque-là il y en avait encore pour tout le monde...

      Les autres fonçaient vers « l'examen d'entrée en 6ème » permettant d'accéder au Collège qu'on n'appelait pas encore le Lycée. Certains, bons élèves, étaient dispensés de cet examen. On disait alors d'eux qu'ils « passaient directement ».

    Ceux-là recueillaient les lauriers de la gloire, le jour de la distribution des prix, en même temps que la poignée de main du maire et, en général, un exemplaire des « Misérables » relié pleine toile!

      Mais le jour de la rentrée du 1er octobre c'était surtout cette ambiance particulière des grands événements, ces odeurs de cahiers neufs, ces moments d'extase devant le tout dernier « stylo à 4 couleurs », ces magnifiques cartes murales qui apprenaient que la Loire est le plus long fleuve de France (1.020 km), qu'elle prend sa source au mont Gerbier-de-Jonc, et que le Mont-Blanc mesurait 4.807mètres, du moins à ce moment-là où il n'y avait pas encore les cinq mètres de poubelles supplémentaires actuels...

      Le jour de la rentrée, à l'école primaire, personne ne pleurait. Personne n'appelait sa mère ! Même ceux qui descendaient à pied de La Crouzille ou de Saint-Aignan, rouges et essoufflés, avec leur casse-croûte dans un sacot étaient heureux d'être là et de montrer le couteau « Opinel » tout neuf reçu en cadeau. Ah oui...Car il faut vous dire qu'en ces temps-là les couteaux étaient autorisés à l'école parce qu'ils servaient exclusivement à tailler le saucisson et le quignon de pain.

      Enfin, debout, nous attendions le signal du maître pour prendre place aux bureaux usés par les générations précédentes. Les encriers en porcelaine était introduits dans les trous prévus  à cet effet et l'un d'entre nous était chargé de les emplir de la belle encre violette. Là, dans les prodigieuses senteurs de la craie et des vrais plumiers de bois, nous commencions à tracer, en belles lettres, avec «les pleins et les déliés» nos noms sur la première page de brouillon. Un mois d'octobre commençait, silencieux et appliqué, simplement ponctué de temps en temps par les minuscules points bleutés des palombes qui envahissaient déjà le ciel de la nouvelle année scolaire.


Christo Laroque 2010

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Ville d'art, d'histoire … et plus !



    La Réole c'est un peu comme la publicité des grands magasins parisiens dans les années 50, il s'y passe toujours quelque chose ! Petit-à-petit la fausse réputation qui la poursuivait à tort a laissé place à une autre, bien plus juste et plus méritée

    De ville ringarde et obsolète, perdue dans les fonds du sud-gironde, elle est montée en grade pour devenir un endroit recherché par les amoureux des belles choses et par les fervents connaisseurs des traditions

    Pour en arriver là et décrocher le label qui l'honore il fallut sans doute remonter loin dans l'histoire de la Cité Millénaire, mais aussi reconnaître son passé récent, se féliciter de sa réussite et se rassurer de son avenir...Une ville qui possède des trésors et qui se découvre des volontés, c'est comme les fleurs d'un jardin : ça donne de nouvelles pousses encore plus solides et plus nombreuses autour de la racine principale

    Si La Réole est riche de ses pierres, elle l'est aussi de ses légendes lointaines ou proches, de sa «Recluse» qui nous renvoie d'un seul bond en arrière jusqu'au 6ème siècle ! De de ses « Sept Péchés Capitaux » dont les bancs de pierre dominent le fleuve depuis 1830 ! De ce fameux Saint-Abbon dont on prétend qu'il fut assassiné vers le Martouret sans qu'aucun historien n'ait jamais réellement réussi à le prouver

    Riche encore de ses événements historiques moins connus mais parfaitement vérifiés : du passage de Napoléon 1er ( avec Joséphine en plus !) une fin de juillet 1808, retour d'Espagne et pressé de remettre de l'ordre chez lui ! De l'unique venue de la triste «guillotine» sous la révolution pour la seule exécution capitale ayant eu lieu dans la ville, sans qu'on sache non plus où fut dressé l'échafaud ! De l'arrestation des célèbres Frères Faucher, les héros réolais de la rue Lamar, dont ne sait toujours pas où les corps fusillés ont trouvé leur sépulture !

    Beaucoup plus près de nous, encore présents dans nos mémoires, La Réole connut aussi ceux qui furent d'autres légendes et dont les descendants peuvent témoigner de nos jours : les grandes figures du patrimoine local, humain, culturel, commerçant., politique, philosophique.. les vrais «bâtisseurs» de cette ville, qu'on ne peut pas tous nommer ici Tous font partie de la suite de cette magnifique Histoire de La Réole dont le premier exemplaire parut en 1873 sous la plume fertile d' Octave Gauban...

    Ainsi cette ville, au lieu de se tourner vers un modernisme outrancier et dérangeant qui ne lui aurait sans doute pas rendu des services qu'elle possède déjà, a décidé d'utiliser ce qu'elle a dans son âme profonde de plus intéressant : sa Garonne, ses monuments, ses promenades, et la population, jeune ou pas,  qui parcourt ses rues et ses places...On va d'expos en expos, on chante dans les concerts, on danse au son du rock ou de la techno, on furète dans les vide-greniers, on vibre à la majesté de l'orgue enfin revenu, on dîne au soleil couchant sous les platanes des quais, et on se tient par les épaules pour fredonner en chœur les vieux airs dont l'irremplaçable groupe Lous Réoulès nous fait cadeau lors des chaudes soirées, à l'abri de la somptueuse Abbaye qui nous surveille depuis trois siècles avec bienveillance...

    Et puis, aux dimanches d'automne, ou au pâle soleil des après-midis d'hiver, on flâne de ruelle en ruelle, aux contours des murs emplis de mille ans d'histoire...On voit le passé dans le miroir des lavoirs encore fidèles, on lit sur l'usure de la pierre le parcours de nos aïeux, leur travail et leurs souffrances afin que nous puissions vivre chez nous, entre amis, sans haine ni méchanceté, dans cette campagne que beaucoup nous envient Non, on n'est pas des ringards, on s'est simplement débrouillés avec ce que que la nature et l'Histoire nous ont laissé et on ne manque pas vraiment de grand chose On n'a pas d'hôtel ? Non, mais on a de merveilleuses chambres d'hôtes en ville ou aux alentours ! La découverte n'en sera que meilleure !         Les petits commerces s'éparpillent ? Oui, mais qui voudrait de vingt-six épiceries, de neuf tonneliers et de cinq aiguiseurs de ciseaux comme en 1913 ? Et qui est capable d'affirmer que ça marcherait encore ? Les nouveaux sont là, leurs vitrines sont pleines d'acier, de fleurs, de cristal, d'argent, de tuniques, de livres et de jouets ...Des Cézanne dans des rues à la Modigliani, cernées d'une campagne à la Renoir, qui dit mieux ?

    La Réole est une ville d' Art et d' Histoire, il nous appartient de la vivre ainsi. Avec le petit quelque chose en plus que nous apportons tous ensemble par l'attachement fusionnel que nous avons avec elle

© Christo Laroque in Tempo


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Ça s'est passé à La Réole - 2


    Le 19 juin 1965, la nuit réolaise est étouffante... Sur la place des Jacobins, face au reste du vieux mur de la Porte Saint-Martin se dressent d'imposantes tribunes capables de contenir mille personnes ! Autant que d'années que compte l'Histoire de la ville...Il n'y a plus une place libre et le public attend l'arrivée de la troupe de... Molière

    Pas le vrai bien sûr, qui a subi sa dernière quinte de toux 292 ans plus tôt ! Cette troupe est formée par une partie de la population réolaise, qui a entrepris un truc insensé, sous la direction de Simone Artins et de Guy Rapin, tous deux enseignants, faire revenir en nos murs les comédiens du génial écrivain ! Pas les vrais non plus puisqu' eux-aussi ressassent leurs répliques six-pieds-sous-terre depuis à peu près autant d'années que leur patron !

  Derrière le mur ils sont plus de cinquante à attendre leur entrée en scène, vêtus d'oripeaux et verts de trac...La plupart ont déjà effectué plusieurs déplacements vers les toilettes de fortune installées à proximité, et dont l'odeur commence à bien rappeler celle des rues du XVIIe siècle ! Tous les acteurs amateurs que La Réole abrite piétinent en espérant la nuit et les feux de la rampe...On croise le couple Braga, Pierrot Carrasset, Mimi Labadens, Dédé Sanderre, Luc et Jeannette Mothes, Jeannot Virepinte...etc...autant d'hommes et de femmes de toutes les générations qui ont préparé cet immense déboulé qui doit transporter La Réole et son public trois siècles en arrière par la simple magie du théâtre...Comparé à cette folle entreprise, le film « Retour vers le Futur » c'est, comme on dit chez nous, «de la gnognotte» !     Six mois de répétitions dirigées par le bordelais Pierre Falloux sont en jeu !

Il est presque dix heures du soir, le noir et les étoiles sont là, on entend derrière ce mur mystérieux une musique aigrelette, c'est la flûte de Titou Roques...Perché en haut des pierres un guetteur est soudain entouré de lumière et lance aux spectateurs : « Oyez, oyez, voici que la charrette de la troupe de Monsieur Poquelin s'avance ! » Les regards suivent le faisceau des projecteurs... Le Grand Molière, dont le rôle est tenu par Jean Pauly, futur conseiller général, va apparaître...

Et à cet instant précis tout le spectacle prévu est sur le point de s'effondrer … 

......,.......

… Car notre pseudo troupe légendaire de Molière a entassé costumes et accessoires sur une carriole échangée à un paysan du coin contre deux places gratuites au premier rang de ce spectacle sans précédent, tandis que le cheval qui doit tirer le tout est prêté par M. Païni,  sympathique habitant du faubourg du Rouergue. Or, en temps normal, l' animal a pour tâche essentielle de tirer le corbillard municipal, encore loin d'être motorisé !

Mais aux trois coups du départ, sans doute habitué à moins joyeux, voici que  le cheval secoue la tête et refuse catégoriquement tout démarrage ! Impossible de commencer la soirée...

    Au lieu du martèlement des sabots c'est le trépignement des spectateurs sur le bois des gradins qu'on entend, répercuté par les vieilles pierres ! Le dilemme pourrait être Cornélien, bien qu'on fût chez Molière ! Chacun propose sa solution : on court chercher un sac d'avoine, on tend une carotte sous le nez de l'animal, la troupe entière s'arc-boute contre sa croupe pour pousser ! Rien n'y fait, pas un seul centimètre de gagné, et il est trop tard pour décharger les deux tonnes de matériel rangées sur la charrette et leur faire contourner le mur !

    Alors la décision s'impose : il faut aller chercher M. Païni lui-même, il est le dernier recours avant le drame ! On fonce quérir le maître de l'animal déjà en pyjama ( le maître, pas l'animal...) ! On l' amène sur place, on le vêt de quelques gueilles pour faire plus vrai et on lui confie les rênes ! L'affaire semble se dénouer jusqu'au moment où le nouveau conducteur s'écrie : « Attendez, il n'a pas son ornement ! » Car la bête ne consent à avancer que si elle est recouverte de son drap noir dévolu aux cérémonies mortuaires !

    Ainsi revêtu le cheval consent enfin à faire les pas qui guident les cinquante comédiens sur le terre-plein qui sert de scène ! Et c'est ainsi, avec une heure de retard, que le cortège apparaît enfin en pleine lumière, sans que personne ne remarque que le cheval de Molière porte un drap mortuaire, et qu'il est guidé par un néo-comédien qui a toutes les peines du monde à garder son sérieux ! Les applaudissements crépitent, les répliques fusent...

Léandre, Géronte, Célimène ou Harpagon peuvent débiter leur texte jusqu'à la scène finale qui réunit autour d'une immense table garnie, l'ensemble de la troupe, d'où Jeannot Avadian se dresse à minuit, sous les étoiles pour lancer : «C'est plus qu'un Gueuleton, c'est un Balthazar !»... Molière est sauvé, La Réole aussi !

  Cette nuit là, du fond des mille ans de la Cité, on aurait tout aussi bien pu entendre le roi Richard III hurler la célèbre phrase de Shakespeare : «  Un cheval ! Mon royaume pour un cheval ! ».

© Christo Laroque in Lareole.info.fr


La troupe en 1965


Le Concert de la soirée

Le programme de la soirée


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 Ça s'est passé à La Réole - 1 (mai 2020)



    Maintenant que le moral est en train de remonter il va falloir se mettre un peu à penser aux grands événements qui se dérouleront bientôt en ville…

    En premier, à celui prévu pour le 31 juillet, qui sera doté d'un faste jamais égalé !

Car, oui, c'est vrai : IL va passer chez nous ! Nous pourrons enfin LE contempler en chair et en os, avec son chapeau légendaire et sa main glissée dans le gilet !

    Notre gouvernant sans doute le plus célèbre, le plus conquérant, le plus...enfin...le plus.! En tout cas le plus Corse de tous ! Napoléon 1er, le vrai, l'unique, l' empereur !

    Il faut vous préciser, amis réolais, que ce blog est fan de «  Retour vers le Futur » et que pour voir passer le Napo, eh ben… vous repasserez !

    Parce que nous sommes en 2020 et qu'il y a longtemps que Sainte-Hélène s'est occupée du nettoyage ! Mais ce que vous ne savez peut-être pas et qui est totalement authentique, c'est qu'il y a deux-cent-douze ans exactement, le 28 juillet 1808, une dépêche tombait sur le bureau du maire qui n'était pas l'actuel, mais qui avait néanmoins les mêmes initiales puisqu'il se nommait Basile Montaugé.

    Le courrier mentionnait que Napoléon, (avec sa Joséphine s'il vous plaît), traverserait La Réole dans les jours suivants ! Dès la nouvelle connue la population fut invitée à nettoyer ses devants de portes, ce qui continue d'ailleurs de nos jours...heu...si...si...il y en a !

A l'entrée de la ville, au niveau des Justices, on construisit un arc de triomphe en lauriers, on installa un chemin d' honneur garni de tableaux représentant les victoires de l'empire, et on éleva quatre colonnes de plus de huit mètres de hauteur !

On fit venir six cents hommes de la garde nationale et on attendit…

    A l'époque les automobiles ne roulaient pas très vite puisqu'elles ne furent inventées que quatre-vingts ans après ! Ce n'est donc que trois jours plus tard que Napo fit son entrée à La Réole ! Attendu pour neuf heures du soir le 30 juillet, il arriva à quatre heures du matin le 31 !

Ce qui prouve que si l'exactitude est la politesse des Rois, elle n'était pas celle des Empereurs ! Plus de cinquante carrosses à six chevaux (pas fiscaux) composaient le cortège précédé de quarante motards, à cheval eux-aussi puisque la moto non plus n'existait pas encore ! Tout le bazar s'arrêta au niveau de l'actuel bureau de tabacs, non pas pour acheter des cigarettes mais parce qu'il y avait assez de place, et là le maire B.M. (Basile Montaugé donc..) lut son discours qui ne dura que… quatre minutes !

    Comme il n'y avait aucune auberge susceptible d'accueillir le couple d'altesses et son équipage pour dormir, on donna l'ordre de repartir immédiatement jusqu'au port de Saint-Macaire où  des bateaux attendaient pour transporter leurs majestés jusqu'à Bordeaux sans s'arrêter à nouveau...même pas à Langon dont les élus, vexés, n'adressèrent plus la parole à ceux de La Réole pendant une dizaine d'années !

    Cette histoire, même racontée un peu familièrement, est rigoureusement authentique et figure dans les registres de l' Empire, et dans les archives municipales de La Réole.     Depuis plus de deux siècles il n'y a aucune trace du passage d'un autre personnage aussi important chez nous (à part Patrick Sébastien en 2005, mais c'est quand même pas pareil...). Qui sera le prochain ? Les paris sont ouverts ..

© Christo Laroque in Lareole.info.fr


Napoléon I à La Réole :

Cahiers du Réolais N° 36 Ici


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  Nous avons vu Pierre Petiteau, champion olympique de rugby Un Réolais champion olympique de rugby Voici Nicole, sa fille née à Auch, où il...

 Nous avons vu Pierre Petiteau, champion olympique de rugby

Un Réolais champion olympique de rugby

Voici Nicole, sa fille née à Auch, où il a terminé sa carrière et créé un garage automobile.


    Après un bac littéraire à Auch, son père Pierre Petiteau lui offre une librairie "La librairie de Gascogne" à Auch.     En 1952, à Bordeaux, avec sa mère et sa sœur, elle va tenir "Les lettres persanes" rue Judaïque.     De 1957 à 1961, elle travaille à la "librairie de Paris", place Clichy, institution toujours active et qui fonctionnait avec 2 équipes (ouverte tous les jours et jusqu'à minuit.)     En 1961, elle tombe malade, et décide de retourner en province. Le tour de France continue ensuite : il passe par Aix-en-Provence en 1962, Bordeaux (Hachette en 1965) elle avait fait une brève étape, La Rochelle (L'astrolabe) et Toulouse (Drugstore) avant de prendre en 1973 la direction de Flammarion (Cours Georges Clemenceau), une véritable institution.     Dans les années 80 elle gère la librairie Italiques Elle se spécialise dans les livres d'art et créera les librairies du CAPC du Musée d'aquitaine en 1987, et la librairie d'art de Mollat en 1989.                                              Après sa retraite elle gère le stand de la région Aquitaine pour le salon du livre de Paris jusqu'à l'âge de 79 ans.     Nicole Petiteau habite Bordeaux.

Vidéo : Librairie Bordelaises : 0'53" - Nicole Petiteau 1973

Interview : Le Festin n° 12 juin 1993

Interview : Empreintes du XXe siècle N° 25 Octobre 1996

Rencontres Réolaises


    Le 26 mai 1975 elle participe, lors de la foire de Bordeaux a un débat sur la femme et la vie professionnelle animée par...la réolaise Michèle Perrein : en 1946 Nicole Petiteau a passé quelques mois en classe de première au collège de La Réole où elle a rencontré Edouard Molinaro et Michèle Barbe (future Perrein).
    Elle logeait chez son oncle Henri Petiteau au Rouergue

La dédicace de Jean Cocteau pour Nicole


Librairie Flammarion 1983


Librairie Mollat Art 1993


Au musée du CAPC 1993 © Claude Bourgeix






  Série de photos de Jean Saubat ICI Une belle brochette de politique et un repas à la vieille Halle avec Lous Réoulès Construction de la St...

 



Série de photos de Jean Saubat


Une belle brochette de politique et un repas à la vieille Halle avec Lous Réoulès


Construction de la Station



La station en 1951

La station en 2019, un peu décrépie

La station côté Pont en 1951

en 2018

Camps de prisonniers allemand 1946-1947 Aquitaine : camps de prisonniers 1946-1947 Prisonniers de guerre allemands employés à La Réole Ayan...


Camps de prisonniers allemand 1946-1947

Aquitaine : camps de prisonniers 1946-1947

Prisonniers de guerre allemands
employés à La Réole


Ayant retrouvé, parmi de nombreux documents et archives, deux contrats de travail pour travailleur étranger, datant de 1947, la curiosité me poussa à approfondir le sujet.
Bien sûr, j’avais entendu parler, dans mon enfance, de prisonniers allemands embauchés après guerre par ma grand-mère, veuve en 1939. Mes recherches ont remis les événements dans leur contexte. Quelques souvenirs illustreront l’article ci-après.
On peut noter qu’elle paya deux fois 1000 F au percepteur, pour les congés en Allemagne et que le salaire mensuel est passé de 3000 F avec nourriture à 3830 F, en trois mois.

Souvenirs de ma tante 
Les deux PGA venaient du dépôt militaire de Saint-Médard-en-Jalles, où ils étaient détenus dans un camp de prisonniers. Ma tante dut deux fois (septembre et décembre 1947) se déplacer jusqu’à là pour les ramener en train à La Réole.
    Étant la seule de la famille à avoir appris un peu l’Allemand au lycée, sa mère la chargea d’aller les récupérer. Ce fut pour elle une corvée pénible. Le souvenir de l’occupation était encore vivace dans les esprits !

Le plus âgé des "PGA", né en 1910, ingénieur électricien, originaire de l’ouest de l’Allemagne, était marié avec deux enfants ; il recevait du courrier, se souvient ma tante ; l’autre plus jeune, de 1924, célibataire et cuisinier, venait des territoires allemands en Pologne. 

À l’âge de 16 ans, visitant sa famille d’Allemagne, il fut d’office incorporé dans les jeunesses hitlériennes, puis à 18 ans, dans l’armée allemande. En 1947, il était encore très marqué par son endoctrinement…

Tous deux logeaient à la métairie, désertée après la guerre par le métayer italien, qui s’était montré hostile aux Français, dès la défaite de 1940. Ma grand-mère fut soulagée de le voir partir avec sa famille nombreuse, mais se retrouvait sans aide pour exploiter les terres. D’où l’embauche des deux Allemands.

Leurs repas étaient préparés par elle sur sa grosse cuisinière en fonte à charbon - cette odeur particulière, flottant dans cette pièce, me reste encore, 50 ans plus tard. Ils étaient apportés dans des gamelles à la métairie distante de quelques dizaines de mètres de la maison, ne possédant encore aucun confort moderne. Seule, une grand cheminée chauffait la pièce à vivre et une seule arrivée d’eau existait, située dans la souillarde.

Ma tante se souvient d’un plat cuisiné par le "Polonais", à base de farine et d’œufs, cuits dans l’eau bouillante et agrémenté de croûtons frits (kluski).

Ils portaient encore leurs uniformes militaires, avec l’inscription PG, lettres hautes de 30 à 40 cm, peintes en blanc au dos de leur vareuse (instructions de septembre 1945) ; leurs godillots à semelle cloutée abîmèrent les cerisiers de la propriété, quand ils y grimpèrent au printemps. Ils étaient assez libres d’aller et venir, puisqu’ils pouvaient se rendre seuls à La Réole.

Ma grand-mère avait une opinion mitigée sur leur aide. En effet, aucun des deux n’avait jamais travaillé la terre, ils étaient inexpérimentés et peu efficaces. Mais la main-d’œuvre était rare alors, elle se contenta pendant un an de leur présence, étant seule à gérer la propriété.

"Souvenirs" d’un ami de Gensac
En 1945, ses parents cultivateurs avait accueilli un PGA (donc encore avec le statut de prisonnier).
Un jour, en l’absence momentanée des propriétaires, attendant dans la cuisine le déjeuner, il prit le bébé, âgé d’un an et demi, sur ses genoux.
Quand les parents rentrèrent, il fut très gêné et déposa précipitamment le bébé par terre. Sans doute était-il en manque de ses propres enfants !

Brigitte Mangeot Bulik

Wikipédia :
Prisonniers de guerre allemands
de la Seconde Guerre mondiale en France

Près de 750 000 prisonniers de guerre allemands (PGA) ont été gardés en détention en France jusqu'en 1948, en violation des Conventions de Genève et du statut des prisonniers de guerre.

Les États-Unis avaient transféré des centaines de milliers de PGA dans des camps français, sous contrôle américain. Ils furent rapidement rétrocédés à la France, manquant de main-d’œuvre pour entreprendre sa reconstruction - (600.000 victimes françaises pendant la guerre).
Ils furent affectés au déminage, à l’extraction minière et surtout aux travaux agricoles.

Si le taux élevé de mortalité, en 1945, est surtout dû à la désorganisation économique régnant alors en France, les conditions de détention s’améliorèrent nettement à partir de 1946 (nécessité de soigner l'image vis à vis de l’opinion internationale, d’augmenter le rendement économique en traitant mieux les PG) et, à partir de 1947, le système dit du travail libre (en accord avec Washington et basé sur le volontariat), constitua un apport économique stratégique. Ce dernier offrait la possibilité aux prisonniers allemands de s’engager en tant que travailleur salarié en France. En contrepartie, ils perdaient irrévocablement leur statut de prisonnier de guerre.

L’heure étant à la réconciliation franco-allemande, l’ennemi d’hier pouvait devenir un allié potentiel face aux puissances du pacte de Varsovie. Au demeurant, la position de la France était de moins en moins tenable : la convention de Genève stipule que la paix doit entraîner une libération immédiate des prisonniers de guerre. Le gouvernement français subissait de nombreuses pressions (l’Église catholique, mais aussi les partis politiques allemands, arguant que l’Allemagne devait conserver toutes ses forces actives). D'ailleurs, ces prisonniers, ayant choisi de travailler en France, étaient très sévèrement critiqués par leurs compatriotes.

Exception faite des prisonniers de droit commun, l’ensemble des prisonniers allemands fut libéré au plus tard fin 1948, conformément aux accords des trois autres puissances victorieuses (23/08/1947), qui stipulaient que tous les prisonniers « non optants » devaient être rapatriés avant la fin de l’année 1948. Pour lisser l’impact économique, les autorités procédèrent à une libération par paliers sous le contrôle de la Croix-Rouge, en les rapatriant en train.
La Direction Générale des Prisonniers de Guerre fut dissoute en décembre 1948.

C’est dans le secteur agricole que les rapports furent rapidement les plus cordiaux entre employeurs et employés, la plupart des PGA vivant chez l’habitant. La surveillance y était minime, les conditions de vie meilleures et l’astreinte au travail moins sévère. Ils pouvaient s’octroyer certains suppléments en nourriture : bien que réprimandés, le chapardage des fruits et légumes, la pêche à la ligne contribuaient à améliorer leur quotidien. À partir de l’été 1946, les autorités honorèrent de moins en moins leur obligation de fournir aux agriculteurs, l’habillement des PG ayant perdu leur statut de prisonniers.

Le statut de « travailleur libre » était proche de celui accordé aux étrangers employés en France : mêmes droits sociaux et salaires indexés sur celui des Français. À l’automne 1947, les autorités offrirent un congé d’un mois avant de travailler, le temps pour eux de rentrer en Allemagne, cela contribua pour beaucoup à la motivation des postulants, mais cependant représentait une lourde charge pour l’État ; il fut donc décidé que les employeurs, à partir du 1er/11/1947, devaient s’acquitter de 1 000 F au titre de la participation au frais de voyage (La somme leur était remboursée dans le cas où le PG ne revenait pas en France).
Sont favorisées les candidatures pour les secteurs déficitaires en main-d’œuvre (agriculture, mines, BTP, métallurgie, textile).

Cependant, certains prisonniers ne pouvaient évidemment pas se porter candidats. Il s’agissait des prisonniers suivants :
    - criminels de guerre (y compris les suspects) ; SS et PG ayant appartenu aux cadres du parti ;
    - PG ayant encouru ou purgeant une peine judiciaire ou placé en détention préventive ; PG officiers d’active.

Au printemps 1948, de nombreux PG demandèrent à s’engager, mais pour une durée moindre.
Des contrats de Travail libre furent proposés de 9 à 12 mois, mais exclusivement dans le secteur agricole ou minier. À cette date, on permit aux employeurs agricoles, d’appliquer une période d’essai, un certain nombre d’entre eux s’étant plaints de l’incompétence de leur nouvelle recrue.

Au total, 112 000 dossiers de candidature, soumis aux commissions de ciblages, furent acceptés. Près de la moitié furent affectés à l’agriculture et répartis sur l’ensemble du territoire français.

Le retour en Allemagne, après des années d’absence, dans un pays en ruine, divisé et bouleversé culturellement – démocratie libérale ou communisme ayant succédé au nazisme -, la crainte d’y avoir tout perdu et le fait d’avoir peut-être désormais plus d’attaches en France qu’en Allemagne, ont probablement constitué les principales motivations des « optants ».

À l’échelle nationale, ce serait près de 85 % d’entre eux qui sont revenus, de leur plein gré, en France.
De plus, dès 1947, les travailleurs libres furent autorisés à faire venir leur famille en France.
Les optants, qui, ayant manifesté leur intention de s’installer en France, en avaient en effet obtenu, au moment de la signature de leur contrat, cette assurance. Cependant, ceux qui avaient déposé des demandes, se virent souvent opposer un avis défavorable par les autorités municipales, notamment des communes rurales.

Finalement, le Comité international de la Croix-Rouge estimait, en 1949, que près de 600 familles de travailleurs libres firent le choix de s’installer définitivement en France.

L’épisode de la détention des prisonniers de guerre allemands semble avoir été oublié des mémoires collectives française et allemande.
Le souvenir en est quasiment nul en France et, en Allemagne, cette période participe probablement du même phénomène de refoulement ou d’« amnistie ».

Il est difficile de faire un bilan précis du travail des PG, mais, il est probablement considérable, les Allemands ayant joué le rôle d’une main-d’œuvre bon marché dans les secteurs économiques clés d’une France en proie à une grave crise économique et démographique. Sans cette présence, peut-être l’économie française se serait-elle redressée plus lentement et les répercussions politiques et sociales auraient été bien évidemment importantes. 

 (d'après Wikipedia - résumé)

Contrats de travail



Les contrats étaient traduits en allemand, sur la moitié droite du document.


Texte du contrat ci dessus :
1° L’employeur s’engage à assurer un travail continu pendant une durée de ...un an… au travailleur signataire du présent contrat, et à dater du lendemain de sa libération, son arrivée (rayer la mention inutile).
2° Le travailleur soussigné sera tenu de remplir consciencieusement les obligations mises à sa charge par le présent contrat.
3° Il est formellement précisé que le présent contrat a été conclu en considération des garanties données par le Gouvernement français aux prisonniers allemands ayant opté pour le statut de travailleurs libres, telles que lesdites garanties sont précisées dans l’instruction du 8/04/1947 (publiée au J.O du 18/04/1947).
4° Les travailleurs étrangers doivent recevoir, à travail égal à celle des ouvriers français de même catégories employés dans l’établissement ou dans l’exploitation ou, à défaut d’ouvriers français, remplissant ces conditions, une rémunération basée sur le taux normal et courant dans la région. L’égalité de traitement s’étend également aux indemnités s’ajoutant aux salaires.

Pour le travail agricole, le salaire sera fixé de la manière suivante : soit à la tâche, ou à l’hectare, ou à la journée ou à la semaine ou au mois. Ceci avec ou sans nourriture.

Au cas où le taux du salaire ainsi qu’il est indiqué ci-dessus, serait modifié pour les travailleurs français travaillant dans la même exploitation, cette modification serait étendue de plein droit au travailleur signataire du présent contrat.

Le payement des salaires sera effectué en espèces dans les conditions prévues par le Code du Travail, et notamment par les articles 43, 44 et 44a du livre I. Il ne pourra être opéré de retenues sur les salaires que dans les limites admises par la loi française (Code du travail, livre I, art.50 et 51)

5° Le travailleur soussigné aura droit au même régime de travail (durée de travail, jour de repos et congés payés) que les ouvriers français et recevra conformément au tarif :

Pour chaque heure supplémentaire …... Pour travail de nuit …... Pour travail de jours fériés…..

6° L’employeur assure que le travailleur trouvera à se loger à …. et que les prix réunis de la nourriture et du logement ne dépasseront pas en moyenne … francs par jour.

a. Le travailleur ne sera ni logé ni nourri par l’établissement ; ou bien:
b. Il pourra, à sa demande, être logé par l’établissement au prix de … francs par jour.
c. Il pourra, à sa demande, être nourri par l’établissement au prix de … francs par jour.
d. Il pourra, à sa demande, être logé et nourri par l’établissement au prix de … francs par jour. (rayer les mentions inutiles)

7° Par mesure de faveur et en raison de la longue captivité, le travailleur bénéficiera exceptionnellement, au cours de la période allant du 1er /10/1947 au 1er/03/1948 et au plus tard à la date à laquelle il aurait été libéré s’il n’avait pas opté pour le statut de travailleur libre, d’un congé non payé d’une durée d’un mois, en Allemagne. La date à laquelle le dit congé interviendra, dans les limites fixées ci-dessus, sera fixé d’un commun accord entre l’employeur et le salarié.

8° Le travailleur sera transporté aux frais de l’employeur du lieu de sa libération au lieu de son travail.
Les frais de voyage vers l’Allemagne, à l’occasion du congé du travailleur, lui seront remboursés au retour. Le travailleur sera tenu informé de la solution adoptée par le Gouvernement français au problème du remboursement total ou partiel des frais de voyage retour.

Au cas où le travailleur n’aurait pas usé de son droit à un congé en Allemagne, il pourra prétendre, pour son rapatriement définitif, à la délivrance d’un titre de transport gratuit par le Gouvernement français.

9° Sécurité sociale (travailleur de professions agricoles) :
Les travailleurs étrangers qui travaillent en France bénéficient des législations de sécurité sociale :
- en matière d’accidents du travail, dans les conditions fixées par l’ordonnance du 19/10/1945 (ou pour les mineurs, par les décrets des 27/11/1946 et 16/01/1947) ;
- en matière de prestations familiales, dans les conditions fixées par la loi du 22/08/1946.

L’employeur devra au travailleur, au cas où celui-ci contracterait une maladie pendant la période s’étendant entre la date de son arrivée dans l’exploitation et le jour où il sera susceptible de bénéficier des prestations des Assurances sociales : les soins médicaux, pharmaceutiques et d’hospitalisation, ainsi que le payement d’une indemnité journalière, dont le quantum ne saurait être inférieur à celui de l’indemnité, qu’il aurait perçue si, pendant ladite maladie, il avait été régulièrement couvert par la législation des Assurances sociales.

9° bis. Sécurité sociale (travailleurs de professions agricoles).
Les travailleurs étrangers qui travaillent en France bénéficient de la législation française en matière d’accidents du travail et d’assurances sociales. Les prestations familiales leur sont également allouées dans les conditions fixées par la loi du 22/08/1946. L’employeur doit adresser, aux Caisses mutuelles d’assurances sociales et d’allocations familiales de son département, une déclaration d’emploi dès l’arrivée du travailleur sur l’exploitation.

10° À l’expiration d’un délai de douze mois, à compter de la date d’établissement du certificat de libération qui doit coïncider avec l’intégration, comme civil, dans l’économie française, du travailleur allemand ex prisonnier de guerre, ce dernier pourra être rapatrié s’il ne contracte pas un nouvel engagement de travail en France.

11° Contentieux :
Toutes les difficultés pouvant surgir entre le travailleur signataire du présent contrat et l’employeur seront immédiatement signalées au Directeur départemental du travail et de la main-d’œuvre dont dépend le lieu d’emploi.

Toutes contestations qui pourraient s’élever à l’occasion des présentes seront réglées selon la loi française, dans les conditions fixées au paragraphe 4 (rupture du contrat) de l’instruction du Gouvernement français en date du 8/04/1947 (annexe I).

Fait à …, le... 194.. Signature de l’employeur Visa du Ministère du Travail et de la Sécurité sociale
Signature du travailleur


Rappel de l'instruction du Gouvernement français destinés aux prisonniers de guerre allemands

Paris, le 8/04/1947 (J.O. 18-4-47)

Conditions offertes aux prisonniers de guerre allemands pour le travail libre en France

Chaque prisonnier de guerre volontaire pour le travail libre en France qui aura signer la déclaration d’option sera ultérieurement convoqué par les autorités françaises, s’il a été agréé par lesdites autorités. Dans l’affirmative, le prisonnier de guerre recevra :
1° Un certificat de libération délivrée par les autorités militaires du camp dont il dépend.
2° Son pécule représentant les sommes payées à son compte qui sont le fruit du travail du prisonnier de guerre.

Il pourra souscrire un contrat de travail, soit avec son employeur actuel, si l’accord est intervenu entre les deux parties et s’il y a eu agrément par les Services du Ministère du Travail, soit avec un autre employeur. Ce contrat sera valable pour une période maximale de douze mois.

Les conditions offertes au prisonnier de guerre devenu travailleur libre seront les suivantes :
Salaire identique à celui perçu par le travailleur français de la catégorie professionnelle et de la région pour laquelle est valable le contrat de travail.
Conditions de logement identique à celles des travailleurs français ou étrangers.

Conditions de ravitaillement identiques à celles des travailleurs français, l’ancien prisonnier de guerre devenu travailleur libre touchant les mêmes titres de rationnement que les travailleurs français selon la catégories considérée (il pourra en accord avec son employeur, être nourri et logé par celui-ci).

Durée du travail égale à celle des ouvriers français de même catégorie travaillant dans la même entreprise. Tout travail de jour ou de nuit effectué au-delà de l’horaire prévu dans l’entreprise sera rémunéré au tarif soit des heures supplémentaires, soit du travail de nuit ou des jours fériés.

Droits sociaux
Les travailleurs allemands bénéficieront, à dater de la signature de leur contrat, de l’ensemble des lois françaises dans les conditions prévues pour les travailleurs étrangers, notamment (assurances sociales, accidents du travail, congés payés, etc.)

Congés
Par mesure de faveur et en raison de la longue période de captivité, le travailleur bénéficiera exceptionnellement, au cours de la période allant du 1er /10/1947 au 1er/03/1948 et au plus tard à la date à laquelle il aurait été libéré s’il n’avait pas opté pour le statut de travailleur libre, d’un congé d’une durée d’un mois en Allemagne. La date à laquelle le dit congé interviendra, dans les limites fixées ci-dessus, sera fixé d’un commun accord entre l’employeur et le salarié.

Rupture de contrat
Les litiges relatifs à l’application du contrat susceptibles de s’élever entre employeurs et salariés doivent être immédiatement signalés au directeur départemental du travail et de la main-d’œuvre.
Dans le cas où le conflit ne pourrait être résolu à l’amiable, le travailleur a la faculté de porter le différent devant les tribunaux compétents en la matière, c’est-à-dire le Conseil des prud’hommes, ou à défaut, la Justice de paix devant laquelle il lui est assuré des garanties analogues à celles des travailleurs français. Il ne peut être que condamner à des peines légères uniquement en espèces, telles qu’elles sont prévues par les lois françaises à titre de délits ou de non-observation d’une convention. Si la rupture du contrat est occasionnée par la faute de l’employeur, le travailleur peut être, s’il le désire, replacé chez un autre employeur de la même profession.

Expiration et renouvellement du contrat
À l’expiration du contrat, celui-ci pourra être renouvelé par accord tacite entre le travailleur et son employeur. S’il le désire, le travailleur allemand pourra changer d’employeur tout en restant dans la même profession, sauf autorisation du Ministre du Travail et de la Sécurité sociale.

Transfert de fonds
Le travailleur libre pourra procéder à des transferts de fonds au profit de sa famille, le montant en mark mis à la disposition de celle-ci en Allemagne ne pouvant être toutefois supérieur au salaire d’un ouvrier de même catégorie travaillant en Allemagne.

Vêtements
Lors de la signature du contrat, il sera procédé, à titre gratuit, à l’échange des vêtement que porte actuellement le prisonnier de guerre contre un vêtement civil.

Correspondances
Le travailleur libre aura toute liberté de correspondre. Il pourra recevoir des colis.

Venue des familles
Le travailleur qui serait désireux de faire venir sa femme et ses enfants, devra en faire la demande aux autorités françaises, lesquels examineront et tiendront informé le travailleur des décisions prises, en fonction des possibilités de logement. Dans ce cas, la femmes et les enfants donneront droit au bénéfice des allocations familiales prévues pour les étrangers par la législation française.

Liberté de circulation. Carte de travailleur étranger
Le travailleur allemand jouira de la liberté de circulation dans les limites du département dans lequel il exerce son activité professionnelle. Ce droit lui sera confirmé par la délivrance d’une carte de résident temporaire, délivrée par la Préfecture du département. De plus, il lui sera remis par la Direction départementale du travail et de la main-d’œuvre, une carte temporaire de travailleur étranger qui lui donnera le droit d’exercer la profession indiquée sur cette carte pour une durée maximum d’un an. Ces cartes sont renouvelables dans les mêmes conditions, ainsi qu’il a été dit ci-dessus.

Protection du travailleur. Droit syndical
Le service du Ministère du Travail et de l’Agriculture, et plus particulièrement les inspecteurs du travail et les contrôleurs des lois sociales en agriculture, qui sont chargés des conditions de travail, protégeront au même titre que les travailleurs français, les ex-prisonniers de guerre qui auront opté pour le travail libre.
D’autre part, les prisonniers de guerre transformés en travailleurs libres ont également la possibilité d’être protégés et défendus par les organisations syndicales, auxquelles ils peuvent adhérer.
Enfin, le Comité international de la Croix-Rouge et ses délégués continueront à exercer à l’égard des prisonniers transformés, un rôle correspondant à celui de la puissance protectrice dans la défense de leurs intérêts.




Textes consignés par Brigitte Mangeot Bulik



En 1949, l'association "Les Amis du Vieux Réolais" crée une revue historique trimestrielle  Couverture du cahier n°1   ...

En 1949, l'association "Les Amis du Vieux Réolais" crée une revue historique trimestrielle 
Couverture du cahier n°1

 Lucien Jamet, est le premier président, Pierre Laville assure les illustrations et R. Aramburu en est le rédacteur.


Les membres et le bureau en 1949
Cette revue tirée à 250 exemplaires paraîtra jusqu'en 1974 et s'arrêtera au numéro 100.
Il y a quelques années le Groupe Archéologique et Historique du Monségurais (GAHMS)¹
a entrepris la numérisation d'une grande partie des Cahiers du Réolais.( J'ai rajouté les numéros qui manquaient)
Grace au travail de Jean Pierre Morineau, voici les Cahiers du Réolais. 

Tous les numéros sont disponibles dans une page spécifique dans le menu du blog. (Ici)

Le Mot de la Fin : voici la transcription de l'éditorial du bureau de Amis du Vieux Réolais expliquant l'arrêt des Cahiers lors du n° 100 :
LE MOT DE LA FIN 
Ces cahiers sont donc les derniers....
    Ce n'est pas sans regret que nous avons pris la décision d'arrêter notre publication trimestrielle, après vingt-six ans d'existence. Les circonstances nous y ont conduits.
    Au point de vue financier d'abord : l'abonnement de 6 Fr par an permettait tout juste, avec les subventions, de couvrir les frais, si tous les abonnés avaient réglé leur cotisation, mais que de difficultés pour faire rentrer cette modeste somme!
    En cette année 1974, 28 sociétaires sont encore restés sourds à tous les appels (tout en acceptant les CAHIERS 97 et 98 qui leur ont été expédiés !). Ajoutons que nous échangions notre publication avec les Bulletins de 14 Sociétés, et que nous devions envoyer une douzaine de N° à des Archives et à des Bibliothèques.
    Cela fait à peu près le huitième tirage servi gratuitement..... Il est juste de dire que nous recevions les publications des Sociétés correspondantes, que nous déposions à la Bibliothèque Municipale de La Réole.
    Ajoutons encore l'augmentation régulière du prix du papier, de l'impression, des frais d'envoi, etc. et l'on ne sera pas surpris si notre annuelle déclaration de bénéfices se réduisait à une indication très brève : Néant.
    Ne parlons que pour mémoire du travail (non rétribué, puisqu'il était exécuté par des sociétaires) que nécessitait la rédaction d'un numéro : frappe des stencils, brochage des feuilles ronéotypées, mise sous couverture puis sous enveloppe (près de 200 envois par Poste chaque fois), distribution en ville, etc.
    Si nous avons pu "tenir si longtemps”, nous le devons :
- d'abord à nos collaborateurs qui nous ont toujours aidé bénévolement et fournit en abondance textes et documents de valeur ;
- ensuite aux subventions accordées par le Conseil Général de la Gironde et la Municipalité de La Réole nous les en remercions bien vivement... comme nous remercions ceux de nos Amis qui, par des dons importants ou des "cotisations de soutien" nous ont manifesté de l'intérêt et nous ont aidés sur le plan matériel et moral.
Avant de terminer, saluons la mémoire de nos collaborateurs :

Mlle Thérèse NADEAU (†1949), Mlle DUTRIAC (1969), M.M. Camille BIOT (1950), MANLEY-BENDALL (1966), Georges LANOIRE (1969), CHADELLE (1969), baron du FOUSSAT (1974), Pierre DUPOUY (1974).
Leur amitié nous était précieuse et nous avons durement ressenti leur perte.
Les Cahiers du Réolais ne sont plus ...
Peut-être les verra t-on renaître un jour, avec une rédaction plus jeune et dynamique !
    En attendant nos lecteurs pourront retrouver dans LES CAHIERS du BAZADAIS les articles d'histoire locale et régionale qu'ils appréciaient.
    LA RÉOLE, on s'en souvient, faisait partie du diocèse de Bazas.
On ne perdra pas au change : les CAHIERS DU BAZADAIS ont plus de 60 pages, sont remarquablement imprimés, et leurs articles ont une haute tenue littéraire et historique. 

¹ GAHMS :  gahms@outlook.fr       www.monsegur-tourisme.fr/les-loisirs-la-culture/


Sommaire-tous-les-articles      De 1909 à 1931 un riche banquier, Albert Khan , se propose de faire un inventaire visuel du monde qu'il ...


    De 1909 à 1931 un riche banquier, Albert Khan, se propose de faire un inventaire visuel du monde qu'il nomme : "Inventaire de la planète".
    Son projet s'arrête avec sa ruine  en 1931.
Un Musée Albert Kahn  a été créé dans les Hauts de Seine et les autochromes¹ réalisés à cette époque sont mis à la disposition du public.
    C'est Jean Pierre Teissier qui m'a fait connaître cette collection.
En juin 1920 une série d'autochromes a été réalisée à La Réole : en voici les copies.

¹ Autochromes : L'autochrome est un procédé de restitution photographique des couleurs breveté le 17 décembre 1903 par les frères Auguste et Louis Lumière et mis au point par Gabriel Doublier.



Extrait de : "Les couleurs de la Gironde en 1920"
Les Éditions du Ruisseau. Collection Paesina

LE VIOLET DU RAISIN

    Bleu horizon et rouge garance: on savait que les uniformes des soldats de 14 étaient en couleurs. Peut-être était ce même un peu trop voyant. Malgré les gravures colorisées, notre perception du début du XXe siècle paraissait condamner l'époque au gris. Le succès des cartes postales et des photographies dont la pratique se démocratisait laissaient des images, nombreuses, définitivement en noir et blanc.     Contrairement à la représentation colorée que l'on peut avoir du XVIIIe siècle, grâce à la peinture !
     Avec cette formidable collection récemment disponible, nous assistons à une véritable résurrection chatoyante des terres du Sud-Ouest (et d'ailleurs).
    La discordance entre l'horreur passée de la guerre et la vie quotidienne qui reprend tout doucement dans les années 20 met en lumière les origines du projet d'Albert Kahn (1)

    Le jeune Abraham Kahn (qui abandonnera son prénom biblique) devait précocement quitter son Alsace natale, annexée par le Reich allemand après la défaite de Sedan. 
    Il fait vite fortune dans la banque et s'engage très tôt, dès 1898, dans de nombreuses fondations philanthropiques qu'il créé, répondant à un unique objectif : “connaître le monde et ses évolutions pour favoriser la paix”...

    À partir de 1909, et jusqu'en 1931 quand il est brutalement ruiné par la crise financière venue des États-Unis, il envoie donc des opérateurs un peu partout dans le monde, ainsi que dans la plupart des départements. Français, pour constituer “les archives de la planète”.
    À l'instar d'un Jaurès, on n’oppose pas à cette époque patriotisme et internationalisme : il s'agit d'un même élan d'affection pour les siens et pour les autres, rêve de fraternité universelle qui sera bientôt brisé par les haines nationalistes.

    Cette guerre qui devait ravager une première fois le continent européen n'a pas anéanti ce désir de rapprocher les peuples. Ses voyages au Japon, en Chine, en Amérique du Nord puis du Sud confirment Albert Kahn dans son projet résumé par la devise: “voir, savoir, d'abord par les images”. 
    Et il pense que la connaissance et l'attachement passent d'abord par les images. Le banquier philanthrope avait été séduit en 1908 par les Visions d'Orient, projections de photographies couleurs réalisées par Jules Gervais-Courtellemont, première exposition publique des fameuses plaques autochromes inventées par Auguste et Louis Lumière (brevet déposé en 1903, début de la commercialisation en 1907). D'autres tentatives en photographies en couleurs avaient déjà été testée comme les photochromes² de l'imprimeur suisse Orell Füssli (1889) ou encore la trichromic inventée en 1901 par l'allemand Adolf Miethe et pratiquée par le russe Sergueï Mikhailovitch Procoudine-Gorsky³. Mais l'autochrome des frères Lumière, utilisant des trames colorées composées de fécule de pomme de terre sur les plaques de verre, est le premier procédé véritablement industriel de photographie en couleurs. Très au fait des dernières inventions, Albert Kahn décide donc d'avoir recours aux deux brevets majeurs des industriels lyonnais - le cinématographe et l'autochrome - pour “fixer, une fois pour toutes, les aspects, les pratiques et les modes de l'activité humaine dont la disparition fatale n'est qu'une question de temps”. 
    Ces Archives de la planète, conservées désormais dans le beau musée qui porte le nom du philanthrope, situé à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), comptent donc plus de 72 000 autochromes, une centaine d'heures de film et 4000 plaques stéréoscopiques. À ne parcourir même qu'une part limitée de ces images, on est émerveillés par la production de ces opérateurs à qui Albert Kahn avait simplement dit : “je ne vous demande qu'une chose, c'est d'avoir les yeux grands ouverts”.

    Pour la Gironde (384 autochromes), c'est le Bordelais Fernand Cuville qui est envoyé par Albert Kahn. Son passage sur ses terres d'origine en 1920 vient presque clore sa longue expédition qui s'est déroulée sur plus d'une année dans le sud de la France, juste après sa démobilisation. Il était d'abord passé dans le midi toulousain, couvrit les Hautes-Pyrénées et le Béarn puis remonta en Gironde avant de terminer sa mission en Charente-Maritime. En dehors des vues obligées de la capitale aquitaine (monuments, places, quais), il manifeste un souci ethnographique affirmé en s'attardant sur le bassin d'Arcachon et dans le vignoble de Saint-Émilion, deux espaces aux activités “ typiques” de l'identité girondine.
    Cette collecte, initiée dès 1909, était encadrée scientifiquement par le grand géographe Jean Brunhes. À partir de 1912, Albert Kahn avait financé pour ce dernier une chaire de géographie humaine au Collège de France, alors qu'il occupait déjà le poste de recteur scientifique des Archives de la planète.     Jean Brunhes s'intéresse à la complexité des relations entre l'homme, la société et son environnement.  La photographie s'impose lui comme un outil fiable de la connaissance du terrain et comme un support didactique efficace à son enseignement. Il est lui-même photographe et accompagne parfois certaines expéditions, ce qui ne semble pas être le cas pour celle-ci. 
    Afin de comparer les différentes sociétés photographiées sur plaques de verre, il faut imposer certaines normes aux opérateurs, que ces derniers s'attacheront à respecter : intérêt pour les particularités géologiques et la physionomie des paysages, l'aspect des rues, l'évolution de l'outillage agricole et des modes de transport, enfin une attention particulière à l'extrême variété des habitats et des activités traditionnelles. 
    Pour les portraits, les sujets sont toujours photographiés frontalement en plan moyen, en rang lorsqu'ils sont plusieurs. Jamais les personnages ne sont fixés en train de travailler car le procédé nécessite un certain temps de pose (une à quatre secondes selon la luminosité) pour photo-sensibiliser la plaque autochrome. Les sujets se figent donc pour l'opérateur, ce qui explique peut-être les vues volontairement vides de Bordeaux: les passants en mouvement seraient flous, ce que l'on aperçoit ici ou là, place de la Victoire ou devant le Grand Théâtre.
    Le recensement opéré par la Mission héliographique de 1851 s'était concentré surtout sur les monuments du patrimoine national. Cet inventaire régional des Archives de la planète se situe dans sa filiation mais s'attarde aussi au cadre et la vraie vie des gens, dans leur chatoyante diversité. Ainsi peut-on le constater des portraits touchants de vendangeurs et d'ostréiculteurs, déjà familiarisés avec la photographie par la présence de plusieurs ateliers dans nos petites cités et par l'incroyable succès des cartes postales à cette époque (4). Hélas, le répit des années 20 fut court, la décennie suivante annonçant tragiquement la seconde guerre civile européenne, selon les mots d'Enzo Traverso (5). Et la modernité technico-économique de finir d'araser les singularités provinciales. Heureusement en Gironde, certaines traditions gourmandes ont su mieux résister à la normalisation. Heureusement enfin, villes et villages du Bordelais sont restés dans leur jus, un jus couleur grenat, violet ou couleur d'or.
    C'est une vraie chance qu'Anne-Marie Cocula-Vaillières, la grande historienne du Sud-Ouest, accompagne ces images et partage avec nous sa connaissance intime des lieux. Nous lui adressons notre profonde gratitude.
Romain Bondonnera

    1- Différentes publications récentes détaillent la biographie d'Albert Kahn et les contours de son projet, en particulier “Les Archives de la planète”, sous la direction de Valérie Perlès (éditions Liénart, 2019) ou encore “Albert Kahn-Le monde en couleurs” par David Okuefuna (éditions du Chêne, 2008). D'autres s'intéressent à une part géographiquement limitée des images comme Paris 1910-1937 (collectif, éditions Liénart, 2020). Enfin, un travail plus profond écrit par Adrien Genoudet (L'Effervescence des images - Albert Kahn et la disparition du monde, éditions des Impressions nouvelles 2020) dévoile des aspects moins connus et souligne la magnifique singularité du projet des Archives de la planète.
    2- Photochromes présentés à l'exposition.
Ce que la Palestine apporte au monde, Institut du monde arabe, 2023.
    3- Photographies présentées à l'exposition Voyage dans l'ancienne Russie, musée Zadkine de Paris en 2013-2014.
    4- Dès 1911, la France produisait environ 800 millions de cartes chaque année !
    5- à feu et à sang la guerre civile européenne 1914-1945 (éditions Stock, 2007)






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