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En 1949, l'association "Les Amis du Vieux Réolais" crée une revue historique trimestrielle  Couverture du cahier n°1   ...

En 1949, l'association "Les Amis du Vieux Réolais" crée une revue historique trimestrielle 
Couverture du cahier n°1

 Lucien Jamet, est le premier président, Pierre Laville assure les illustrations et R. Aramburu en est le rédacteur.

Les membres et le bureau en 1949
Cette revue tirée à 250 exemplaires paraîtra jusqu'en 1974 et s'arrêtera au numéro 100.

Il y a quelques années le Groupe Archéologique et Historique du Monségurais  (GAHMS
a entrepris la numérisation des Cahiers du Réolais.
Grace au travail de Jean Pierre Morineau, voici les 3 premiers numéros des Cahiers.

- Cahiers du Réolais N°001 (Ici)

Cahiers du Réolais N°002 (Ici)

- Cahiers du Réolais N°003 (Ici)

Le Mot de la Fin : voici la transcription de l'éditorial du bureau de Amis du Vieux Réolais expliquant l'arrêt des Cahiers lors du n° 100 (Ici)
La version originale (Ici)

¹ GAHMS :  gahms@outlook.fr       www.monsegur-tourisme.fr/les-loisirs-la-culture/



https://www.monsegur-tourisme.fr/les-loisirs-la-culture/  

Certains d'entre vous ont pu être intrigués par une plaque souvenir sur le mur de l'ancien hôpital de La Réole. Le texte pr...

Certains d'entre vous ont pu être intrigués par une plaque souvenir sur le mur de l'ancien hôpital de La Réole.


Le texte précise que du 19 au 29  décembre 1942 le lieutenant John Mackinnon des Royal Marines fut soigné à l'hôpital de La Réole.
Cette plaque a été apposée le 13 décembre 2007 par la municipalité de La Réole.
Tempo de Janvier 2008 Cliquer ici



En décembre 1942 un commando de 10 britanniques largué par sous-marin au large de Montalivet, allait en kayak déposer des mines sur des bateaux allemands dans le port de Bordeaux.
Pour en savoir plus sur l'opération Frankton
- Un compte rendu précis sans fioritures sur toute l'opération par les "amis du Vieux Blaye"  (Ici)
- Wikipedia : opération Frankton  (Ici)
Voici l’extrait du livre de Paddy Ashdown concernant Mackinnon et Conway capturés à La Réole  (ici)

➤ Des vidéos :
- Une vidéo de la BBC sur DailyMotion (ici)
- Des ombres dans la nuit : Opération Frankton, 2004, durée 52 mn, réalisé par Ramon Maranon, diffusé par France 3 Aquitaine (ici)
Le club de kayak de Mérignac SAMCK avait maquillé des kayaks biplace et participé au tournage. Tous les ans ce club, dont je suis membre, organise une randonnée de 3 jours aux alentours du 7 décembre depuis le Verdon jusqu'à Bordeaux.
- En 2018 une vidéo de cette randonnée  (ici)

➤ Radio sur France inter  (Ici)

➤ de nombreux livres :
- "Cockleshell Heroes", C.E. Lucas Phillips, William Heinemann Ltd., 1956. Réédition en
2000. Traduction en 1956 sous le titre "Opération Coque de Noix", paru aux éditions "J’ai lu" en 1967.
- "The Last of the Cockleshell Heroes", William Sparks, with Michael Munn, Leo Cooper
Ltd, 1992
- "Le Commando de l'impossible", François Boisnier et Raymond Muelle, Éditions du
Layeur, 2003"
- "Cockleshell Commando : The Memoirs of Bill Sparks DSM", William Sparks, Pen & Sword Military,
2009
- "The Cockshell Raid: Bordeaux 1942", Ken Ford, Osprey Publishing, 2010
- "Cockleshell Heroes: The Final Witness", Quentin Rees, Amberley Publishing, 2010
- "L’odyssé du commando Frankton", André-Roger Voisin, L’Apart, 2011
- "A Brilliant Little Operation: The Cockleshell Heroes and the Most Courageous Raid of
World War II", Lord Paddy Ashdown, Aurum Press Ltd., 2012
- "Opération suicide", Robert Lyman, Ixelles Éditions, 2012

Depuis 1976 les archives allemandes ayant été déclassées les historiens ont pu affiner les informations en particulier concernant les membres disparus comme Mackinon et Conway arrêtés à La Réole.

➤ Articles Sud-Ouest

1992 - Cinquantenaire avec Sparks dernier survivant (Ici)
2002 - Décès de Sparks (Ici)
2002 - Soixantenaire Frankton (ici)


"A Brilliant Little Operation: The Cockleshell Heroes and the Most Courageous Raid of
World War II", Lord Paddy Ashdown, Aurum Press Ltd., 2012 :(traduction perso 😄)

Frankton à La Réole
McKinnon et Conway

On ignore pourquoi MacKinnon et Conway se sont séparés des autres kayaks au Verdon. 
Le 8 décembre vers 22 heures, Jean Raymond qui pêchait au filet illégalement avec son père
dans une petite embarcation au nord de Blaye a entendu des voix basses qui n'étaient pas
françaises. Tous deux se  sont cachés dans le bateau, pensant que c’était une patrouille
allemande.
Un kayak seul est passé à 20 mètres sans les voir. Compte tenu de la position, il ne pourrait
s'agir que du kayak la Seiche (de McKinnon et Conway), car on sait où se trouvaient les deux autres kayaks.
Le récit de ce qui leur est arrivé provient ensuite du rapport d'interrogatoire allemand de
Conway dirigé par Dulag Nord Wilhelmshaven et du témoignage de Français qui les ont
aidés
MacKinnon a refusé de coopérer avec les interrogateurs.
Ils sont passés le 10 décembre du côté Est de l’île Cazeau, à quelques kilomètres seulement
des autres kayaks. À 21 heures, ils heurtent un objet submergé en face du Bec d'Ambès,
point de jonction entre la Garonne et la Dordogne. Le kayak a  coulé et Conway n'en est sorti
qu'avec difficulté. Ils ont nagé jusqu'à l'île après avoir réussi à récupérer leurs sacs d'évasion.
Le lendemain, ils ont réussi à contacter des pêcheurs français qui les ont déposés sur le
continent. 
Conway a déclaré, à la SD (Sicherheitsdienst, Sécurité) chargée d'enquêter, qu'ils avaient
trouvé de l'aide à Margaux. Les Allemands pensaient que Conway cachait le nom du vrai
village, mais ils ont décidé de ne pas le forcer pour qu'il continue de parler.
Il a dit qu'ils avaient marché pendant trois jours, dormant à découvert la première nuit et
dans une grange la deuxième.
Les interrogateurs allemands ont conclu qu'ils avaient voyagé en train ou en voiture,
les chaussures légères en toile portées par Conway ne montrant que peu de signes d'usure.
Étant donné la distance parcourue en trois jours, il semble probable qu’ils aient été transportés
au moins en partie. Il est également probable qu'ils ont voyagé séparément pendant une
partie du temps.
Tard le 13 décembre, MacKinnon était assis sur un tas de gravats au bord de la route près
de Saint-Médard-d'Eyrans.
Il a parlé avec Anne-Marie Bernadet, une jeune fille qui gardait des vaches, qui l’a emmené à
la ferme, où il a été nourri et où on a soigné ses ampoules et ses blessures aux jambes.
Il a été autorisé à dormir dans la grange. MacKinnon demanda s'il pouvait traverser la Garonne à Langoiran et leur montra sa carte d'évacuation. Il a déclaré avoir eu des informations de l'autre côté du fleuve, ce qui indique qu'il était déjà entré
en contact avec d'autres personnes pour obtenir cette information.

La raison pour laquelle MacKinnon a choisi cette voie n’est pas claire car les instructions
étaient de se diriger vers Ruffec. C'est peut-être parce que Conway et lui-même ont été
emmenés sur la rive Ouest de la Gironde par les pêcheurs au lieu de l'Est. Conway a été vu
errant dans le village tôt le lendemain matin et son pull bleu marine le reliait à MacKinnon ;
les deux ont été réunis. Ils se sont ensuite dirigés vers Langoiran et ce soir-là, ils étaient à
Baigneaux. Comme la traversée de la rivière à Langoiran était gardée, il est possible qu'ils
soient passés en bateau.
Des sources françaises nous disent qu' Édouard Pariente, un ouvrier de carrière, était sur le chemin du retour dans l'obscurité croissante lorsqu'il a rencontré Conway à Baigneaux. Ils se sont rencontrés près de l'église et de l'école. Pariente avait l'impression que Conway venait de descendre du bus et il paraissait parfaitement habillé mais inquiet. Il était clair que Conway était un militaire britannique évadé. Pariente était marié et père de deux enfants et vivait dans une très petite demeure. Il n'avait rien à donner à Conway,   mais l'emmena chez un voisin qui parlait anglais. Malheureusement, M. Guilhon, avocat, n'était pas à la maison et sa femme, enceinte, qui avait déjà trois enfants, n'était pas encline à risquer d'accueillir le fugitif chez elle et a refusé de l'aider.
Pariente l'amena chez Robert Pouget qui vivait dans une maison de trois pièces, Chez Loulou. Pouget revenait tout juste de deux ans dans une prison allemande, probablement pour marché noir, mais il a accepté de faire venir Conway. Pariente n'a jamais vu MacKinnon, mais Pouget l'a vu plus tard. Conway a donc dû le récupérer. Pouget a noté que MacKinnon traînait une jambe.
Ils ont passé la nuit chez Pouget.
Le 15, vers la fin de journée, un autre volontaire, M. Cheyreau, les a conduits vers d'autres personnes qui pourraient les aider. Il les conduisit le long d'une ligne de chemin de fer (actuellement désaffectée) jusqu'à une propriété louée à Seguin, près de Cessac. Le berger Louis Jaubert, qui habitait près de la voie de chemin de fer, a vu son voisin, Cheyreau, marchant le long de la voie avec deux étrangers portant des sacs. Cheyreau lui a dit qu'ils étaient anglais, venant de Bordeaux. Jaubert les a tous invités à partager une bouteille de vin et a tenu à les aider. Son fils, évacué de Dunkerque, avait été bien traité en Grande-Bretagne, mais à son retour en France, les Allemands l'avaient emprisonné. Jaubert s'est d'abord assuré qu'ils n'étaient pas des agents allemands. Une fois rassuré, il accepta de les prendre pour le dîner, la nuit  et le petit-déjeuner si Cheyreau fournissait le déjeuner.
Madame Louise Jaubert soigna les genoux de MacKinnon. Il avait du mal à marcher. Jaubert a noté que MacKinnon était vêtu d'un costume de serge bleu. Le soir où elle a lavé leurs vêtements, Madame Jaubert a vérifié que les étiquettes étaient britanniques.
MacKinnon, malgré sa jambe douloureuse, voulait continuer à avancer, en partie pour éviter tout risque pour ses hôtes.
Jaubert, Cheyreau et les deux Marines se sont rendus à Frontenac pour voir si quelqu'un dans les cafés pouvait organiser leur évasion. En dépit  ce risque terrible, ils n'ont trouvé personne pour les aider. MacKinnon a dit à Jaubert qu'ils se dirigeaient vers Bilbao, dans le nord de l'Espagne, et lui a demandé quel était le tarif depuis Toulouse, car ils ne disposaient que de 1000 francs. Jaubert a confirmé que c'était suffisant.
Pour se rendre à Toulouse, ils devaient prendre un train à La Réole, à 25 km au sud-est. Après trois jours, ils prirent congé des Jauberts qui pleuraient en voyant partir de si gentils garçons. Tous deux ont promis d'écrire et revenir un jour ; une promesse qu'ils ne pourront pas tenir. Un guide leur proposa de traverser la ligne de démarcation et aurait pu être payé car MacKinnon n'avait que 600 F, sur les 1 000 F originaux, lors de son arrestation. Jaubert pensait qu'ils avaient passé la nuit suivante près de Sauveterre et traversé la Ligne.
Les circonstances de leur arrestation ne sont pas tout à fait claires. Selon une version, l'épouse du capitaine Olivier, commandant des gendarmes à La Réole, a vu deux hommes suspects à travers la vitre du bureau et a averti son mari, qui a envoyé des gendarmes
vérifier leur identité. Les rapports de police du chef-adjudant Jean Bernard Barbance et du gendarme Pierre Hennequin indiquent qu'ils ont arrêté les Britanniques le 18 décembre à
10 heures, faute de papiers. Une autre version est qu'ils ont été arrêtés alors qu'ils attendaient
un train près de La Réole.
Une déposition du gendarme Hennequin datée du 3 novembre 1945 indique que les
Britanniques ont affirmé avoir été parachutés d'un avion et Olivier les a arrêtés. Hennequin a
mal traduit les résultats de l'interrogatoire pour sauver la situation des deux hommes et Olivier a menacé de punir Hennequin. Malgré cela, Hennequin pensait qu'Olivier n’avait pas trahi les Britanniques.
Hennequin parlait anglais et interrogeait les deux séparément. MacKinnon a déclaré qu'ils
avaient atterri à Dieppe lors du raid de septembre (en fait, le 19 août) avec pour mission de
détruire certaines usines. Ils avaient été séparés et, après avoir largué leurs explosifs et leurs uniformes, s’étaient scindés en petits groupes. Conway et lui s'étaient rendus de ferme en
ferme dans l'intention de se rendre en Espagne. 
Lorsque MacKinnon a été fouillé, ils ont trouvé son couteau de modèle Army, une petite scie,
un compas, une montre, une carte Michelin et 600 F. Son sac à dos contenait une paire de chaussures, un pull, des bas et quelques rations. Il portait un pantalon noir, un pardessus gris, un pull bleu marine, un béret et des chaussures à chaussettes jaunes. Il n'avait ni passeport ni
autorisation de séjour en France.
Conway était habillé  de la même manière avec un pantalon gris et des sandales. Il
transportait des objets similaires à ceux de MacKinnon et avait en outre 1700 F, une torche,
de la viande, du pain et un pot de confiture. 
Interrogé par Barbance, il a également raconté l'histoire de Dieppe. Ils ont été arrêtés pour
violation des dispositions de l'article 2 du décret du 2 mai 1938, pour comparaître devant le
procureur général de La Réole, à qui les procès-verbaux de l'arrestation ont été envoyés,
ainsi qu’au préfet de région de Toulouse et au préfet de Département du Lot-et-Garonne.
Barbance et Hennequin voulaient aider les Marines. Le capitaine Olivier a téléphoné au
colonel à Montauban qui lui a dit de régler le problème des Anglais. Hennequin pensait que
cela signifiait taire l'affaire.
Le genou de MacKinnon avait besoin de soins médicaux et il fut admis à l'hôpital local tard
dans la nuit ou tôt le 19. Vers le 24 décembre, Marcel Galibert, un avocat de la localité, fut
chargé de défendre les deux hommes. Il a rendu visite à Conway dans les cellules de police
et à MacKinnon à l'hôpital, en leur disant qu'il était possible qu'ils aient été placés en état
d'arrestation rapprochée pour éviter de les remettre aux Allemands ; ils devraient finalement
être libérés et il était prêt à les emmener à la frontière espagnole. Les habitants de la région
ont été très gentils avec MacKinnon, lui fournissant de la lecture, des cigarettes et des fruits.
Galibert a fourni à Conway les mêmes choses. Vers le 26 décembre, Marcel Galibert et Louis
Jaubert ont écrit aux parents des Marines par l’intermédiaire de la Croix-Rouge et ces
informations ont finalement été transmises à la Grande-Bretagne.

Le 29 décembre, deux sous-officiers allemands de la SD (Sicherheitsdienst) de Bordeaux
sont arrivés au commissariat pour interroger les Britanniques. On soupçonnait qu'Olivier les
avait informés, mais presque toute la ville était au courant et tout le monde aurait pu
transmettre l'information.
Les fils d'Olivier, au collège, ont fait beaucoup de publicité sur ce sujet. Trop de gens avaient
vu les deux Marines, en particulier MacKinnon à l'hôpital. Il est probable que les Allemands
ont appris leur présence  par le bouche-à-oreille
Le gendarme Marcel Drouillard était en service et a refusé l'accès aux Allemands.
Il a consulté l'adjudant Espace, qui a dit aux Allemands que les Britanniques avaient été
arrêtés pour présence illégale en France. S'ils voulaient voir les Marines, ils devaient
s'adresser au juge ; ce dernier refusa poliment leurs demandes. Ils partirent de mauvaise
humeur, jurant de revenir ce soir-là.
Leurs supérieurs ont contacté le ministère de l'Intérieur de Vichy, qui à son tour a contacté
le juge à 22 h 45 et a ordonné de remettre les Marines.
La prison et l'hôpital ont remis les deux Marines.
Conformément à la Convention de Genève, MacKinnon et Conway ont fourni leurs détails
militaires de base. Il a été noté que MacKinnon portait une pièce de monnaie espagnole de
20 centavos datée de 1937 sur une chaîne avec ses disques d’identité.
La DS a conclu qu'elle était utilisée comme signe de reconnaissance.
Conway a donné aux Allemands les grandes lignes du raid et les noms des participants, mais
presque rien d’autre qu’ils ne savaient déjà.

*La Réole était rattachée au Lot-et-Garonne pendant la guerre

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