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par Brigitte Mangeot Bulik

    Ayant retrouvé, parmi de nombreux documents et archives, deux contrats de travail pour travailleur étranger, datant de fin 1947, la curiosité me poussa à approfondir le sujet.


    Bien sûr, j’avais entendu parler, dans mon enfance, de prisonniers allemands employés après guerre par ma grand-mère, veuve en 1939. Mes recherches ont remis les événements dans leur contexte.               Quelques souvenirs illustreront l’article ci-après.
    On peut noter que ma grand-mère paya deux fois 1000 F au percepteur, pour leurs congés en Allemagne et que le salaire mensuel est passé de 3000 F avec nourriture à 3830 F, en trois mois.

Souvenirs de ma tante :
    Les deux PGA venaient du dépôt militaire de Saint-Médard-en-Jalles, où ils étaient détenus dans un camp de prisonniers. Ma tante dut s'y déplacer deux fois (septembre et décembre 1947) pour les ramener en train à La Réole. 
    Étant la seule de la famille à avoir appris un peu l’allemand au lycée, sa mère la chargea d’aller les récupérer. Ce fut pour elle une corvée pénible (le souvenir de l’occupation était encore vivace dans les esprits !).
    Le plus âgé des "PGA", né en 1910, ingénieur électricien, originaire de l’ouest de l’Allemagne, était marié avec deux enfants ; il recevait du courrier, se souvient ma tante ; l’autre plus jeune, de 1924, célibataire et cuisinier, venait des territoires allemands en Pologne. À l’âge de 16 ans, visitant sa famille en Allemagne, il fut d’office incorporé dans les jeunesses hitlériennes, puis à 18 ans, dans l’armée allemande. En 1947, il était encore très marqué par son endoctrinement…
Tous deux logeaient à la métairie, désertée après la guerre par le métayer italien, qui s’était montré hostile, dès la défaite française de 1940. Ma grand-mère fut soulagée de le voir partir avec sa nombreuse famille, mais se retrouvait sans aide pour exploiter les terres. D’où le recours aux deux Allemands.
Leurs repas étaient préparés par elle sur sa grosse cuisinière en fonte à charbon - cette odeur particulière, flottant dans cette pièce, persiste encore dans ma mémoire 50 ans plus tard.
Ils étaient apportés dans des gamelles à la métairie distante de quelques dizaines de mètres de la maison, ne possédant encore aucun confort moderne. Seule, une grande cheminée chauffait la pièce à vivre et une seule arrivée d’eau froide existait, située dans la souillarde.
Ma tante se souvient d’un plat cuisiné par le "Polonais", à base de farine et d’œufs, cuits dans l’eau bouillante et agrémenté de croûtons frits (kluski).
    Ils portaient encore leurs uniformes militaires, avec l’inscription PG, lettres hautes de 30 à 40 cm, peintes en blanc au dos de leur vareuse (instructions de septembre 1945) ; leurs godillots à semelle cloutée abîmèrent les cerisiers de la propriété, quand ils y grimpèrent au printemps. Ils étaient assez libres d’aller et venir, puisqu’ils pouvaient se rendre seuls à La Réole.
    Ma grand-mère avait une opinion mitigée sur leur aide. En effet, aucun d’eux avait jamais travaillé la terre, ils étaient inexpérimentés et peu efficaces. Plusieurs matériels agricoles furent cassés. Mais la main-d’œuvre étant rare alors, elle se contenta pendant un an de leur présence, étant seule à gérer la propriété.

"Souvenirs" d’un ami de Gensac 

    En 1945, ses parents cultivateurs à Mauroy avait accueilli un PGA (donc encore avec le statut de prisonnier). Un jour, attendant dans la cuisine leur retour et le déjeuner, il prit leur bébé, âgé de deux ans, sur ses genoux. Quand les parents rentrèrent, il fut très gêné et le déposa promptement à terre. Sans doute était-il en manque de ses propres enfants !

Souvenirs d’une famille loubatonne 

    À Loubens, quatre à cinq fermes firent appel à cette main-d’œuvre dès la fin de la guerre (1945-46), donc avant le statut de travailleurs libres). Tous les soirs, les PGA devaient revenir dîner et dormir dans des bâtiments municipaux. Ils étaient surveillés par M. Peynaud, nommé responsable par le maire. 
    La famille Fazembat eut recours à quatre prisonniers, dont l’un était maçon. Celui-ci construisit un bassin de rétention d’eau, servant aux sulfateuses ; des cloisons en briques furent montées dans un bâtiment agricole.
    On remarque, là encore, que la profession initiale des PGA, ne correspondait pas au milieu agricole, mais certains propriétaires utilisèrent leurs compétences pour améliorer leur exploitation.
Le statut de prisonniers de guerre était plus strict que celui des travailleurs libres, apparu en 1947.

Près de 750 000 prisonniers de guerre allemands (PGA) ont été gardés en détention en France jusqu'en 1948, en violation des Conventions de Genève et du statut des prisonniers de guerre.
    Les États-Unis avaient transféré des centaines de milliers de PGA dans des camps français, sous contrôle américain. Ils furent rapidement rétrocédés à la France, manquant, pour entreprendre sa reconstruction, de main-d’œuvre - (600.000 victimes françaises au total pendant la guerre).
Ils furent affectés au déminage, à l’extraction minière et surtout aux travaux agricoles.
    Si le taux élevé de mortalité, en 1945, est principalement dû à la désorganisation économique régnant alors en France, les conditions de détention s’améliorèrent nettement à partir de 1946 (nécessité de soigner l'image vis à vis de l’opinion internationale, d’augmenter le rendement économique en traitant mieux les PG) et, à partir de 1947, le système dit du travail libre (en accord avec Washington et basé sur le volontariat), constitua un apport économique stratégique. Ce dernier offrait la possibilité aux prisonniers allemands de s’engager en tant que travailleur salarié en France. En contrepartie, ils perdaient irrévocablement leur statut de prisonnier de guerre.
    L’heure étant à la réconciliation franco-allemande, l’ennemi d’hier pouvait devenir un allié potentiel face aux puissances du pacte de Varsovie. Au demeurant, la position de la France était de moins en moins tenable : la convention de Genève stipule que la paix doit entraîner une libération immédiate des prisonniers de guerre. Le gouvernement français subissait de nombreuses pressions (l’Église catholique, entre autres, mais aussi les partis politiques allemands, arguant que l’Allemagne devait conserver toutes ses forces actives). D'ailleurs, ces prisonniers, ayant choisi de travailler en France, étaient très sévèrement critiqués par leurs compatriotes.
    Exception faite des prisonniers de droit commun, l’ensemble des prisonniers allemands fut libéré au plus tard fin 1948, conformément aux accords des trois autres puissances victorieuses (23/08/1947), qui stipulaient que tous les prisonniers « non optant » devaient être rapatriés avant la fin de l’année 1948.        Pour lisser l’impact économique, les autorités procédèrent à une libération par paliers sous le contrôle de la Croix-Rouge, en les rapatriant en train. La Direction Générale des Prisonniers de Guerre fut dissoute en décembre 1948.
    C’est dans le secteur agricole que les rapports furent rapidement les plus cordiaux entre employeurs et employés, la plupart des PGA vivant chez l’habitant. La surveillance y était minime, les conditions de vie meilleures et l’astreinte au travail moins sévère. Ils pouvaient s’octroyer certains suppléments en nourriture : bien que réprimandés, le chapardage des fruits et légumes, la pêche à la ligne, contribuaient à améliorer leur quotidien. À partir de l’été 1946, les autorités honorèrent de moins en moins leur obligation de fournir aux agriculteurs, l’habillement des PG ayant perdu leur statut de prisonniers.
    Le statut de « travailleur libre » était proche de celui accordé aux étrangers employés en France : mêmes droits sociaux et salaires indexés sur celui des Français. À l’automne 1947, les autorités offrirent un congé d’un mois avant de travailler, le temps pour eux de rentrer en Allemagne, cela contribua pour beaucoup à la motivation des postulants, mais cependant représentait une lourde charge pour l’État ; il fut donc décidé que les employeurs, à partir du 1er/11/1947, devaient s’acquitter de 1 000 F au titre de la participation au frais de voyage (La somme leur était remboursée dans le cas où le PG ne revenait pas en France).
    Sont favorisées les candidatures pour les secteurs déficitaires en main-d’œuvre (agriculture, mines, BTP, métallurgie, textile).
    Cependant, certains prisonniers ne pouvaient évidemment pas se porter candidats. Il s’agissait des prisonniers suivants :
- criminels de guerre (y compris les suspects) ; SS et PG ayant appartenu aux cadres du parti ;
- PG ayant encouru ou purgeant une peine judiciaire ou placé en détention préventive ; PG officiers d’active.
    Au printemps 1948, de nombreux PG demandèrent à s’engager, mais pour une durée moindre. Des contrats de Travail libre furent proposés de 9 à 12 mois, mais exclusivement dans le secteur agricole ou minier. À cette date, on permit aux employeurs agricoles, d’appliquer une période d’essai, un certain nombre d’entre eux s’étant plaints de l’incompétence de leur nouvelle recrue.
    Au total, 112 000 dossiers de candidature, soumis aux commissions de ciblages, furent acceptés.
    Près de la moitié furent affectés à l’agriculture et répartis sur l’ensemble du territoire français.
Le retour en Allemagne, après des années d’absence, dans un pays en ruine, divisé et bouleversé culturellement - démocratie libérale ou communisme ayant succédé au nazisme -, la crainte d’y avoir tout perdu et le fait d’avoir peut-être désormais plus d’attaches en France qu’en Allemagne, ont probablement constitué les principales motivations des « optants ».
    À l’échelle nationale, ce serait près de 85 % d’entre eux qui sont revenus, de leur plein gré, en France.
De plus, dès 1947, les travailleurs libres furent autorisés à faire venir leur famille en France. Les optant, qui, ayant manifesté leur intention de s’installer en France, en avaient en effet obtenu, au moment de la signature de leur contrat, cette assurance. Cependant, ceux qui avaient déposé des demandes, se virent souvent opposer un avis défavorable par les autorités municipales, notamment des communes rurales.
    Finalement, le Comité international de la Croix-Rouge estimait, en 1949, que près de 600 familles de travailleurs libres firent le choix de s’installer définitivement en France.
L’épisode de la détention des prisonniers de guerre allemands semble avoir été oublié des mémoires collectives française et allemande.
    Le souvenir en est quasiment nul en France et, en Allemagne, cette période participe probablement du même phénomène de refoulement ou d’« amnésie ».
    Il est difficile de faire un bilan précis du travail des PG, mais, il est probablement considérable, les Allemands ayant joué le rôle d’une main-d’œuvre bon marché dans les secteurs économiques clés d’une France en proie à une grave crise économique et démographique. Sans cette présence, peut-être l’économie française se serait-elle redressée plus lentement et les répercussions politiques et sociales auraient été bien évidemment importantes. (d'après Wikipédia résumé)

Contrats

Les contrats étaient traduits en allemand, sur la moitié droite du document.
1° L’employeur s’engage à assurer un travail continu pendant une durée de ...un an… au travailleur signataire du présent contrat, et à dater du lendemain de sa libération, son arrivée (rayer la mention inutile).
2° Le travailleur soussigné sera tenu de remplir consciencieusement les obligations mises à sa charge par le présent contrat.
3° Il est formellement précisé que le présent contrat a été conclu en considération des garanties données par le Gouvernement français aux prisonniers allemands ayant opté pour le statut de travailleurs libres, telles que lesdites garanties sont précisées dans l’instruction du 8/04/1947 (publiée au J.O du 18/04/1947).
4° Les travailleurs étrangers doivent recevoir, à travail égal à celle des ouvriers français de même catégories, employés dans l’établissement ou dans l’exploitation ou, à défaut d’ouvriers français, remplissant ces conditions, une rémunération basée sur le taux normal et courant dans la région. L’égalité de traitement s’étend également aux indemnités s’ajoutant aux salaires.
Pour le travail agricole, le salaire sera fixé de la manière suivante : soit à la tâche, ou à l’hectare, ou à la journée ou à la semaine ou au mois. Ceci avec ou sans nourriture.
Au cas où le taux du salaire ainsi qu’il est indiqué ci-dessus, serait modifié pour les travailleurs français travaillant dans la même exploitation, cette modification serait étendue de plein droit au travailleur signataire du présent contrat.

Le payement des salaires sera effectué en espèces dans les conditions prévues par le Code du Travail, et notamment par les articles 43, 44 et 44a du livre I. Il ne pourra être opéré de retenues sur les salaires que dans les limites admises par la loi française (Code du travail, livre I, art.50 et 51)
5° Le travailleur soussigné aura droit au même régime de travail (durée de travail, jour de repos et congés payés) que les ouvriers français et recevra conformément au tarif :
Pour chaque heure supplémentaire …... Pour travail de nuit …... Pour travail de jours fériés…..
6° L’employeur assure que le travailleur trouvera à se loger à …. et que les prix réunis de la nourriture et du logement ne dépasseront pas en moyenne … francs par jour.
a. Le travailleur ne sera ni logé ni nourri par l’établissement ; ou bien:
b. Il pourra, à sa demande, être logé par l’établissement au prix de … francs par jour.
c. Il pourra, à sa demande, être nourri par l’établissement au prix de … francs par jour.
d. Il pourra, à sa demande, être logé et nourri par l’établissement au prix de … francs par jour. (rayer les mentions inutiles)
7° Par mesure de faveur et en raison de la longue captivité, le travailleur bénéficiera exceptionnellement, au cours de la période allant du 1er /10/1947 au 1er/03/1948 et au plus tard à la date à laquelle il aurait été libéré s’il n’avait pas opté pour le statut de travailleur libre, d’un congé non payé d’une durée d’un mois, en Allemagne. La date à laquelle le dit congé interviendra, dans les limites fixées ci-dessus, sera fixé d’un commun accord entre l’employeur et le salarié.
8° Le travailleur sera transporté aux frais de l’employeur du lieu de sa libération au lieu de son travail.
Les frais de voyage vers l’Allemagne, à l’occasion du congé du travailleur, lui seront remboursés au retour. Le travailleur sera tenu informé de la solution adoptée par le Gouvernement français au problème du remboursement total ou partiel des frais de voyage retour.
Au cas où le travailleur n’aurait pas usé de son droit à un congé en Allemagne, il pourra prétendre, pour son rapatriement définitif, à la délivrance d’un titre de transport gratuit par le Gouvernement français.
9° Sécurité sociale (travailleur de professions agricoles) :
Les travailleurs étrangers qui travaillent en France bénéficient des législations de sécurité sociale :
- en matière d’accidents du travail, dans les conditions fixées par l’ordonnance du 19/10/1945 (ou pour les mineurs, par les décrets des 27/11/1946 et 16/01/1947) ;
- en matière de prestations familiales, dans les conditions fixées par la loi du 22/08/1946.
L’employeur devra au travailleur, au cas où celui-ci contracterait une maladie pendant la période s’étendant entre la date de son arrivée dans l’exploitation et le jour où il sera susceptible de bénéficier des prestations des Assurances sociales : les soins médicaux, pharmaceutiques et d’hospitalisation, ainsi que le payement d’une indemnité journalière, dont le quantum ne saurait être inférieur à celui de l’indemnité, qu’il aurait perçue si, pendant ladite maladie, il avait été régulièrement couvert par la législation des Assurances sociales.
9° bis. Sécurité sociale (travailleurs de professions agricoles).
Les travailleurs étrangers qui travaillent en France bénéficient de la législation française en matière d’accidents du travail et d’assurances sociales. Les prestations familiales leur sont également allouées dans les conditions fixées par  la loi du 22/08/1946. L’employeur doit adresser, aux Caisses mutuelles d’assurances sociales et d’allocations familiales de son département, une déclaration d’emploi dès l’arrivée du travailleur sur l’exploitation.
10° À l’expiration d’un délai de douze mois, à compter de la date d’établissement du certificat de libération qui doit coïncider avec l’intégration, comme civil, dans l’économie française, du travailleur allemand ex-prisonnier de guerre, ce dernier pourra être rapatrié s’il ne contracte pas un nouvel engagement de travail en France.
11° Contentieux :
Toutes les difficultés pouvant surgir entre le travailleur signataire du présent contrat et l’employeur seront immédiatement signalées au Directeur départemental du travail et de la main-d’œuvre dont dépend le lieu d’emploi.
Toutes contestations qui pourraient s’élever à l’occasion des présentes seront réglées selon la loi française, dans les conditions fixées au paragraphe 4 (rupture du contrat) de l’instruction du Gouvernement français en date du 8/04/1947 (annexe I).

Fait à …, le... 194.. Signature de l’employeur

Visa du Ministère du Travail et de la Sécurité sociale

Signature du travailleur

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Rappel de l'instruction 
du Gouvernement français destinés aux prisonniers de guerre allemands
Paris, le 8/04/1947 (J.O. 18-4-47)

Conditions offertes aux prisonniers de guerre allemands pour le travail libre en France
    Chaque prisonnier de guerre volontaire pour le travail libre en France qui aura signer la déclaration d’option sera ultérieurement convoqué par les autorités françaises, s’il a été agréé par lesdites autorités. Dans l’affirmative, le prisonnier de guerre recevra :

1° Un certificat de libération délivrée par les autorités militaires du camp dont il dépend.
2° Son pécule représentant les sommes payées à son compte qui sont le fruit du travail du prisonnier de guerre.
Il pourra souscrire un contrat de travail, soit avec son employeur actuel, si l’accord est intervenu entre les deux parties et s’il y a eu agrément par les Services du Ministère du Travail, soit avec un autre employeur. Ce contrat sera valable pour une période maximale de douze mois.
Les conditions offertes au prisonnier de guerre devenu travailleur libre seront les suivantes :
Salaire identique à celui perçu par le travailleur français de la catégorie professionnelle et de la région pour laquelle est valable le contrat de travail.
Conditions de logement identique à celles des travailleurs français ou étrangers.
Conditions de ravitaillement identiques à celles des travailleurs français, l’ancien prisonnier de guerre devenu travailleur libre touchant les mêmes titres de rationnement que les travailleurs français selon la catégories considérée (il pourra en accord avec son employeur, être nourri et logé par celui-ci).
Durée du travail égale à celle des ouvriers français de même catégorie travaillant dans la même entreprise. Tout travail de jour ou de nuit effectué au-delà de l’horaire prévu dans l’entreprise sera rémunéré au tarif soit des heures supplémentaires, soit du travail de nuit ou des jours fériés.

Droits sociaux
Les travailleurs allemands bénéficieront, à dater de la signature de leur contrat, de l’ensemble des lois françaises dans les conditions prévues pour les travailleurs étrangers, notamment (assurances sociales, accidents du travail, congés payés, etc.)

Congés
Par mesure de faveur et en raison de la longue période de captivité, le travailleur bénéficiera exceptionnellement, au cours de la période allant du 1er /10/1947 au 1er/03/1948 et au plus tard à la date à laquelle il aurait été libéré s’il n’avait pas opté pour le statut de travailleur libre, d’un congé d’une durée d’un mois en Allemagne. La date à laquelle le dit congé interviendra, dans les limites fixées ci-dessus, sera fixé d’un commun accord entre l’employeur et le salarié.

Rupture de contrat
Les litiges relatifs à l’application du contrat susceptibles de s’élever entre employeurs et salariés doivent être immédiatement signalés au directeur départemental du travail et de la main-d’œuvre.
Dans le cas où le conflit ne pourrait être résolu à l’amiable, le travailleur a la faculté de porter le différent devant les tribunaux compétents en la matière, c’est-à-dire le Conseil des prud’hommes, ou à défaut, la Justice de paix devant laquelle il lui est assuré des garanties analogues à celles des travailleurs français. Il ne peut être que condamner à des peines légères uniquement en espèces, telles qu’elles sont prévues par les lois françaises à titre de délits ou de non-observation d’une convention. Si la rupture du contrat est occasionnée par la faute de l’employeur, le travailleur peut être, s’il le désire, replacé chez un autre employeur de la même profession.

Expiration et renouvellement du contrat
À l’expiration du contrat, celui-ci pourra être renouvelé par accord tacite entre le travailleur et son employeur. S’il le désire, le travailleur allemand pourra changer d’employeur tout en restant dans la même profession, sauf autorisation du Ministre du Travail et de la Sécurité sociale.

Transfert de fonds
Le travailleur libre pourra procéder à des transferts de fonds au profit de sa famille, le montant en mark mis à la disposition de celle-ci en Allemagne ne pouvant être toutefois supérieur au salaire d’un ouvrier de même catégorie travaillant en Allemagne.

Vêtements
Lors de la signature du contrat, il sera procédé, à titre gratuit, à l’échange des vêtement que porte actuellement le prisonnier de guerre contre un vêtement civil.

Correspondances
Le travailleur libre aura toute liberté de correspondre. Il pourra recevoir des colis.

Venue des familles
Le travailleur qui serait désireux de faire venir sa femme et ses enfants, devra en faire la demande aux autorités françaises, lesquels examineront et tiendront informé le travailleur des décisions prises, en fonction des possibilités de logement. Dans ce cas, la femmes et les enfants donneront droit au bénéfice des allocations familiales prévues pour les étrangers par la législation française.

Liberté de circulation. Carte de travailleur étranger
Le travailleur allemand jouira de la liberté de circulation dans les limites du département dans lequel il exerce son activité professionnelle. Ce droit lui sera confirmé par la délivrance d’une carte de résident temporaire, délivrée par la Préfecture du département. De plus, il lui sera remis par la Direction départementale du travail et de la main-d’œuvre, une carte temporaire de travailleur étranger qui lui donnera le droit d’exercer la profession indiquée sur cette carte pour une durée maximum d’un an. Ces cartes sont renouvelables dans les mêmes conditions, ainsi qu’il a été dit ci-dessus.

Protection du travailleur. Droit syndical
Le service du Ministère du Travail et de l’Agriculture, et plus particulièrement les inspecteurs du travail et les contrôleurs des lois sociales en agriculture, qui sont chargés des conditions de travail, protégeront au même titre que les travailleurs français, les ex-prisonniers de guerre qui auront opté pour le travail libre.
D’autre part, les prisonniers de guerre transformés en travailleurs libres ont également la possibilité d’être protégés et défendus par les organisations syndicales, auxquelles ils peuvent adhérer.
Enfin, le Comité international de la Croix-Rouge et ses délégués continueront à exercer à l’égard des prisonniers transformés, un rôle correspondant à celui de la puissance protectrice dans la défense de leurs intérêts.

On s’aperçoit, que ces contrats ressemblent fort à ceux de employés français, par toutes les protections du travailleur (sécu, syndicats...).


Wikipedia : Prisonniers_de_guerre_allemands

Un livre de Fabien Théofilakis 

Un livre de Jean Pierre Fontaine 

Un podcast de France Inter 





Camps de prisonniers dans le Sud Ouest

S ommaire : tous-les-article du blog Jean-Pierre Tessier a découvert ce document dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BNF. On cons...

Sommaire : tous-les-article du blog

Jean-Pierre Tessier a découvert ce document dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BNF.

On constate que les guerres (de religion en l'occurrence) sont soumises à des contraintes financières précises..

I - Le texte original
II - Transcodage du texte
III - Lexique
IV - Auteur

I - Le texte original





II - Transcodage  du texte

Pour comprendre les transactions, voici les différentes monnaies utilisées :
Livre tournoi (l): unité de compte principale.
Sol (ou sou) (s): vaut 1/20 de livre.
Denier (d) : vaut 1/12 de sol (ou 1/240 de livre).
Les pièces en circulation :
Monnaies d'or :L'écu d'or (au soleil ou à la couronne), qui est la grande pièce d'or de référence du royaume.
Monnaies d'argent : Le teston (et demi-teston), pièce d'argent lourde très courante à cette époque.
Le gros et le quart d'écu.
Monnaies de billon (alliage pauvre) : le douzain et le blanc, utilisés pour les transactions du quotidien.

CURIEUX DÉTAILS SUR LE SIÈGE DE LA RÉOLE EN 1562

    On sait comment se forma la petite armée de huguenots commandée par Symphorien de Duras en l'année 1561 et quelles furent, en Guienne, la plupart des opérations militaires de ce chef redoutable, jusqu'à ce que Monluc, après l'avoir battu à Targon au mois de juillet 1562, le défit entièrement à Vergt, en Périgord, au mois d'octobre suivant ; mais, pour le siège que vint mettre Duras devant La Réole, on manquait de renseignements, et si les déclarations de Seguin et de Du Faigna n'eussent été publiées (a), on aurait bien été obligé de s'en tenir à l'intéressante, quoique trop concise mention qu'en a faite M. Dupin dans sa Notice historique sur La Réole, page 51.
    “En 1562, dit cet estimable auteur, un corps considérable de huguenots tenta de s'emparer de La Réole. Trois machines de guerre et quelques pièces de campagne battaient les murailles.
    Les habitants réunis à deux compagnies de nouvelle formation, commandées par M. d'Eymet, cousin du maréchal de Monluc, qui
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(a) Ces déclarations viennent d'être, sur notre communication, insérées en leur entier dans le VIII volume des Archives historiques de la Gironde, p. 46 à 93
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s'était jeté dans la place sous la promesse de celui-ci de venir à son secours, se défendirent avec un courage et une intrépidité héroïques. Informés de l'approche de Monluc et rebutés de l'inutilité de leurs efforts, les huguenots furent forcés de lever le siège après avoir perdu bon nombre d'hommes”. La perte du registre des délibérations du corps de ville correspondant à cette époque, n'avait pas permis à M. Dupin d'en dire davantage et dans les Commentaires de Monluc, il n'avait pu se renseigner plus amplement.
    Les déclarations qui viennent d'être publiées, ajoutent donc beaucoup à ce que nous savions sur le siège de La Réole; mais, indépendamment de ce que la lecture de ces déclarations est fort peu attrayante, l'inscription des diverses dépenses faites par les jurats paraît avoir eu lieu, le plus souvent, lors du payement effectif des dépenses et non le jour même de leur exécution, ce qui empêche de retrouver dans les états de celles-ci un ordre chronologique très exact. 
    Nous avons, en conséquence, groupé le plus grand nombre d'articles de ces états par natures de dépenses, et nous les avons classés, sinon par ordre de date, du moins en évitant, autant que nous avons pu, les anachronismes les plus évidents.
    Ce travail rendra plus intelligibles les deux documents que la Société des archives a imprimés dans son recueil et il facilitera l'étude du siège auquel ils ont rapport.

I

    Les habitants de La Réole eurent de sérieuses craintes tant, dès les premiers mouvements de l'armée de Duras (a) que pendant et après le siège mis par cette armée devant leur ville; aussi voit-on les jurats écrire à M. de Termes (b), à Aiguillon, pour lui demander des renseignements et lui
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(a) Symphorien de Duras, tué à Orléans, en 1553, par la chute d'une pierre qui se détacha de la tour au pied de laquelle il se trouvait
(b) Paul de Labarthe de Termes, mari de Marguerite de Saluces, maréchal de France en 1558, mort en 1562.

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en donner (47) (a) ; à M. de Roquebrune (b) dans le même but (75) et celui-ci leur répondre que les huguenots étaient à la Grassy, près de la ville de Duras (59); à Eymet (c) pour que celui-ci vienne à leur aide (47), et aux jurats de Saint-Macaire dont ils attendaient quelques secours. (51).
    Ils avaient, en outre, dès le 15 décembre 1561, député Rivière auprès de Burie, lieutenant de roi de la province (d), pour qu'il voulut bien leur permettre d'avoir force, tant dans le château que dans la ville parce que ceux de la religion, ainsi qu'on appelait alors les protestants, leur faisaient des menaces (67).

II

    Pour leur sûreté, les Réolais se livrent aux travaux de défense suivants ou les font exécuter.
    On abat le tap (1) qui est derrière le château (64), et on ferme la brèche qui est près de celui-ci (73).
    La porte du Figuey est réparée et on y place une grande barre de fer (64, 72, 77).
    Les portes en bois du Sault, de Sainte-Colombe, de la Porte-Pinte et du Turon sont refaites (79). 
    Toutes les portes sont renforcées avec de la terre (75).
    On répare les murailles de la tour du Courneau (e) et on y fait une porte et un sellier (73).
    Le pont de la porte de Gironde est dressé (65); celle-ci est murée (82); il en est de même de deux créneaux de la maison de ville, près de cette porte (81) (f). Au Martouret, on défait le tap (1) ou
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(a) Les chiffres placés ainsi entre parenthèses, indiquent les numéros des pages du VIII volume des Archives historiques.
(b) Probablement le commandeur de l'Ordre de Malte, à Roquebrune.
(c) François de Pellegrue, seigneur d'Eymet et de Cambes, cousin de Monluc, comme fils de Galienne de Monluc, dame de Cambes.
(d) Charles de Coucy, seigneur de Burie, mort en 1565.
(e) Cette tour s'appelait aussi la tour de Brodequin; elle faisait partie de la troisième enceinte et était située au lieu où est aujourd'hui le jardin Saint-Mézard (Notes inédites de M. Dupin)
(f) Par maison de ville on doit entendre une maison appartenant à la Ville, mais non l'Hôtel-de-Ville, la maison commune, qui était assez loin de là, à la halle actuelle.

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6

carnet de pierre-fitte (a) existant au droit de се quartier, et cela pour que les huguenots ne puissent y établir d'embuscades (82) ; on abat, pour le même motif, les aubarèdes (2) (qui sont au même lieu (52) ; on pose des barres de fer à la pompe (64, 69) ; la voûte de la porte est réparée (69) ; on établit un pont-levis (66), et, enfin, on mure la porte (83).    
    Des créneaux et des canonnades sont pratiquées derrière le couvent des Frères Menuts (77) (b). 
    Au Cugey, on coupe les arbres, on abat les taps (1) et on comble les fossés (76, 83); on exhausse une partie de la muraille et on en répare une autre partie; on établit d'autres créneaux (73, 75); on arrange les échelles (53); le pont en planches, établi sur le ruisseau, est réparé (75) ; un pertuis est fermé (65) et la moliasse (c) est détruite (75). 
    La tour du bourreau est réparée (d); elle est recouverte et on y place de l'artillerie (53, 59, 76). La porte de Vidauco est l'objet d'un guet particulièrement signalé. (79).
    La porte de Saint-Martin est réparée en grand (53, 91) ; on y fait des boulevards et une voûte (59, 77); on y établit un portanet (3) (58); on y emploie beaucoup de pierres, notamment des doublerons (5), des queyrons (e) et celles provenant de
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(a) Les monuments de ce genre sont excessivement rares et il est bien regrettable que celui du Martouret, à La Réole, ait ainsi été détruit. Il en a cependant été découvert quelques-uns de nos jours, notamment par MM. Jouannet, Dubroca et Emile Amé. (Actes de l'Académie de Bordeaux, année 1839, p. 88.
Rapport de la Commission des Monuments historiques de la Gironde, fascicule I, p. 29. Bulletin des Comités historiques, avril 1859, р 99)
(b) Le mot gascon menuts désignait les religieux de Saint-François, plus tard appelés les Cordeliers; los frays menuts, los frays menors, signifiaient les frères les plus humbles, les menus, les mineurs.
(c) Moulin à eau.
(d) C'était un bastion, aujourd'hui démoli, de la III enceinte. Le bourreau y habitait : de là, sa dénomination.
(e) Les queyrons étaient des pierres de taille, d'où vient la dénomination de Queyries, donnée à la plaine située au pied du Cypressat, à Cenon, de même qu'au quartier qui s'est formé à La Bastide, en aval du pont, et vient d'être réuni à Bordeaux. (Baurein. Variétés bordelaises, tome V, p.157 à 168. M Marionneau, Description des objets d'art des édifices publics de Bordeaux, р. 278.)

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la démolition de la chapelle de la Recluse (56, 57, 59, 88, 89, 91); la grande pièce de canon d'artillerie est placée tout près (92) ; enfin, on mure cette porte (73).
    On répare bien aussi la porte du port Soubiran; on en exhausse les murs (65), et pour se procurer de la pierre, on démolit un boulevard (75) ; on répare le chapeau de la même porte pour y placer des sentinelles (66) et on renforce celle-ci avec de la terre (85); on y place des pièces d'artillerie, des pétards entre autres (65) ; on la bardisse (7) et on la baranconne (8) (73). 
    La porte de la Ma (a) à son arceau refait; on y pratique des créneaux et des batailleries (9) (92); cinq gros queyrons de la carrière de Laneplan (b) sont employés à ses montants (92); deux charretées, d'autres queyrons (82) et beaucoup de ribot (9) y sont employés (59, 89), et la porte en bois est refaite à neuf (92).         On refait aussi les portes en bois du Sault et de la Porte-Pinte (51); le Sault est muni de créneaux (65). On mure la porte de la Poterne (72).
    On ferme des créneaux et on fait encore des batailleries (9) en quelques endroits (82).
    On place du bois et des barriques pleines de terre sur les murs (61, 77). On fait un gabion (6) parce que les huguenots menaçaient d'assaillir la ville (59).

III 

    D'un autre côté les jurats font faire de l'artillerie; ils en demandent et ils en empruntent; en un mot, ils arment et ils approvisionnent la ville le mieux qu'il leur est possible.
    Deux religieux traitent pour fondre huit pièces; ils y travaillent pendant 40 jours et sont logés, ainsi que nourris, chez Simon Chauvin qui reçoit 26l. 2 s. pour leur dépense les 9 juillet et 6 novembre (55,90,63) (c). On établit un atelier pour
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(a) Cette porte est ailleurs désignée comme porte de la rivière parce que la Garonne était en gascon appelée la mar ou la ribeyra; mer, rivière.
(b) Du nom de son propriétaire: Laneplan, procureur à Gironde.
(c) Nous avons le regret de ne pouvoir indiquer ici à quel ordre appartenaient ces religieux; les déclarations ne les désignent que sous la dénomination générique de frères, mais s'ils eussent appartenu à l'ordre de Saint-Benoît, à celui de Saint-Dominique on à celui de Saint-François, ils auraient été logés dans l'un des couvents de la ville dépendant de ces ordres, plutôt que d'être logés chez Simon Chauvin.

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les moules de l'artillerie dans l'église Saint-Nicolas (54,57,81); ailleurs il est dit que c'est à Saint-Martial 56 (a); 31 bandes de fer y sont employées (90) une presse aussi en fer est jointe au fourneau. (90). 
    On coupe du bois et on fait du charbon dans la forêt du prieur, à Saint-Hilaire; le 16 juin, on est obligé de faire passer le bois par dessus la muraille pour l'apporter à l'église de Saint-Nicolas, la porte des Menuts étant sans doute murée. (54). 
    Les bouviers se refusaient à porter le charbon, il faut les faire assigner par des sergents (58). 
    Des endortes (4) d'aulaney (liens de noisetier) servent à construire le fourneau; il en est pris dans les taillis du procureur du roi de Bazas et avec son autorisation. (55,56,89). 
    Des barquins (soullets) (b) sont établis pour faire fonctionner le fourneau. (83,91) ; une quantité de 2.701 livres de cuivre neuf et vieux est achetée pour adoucir le métal en
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(a) M. Dupin avait bien parlé, dans sa Notice, p. 88, d'une chapelle de l'église Saint-Michel qui avait été placée sous le vocable de Saint-Nicolas, mais il n'avait pas fait mention d'un édifice consacré à Saint-Martial. Nous avons eu recours à son érudition et à son extrême obligeance pour avoir son avis sur ce point et voici la réponse qu'il nous a fait l'honneur de nous adresser le 10 mai 1867: “Il est évident, d'après les comptes de Pierre Seguin, que la fonderie de canons fut établie sur l'emplacement de Saint-Nicolas (église primitive), et je pense tout comme vous, que ce jurat aura indifféremment dénommé ce lieu Saint-Nicolau et Saint-Mursau en 1562, sans doute parce qu'il aurait existé anciennement dans cet édifice une chapelle consacrée à l'apôtre de Limoges”
(b) Le mot barquins appartenait au dialecte gascon; nous en trouvons une preuve évidente dans le manuscrit de Pierre du Grava, appartenant à la Fabrique de Saint-Michel de Bordeaux, et où nous lisons cette mention à la date du 15 février 1490, 46: Item, plus paguey à mossen Peys Beguey lodeit jorn per bouffar los barquins deudeit orgue .. laquelle nous traduisons ainsi : Item plus payé ledit jour à M. Pierre Beguey pour gonfler les soufflets dudit orgue.». Il serait difficile de rencontrer rien de plus exact, ni de plus applicable.

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fusion (90). Deux pièces sont fondues à Saint-Martial (57). 
    On fait et on arrange les boîtes pour mettre l'artillerie (54,87). Six paires de roues sont faites pour la monter (91). Le fourrier d'Eymet va à Bordeaux pour recevoir huit pièces offertes par Burie (79).
    Le 14 juin 1562, des soldats de Saint-Macaire escortent jusqu'à Barie ces canons, que l'on apporte dans des galions et des couraux (11)  (60,79). 
    Mathelin Bages, menuisier, monte une pièce et fait les patrons de quatre autres (57). 
    Le serrurier Hollet fait trois serpentines et d'autres objets pour des arquebuses qui sont remises au capitaine du château (76).
    On descend une grande pièce garnie de ses roues on l'emmène au devant de l'hôpital (86).
   On paye à Chastilhon, maître apothicaire de Bordeaux, 25 livres pour la location, pendant trois mois, de huit pièces d'artillerie ; plus 44 livres pour le prix convenu de deux de ses pièces qui se sont rompues (93).

IV

    La poudre, le plomb et les cordes de morche (mèches) étaient achetés à divers, entre autres à Simon Chauvin, à Duvignau, etc. (65, 82) ; Chauvin semble même avoir été une sorte de fournisseur spécial et s'être trouvé chargé d'une mission particulière pour ce qui avait trait à l'artillerie, aussi est-il qualifié de canonnier, et de columbrinaire (a) (53,55,65,82). 
    On députe auprès des jurats de Saint-Macaire pour en avoir de la poudre et dans la prévision que ceux-ci pourraient n'en être pas suffisamment approvisionnés, il est décidé que l'on ira en chercher à Bordeaux (53); on en reçoit de cette dernière ville une barrique (78). 
    On achète, en plusieurs circonstances, du plomb pour faire des boulets et des balles; notamment trois quintaux en une seule fois (62). On arrache le plomb de la fontaine des Menuts (50). -

V

    Aux travaux de défense dont nous avons parlé, aux approvisionnements que nous venons de décrire, les magistrats de La Réole ajoutèrent les mesures que
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(a) Fabricant ou marchand de couleuvrines, arquebusier.
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nous allons indiquer : Pour la conservation de la ville et du château, ils firent d'abord recruter quelques hommes dans les environs: à Saint-Hilaire, à Mesterrieux et ailleurs; les nommés Ribaille, Estaigney et Clouet étaient leurs recruteurs. 
    Ces soldats improvisés étaient soldés à tant par mois ou par jour.
    Pierre Seguin en loge et nourrit dix pendant trois jours (47, 48, 49).
     Le 8 janvier 1561, quatre hommes reçoivent 15 s. pour avoir gardé le château pendant quatre nuits, de l'ordre de Burie (68); trois hommes sont payés le 24 avril 1562 pour le même service (70); 15 hommes sont employés à garder les portes le jour de l'Ascension (64), et le jour de la Fête-Dieu, on garde particulièrement les portes pour que les huguenots ne puissent entrer dans la ville (64). 
    Les habitants de la juridiction viennent faire la montre dans la ville (61). 
    Le capitaine du château et le jurat de Legis vont auprès de Burie afin d'en obtenir la permission d'avoir certains soldats dans la ville pour l'assurance d'icelle (70). 
    Les jurats demandent d'abord cent hommes de garnison à ce seigneur (88); puis ils paraissent se restreindre à 50 hommes (89). 
    Leur demande est accueillie, car ils écrivent à Eymet de leur amener les cent hommes que Burie avait mis à sa disposition (70)
    On établit des gardes aux portes de Gironde, du Martouret, des Menuts, de Saint-Martin, du port Soubiran et de la Ma (69); des dizainiers sont chargés du service de ces portes (67).
    Eymet est prévenu par un exprès qu'on lui expédie, de prendre ses précautions, attendu que les huguenots sont allés de Gironde à Langon (51). Les capitaines Lamothe, oncle et neveu, arrivent avec quelques soldats (71). Après eux, Eymet et sa troupe entrent en ville; Eymet loge chez Seguin (49). Nous sommes au 1er mai 1562: Eymet et les Lamothe reçoivent pour leur souper deux aloses et une grande carpe (71). Les 500 soldats d'Eymet! restent à La Réole depuis ledit jour 1er mai, jusqu'au 31 juillet suivant (62). Le 7 du même mois de mai, Jean Orgier est envoyé

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à Bordeaux pour demander à Burie, la ville étant chargée de 400 soldats (a), qu'il voulut bien faire sortir ceux de Lamothe (72).
    Le 9 dudit mois, Sauteyron, Eymet et l'un des Lamothe, escortés d'un grand nombre de soldats ; vont à Bordeaux pour entretenir Burie de la charge des troupes que supportait la Réole. (72). 
    Les Lamothe et leurs soldats se retirent après être restés dix jours en ville (72). Les jurats de Saint-Macaire apprennent à leurs collègues de La Réole, que le capitaine de Monbadon vient à leur secours à la tête de sa compagnie (52); ils leur annoncent aussi que quarante arquebusiers de Saint-Macaire vont leur venir en aide contre ceux de la religion (70); par une autre lettre, ils leur offrent cinquante arquebusiers, si besoin est. (74). 
    Le 8 juin, de Monbadon est à Langon; on le prie de se hâter pour arriver à temps à La Réole (53). 
    Les compagnies de Monbadon et de Lamothe sont devant la ville (73). 
    Le 10 juin du même mois, la ville fait porter à ses frais douze soldats de la compagnie de Monbadon à Langon (79). 
    Le 12, le capitaine Labernatière, accompagné de plusieurs soldats, vient de Langon à La Réole; puis il en repart pour aller à Bordeaux parler à Burie (79,80); le 26, ce dernier le mande auprès de lui (58).         Du 1er août au 21 octobre 1562, Razac et Sauleyron, ainsi que leurs compagnies, séjournent à La Réole ; ils formaient un contingent de 60 hommes (63). 
            A ces corps quasi réguliers viennent, de temps en temps, se joindre quelques troupes qui accourent aider les catholiques: d'abord 50 hommes pour la réfection desquels il est payé 21. 7 s. (83); puis, le 19 mai, 200 hommes de la commune(b), en armes, qui reçoivent à boire pour 4 1. 2 s. 10 d. (73), et, après le siège, les gens de la rivière (c), lesquels vont à Mongauzy croyant y rencontrer
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(a) Ici le chiffre n'est que de 400 soldats, tandis que plus haut il est indiqué comme s'élevant à 500.
(b) Par commune on entendait la population entière.
(c) Les gens de la rivière étaient ceux de Fontet, Blagnac, Floudès, etc., etc.
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Desappas, et acceptent en passant une collation dont les frais s'élèvent à 6 s. (61)..

VI

    La présence des chefs, de même que celle des soldats, qui passaient ou séjournaient à La Réole coûtait assez à la ville. 
    Ainsi Burie y vient pour raison des troubles suscités par les huguenots; il loge avec son train chez le receveur Gaseq (a) et les jurats défrayent ce dernier de ce qu'il a déboursé pour héberger le lieutenant de roi (67, 69). 
    Pareille chose se pratique lorsque Monluc passe devant la ville pour se rendre à Gironde et loge chez l'hôte Meric de Lanoue (89). Il en est de même quand le comte de Candale (b) et son train logent chez Brissory: on paye à celui-ci 5 l 16 s. 3 d. (87). 
    En outre, on donne, en présent, au vicomte d'Uza (c) deux barriques de vin, une de rouge ayant coûté 8l. 5 s. et l'autre de blanc de la valeur de 3l. 2.s. 6 d. (85).
    Eymet et les Lamothe, tant pour eux que pour leurs soldats, dépensent diverses sommes à raison de leur nourriture (71). 
    Les capitaines Razac et Labernatière reçoivent des collations en faisant la ronde: l'une coûte 3 s. 4 d. et l'autre 8 s.; il est vrai que de la dernière les jurats de Legis et Seguin semblent avoir pris leur part (75, 80). Le prévőt général arrive en ville pour faire justice des huguenots; on lui offre, en présent, le 23 janvier 1561, deux pots de vin, et le 7 février suivant, 2 tressanes (d) de la même boisson (69). 
    Neuf pains d'un sou sont donnés aux pauvres gens de la ville qui faisaient le guet nuit et jour (77).
    La dépense des soldats qui gardaient le château était aussi à la charge de la ville et il en était
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(a) Ogier de Gaseq, receveur général, qui habitait la maison Deynaut, dans la Grand'rue et où il mourut en 1616. (Notes inédites de M. Dupin.)
(b) Henri de Foix, comte de Candale, tué au siège de Sommières, en 1572.
(c) Louis de Lur, vicomte d'Uza, sénéchal de Bazas, gouverneur de La Réole, mort à La Rochelle, en 1872.
(d) Mesure de liquide venant de la commune de Tressan (Hérault), aujourd'hui inconnue.

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payé pour 7l. 6 s. 2 d. à l'hôte Celerie, suivant quittance retenue par Claverie, notaire (92). 
    Les pourboire étaient nombreux; il en était souvent donné à ceux qui montaient la garde le long de la rivière, lieu où plus particulièrement le guet était fait avec soin (78). 
    Cinq barriques de vin sont consommées pour faire boire ceux de la commune qui faisaient le guet ou aidaient aux réparations des portes et des murailles (63). 
    Le 14 juin 1562, on paye le pourboire d'un grand nombre de soldats de Saint-Macaire qui avaient conduit jusqu'à Barie huit pièces de canons envoyées de Bordeaux (79). Deux barriques de vin sont données aux marins des galions qui portaient de l'artillerie à Marmande et aux gens de l'escorte qui la conduisaient (63).
    Enfin Monluc, (a) ayant son camp à Puybarban, au mois de juillet 1562 (du 4 au 11), les jurats lui envoient diverses choses (b), entre autres dix-sept cent vingt pains grands et petits, pris chez les habitants et tels qu'ils étaient (63); trois tonneaux de vin, à 30 fr. le tonneau (63); une certaine quantité de vin blanc (86); un mouton, un chevreau gras, deux paires de gros chapons, deux autres paires de chapons moins gros, trois quartiers de veau, et dix poignères d'avoine. (83, 84, 85). 
        On paye d'autre vin qu'il avait consommé. (86). Trois individus lui sont envoyés pour porter certains coffres (80); de plus six saumatiers (15) ( sont expédiés, sur sa demande, à Langon (85). 
    Le 28 juillet (c), on lui envoie à son camp de Gironde un quartier et demi de veau et deux poulardes ; on paye aussi cinq poignères d'avoine pour les chevaux (87). Le 11 août, on paye encore deux poignères d'avoine pour ses chevaux et ceux de Burie (88). Il n'est peut-être pas hors de propos de faire ob-
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(a) Blaise de Monluc, pourvu d'un commandement spécial en Guienne, maréchal de France en 1574, mort en 1577.
(b) Commentaires du même Monluc, tome III, p. 106.
(c) La bataille de Targon avait eu lieu le 26 (Lacolonie, tome II, p. 6.) et Monluc était à la poursuite des huguenots, dont il fit pendre 70 aux piliers de la halle de Gironde. (Commentaires, tome III, p. 121).

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server ici ce que les jurats de La Réole payaient alors les vivres qu'ils achetaient pour les personnes qu'ils hébergeaient.
Bœuf : 2 sous la livre; mouton: 3 sous la livre; lard: 2 sous la livre; une paire de poules: 3 sous; une alose: 15 sous; une autre alose: 8 sous; une alose salée: 7 sous; une autre alose salée: 6 sous; une anguille: 2 sous 6 deniers; saumon, deux pièces 15 sous; une carpe: 4 sous. 2 deniers; un tiers d'once de cannelle; 3 sous: un tiers d'once de poivre: 6 deniers. (49,50).

VII

    Après le siège de La Réole et même après la prise de Saint-Macaire, Burie fait poursuivre Duras et, à ces fins, il expédie de l'artillerie à Marmande; des galions ou bateaux de la Dordogne portent cette artillerie; ils arrivent devant La Réole; les jurats fournissent des patrons qui connaissent la rivière, ceux de la Dordogne pouvant occasionner des avaries (61). 
    D'un autre côté le comte de Candale envoie, le 16 juillet, 40 bœufs pour trainer les canons qu'il dirigeait sur Monségur; mais l'artillerie à cette destinée n'étant pas encore arrivée à La Réole, les bouviers sont obligés de se retirer à Labarthe (59).
    Le 28 du même mois, on emploie quinze hommes à ôter le renforcement de terre qui avait été fait derrière la porte des Menuts; on l'ôte pour faire passer l'artillerie que l'on expédiait à Monségur à l'aide de seize bouviers (87).
    Le 29, six charretées de boulets et de poudre sont envoyées au même lieu (88), mais les bouviers dont il est avant mention, n'ayant sans doute pas suffi pour trainer toute l'artillerie à Monségur, les jurats sont obligés d'envoyer, le 11 août, un sergent aux consuls de Lamothe, pour leur faire sommation de fournir un certain nombre de bœufs, afin d'opérer ce transport (88).

VIII

    A cette époque les magistrats et les habitants de La Réole étaient toujours sur le qui vive, et maint sujet d'inquiétude les tourmentait. On voit de Legis obligé d'aller à Bordeaux pour suivre le procès de l'élection des jurats (47). Dès le mois
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de mai 1561, les huguenots tiennent une assemblée chez le contrôleur Desappas ; on informe contre eux (64). 
    Au mois d'août suivant Héliot de La Courtiade va porter à Burie, un procès-verbal dressé au sujet de l'enlèvement de sept échelons de Berthomieu de Larquey (66).
    Le jour de la Toussaint, ceux de la religion commettent plusieurs excès, et il en est dressé procès-verbal que le juge Pichard et le procureur du roi vont porter à Burie, le 22 décembre suivant (68). 
    Dans ce dernier mois, ils veulent encore s'assembler, et les jurats demandent à Burie qu'il engage Desappas à ne pas faire cette assemblée. (67). 
    Le 23 du même mois (a), l'église de Saint-Jean de Bazas est défaite, et les jurats de La Réole envoient un messager à la suite de deux bateaux chargés de huguenots (68). 
    Le 13 janvier 1561, le procureur du roi est invité à aller à Bordeaux pour informer Burie de ce que les protestants voulaient faire leur cène à La Réole et le prier de s'y opposer, parce que ceci pourrait occasionner un grand scandale (68). 
    Le prévôt général vient faire justice des huguenots; sa présence est constatée les 23 janvier et 7 février (69). A la suite du siège on informe contre ceux-ci, à cause de ce qu'ils ont campé devant La Réole et on expédie les informations à Burie (80).

IX

    La correspondance des jurats était assez active; ils écrivaient souvent à Burie et à Monluc: les déclarations que nous résumons mentionnent six lettres adressées à Burie, cinq à Monluc et une à Noailles (b) (75,78,179,80,83,84,86); pour deux d'entre elles, les 30 mai et 13 juin, les messagers sont obligés de passer par les Landes et par Fargues, afin d'éviter les huguenots qui étaient sans doute à Gironde (79). On écrit aussi une lettre à Saint-Mégrin, à Tonneins, et on envoie l'apporter le nommé Saint-Marc (79). Ce service était fait par
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(a) Cette date confirme parfaitement celle énoncée par O'Reilly dans son Essai sur l'Histoire de Bazas, p 133. (b) Antoine de Noailles, gouverneur de la ville de Bordeaux, mort en 1562.
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des hommes hardis, rusés, et toujours rétribués par la ville: l'un d'eux était bossu et s'appelait Gabarroche. Une autre sorte de messagers, que l'on appellerait probablement aujourd'hui des espions, étaient aussi envoyés en divers endroits pour s'enquérir de la situation et des projets des huguenots ainsi, Carrot va à Mongauzy (74); Mondon à Marmande (66); Cartoret à Lamothe (74) el deux autres dont les noms ne nous ont pas été transmis, sont expédiés à Gironde (85) et à Tonneins (69).

X

    Avant, pendant et après le siège, des événements importants et de diverses natures eurent lieu à La Réole. Nous remarquons dans les mêmes déclarations ceux qui nous paraissent les plus susceptibles d'êtres signalés; en voici la nomenclature:
    Le lieutenant Lavaissière (a) et le procureur du roi François Orgier, allant à Bordeaux, furent pris à Gironde et gardés prisonniers par les huguenots(52); le 22 mai 1562, on négocie pour obtenir leur liberté (52); le 29, le fils de maître Vidau porte une lettre à Orgier, en prison, au même lieu de Gironde (77); le 14 juin, on remet pour ce dernier 2 écus sol à Jean Orgier (80); le 16 juillet, on donne 6 l. à Mondine de Castera, sa femme, pour qu'elle les lui fasse parvenir (86) et le 15 août, Me Guilhois est chargé d'aller solliciter les affaires dudit Orgier encore prisonnier des huguenots (89). 
    Ceux-ci s'emparent des moulins de la Garonne et, pour ceux qu'ils ne peuvent garder, ils en emportent les madilhes (12) (62). Le moulin du contrôle (ou peut-être du contrôleur) qui avait été descendu devant la ville, est remonté en amont pour qu'il ne tombe pas en leur pouvoir (83).
    Le 25 avril de la même année, la garnison s'était emparée d'un gabarrot chargé de méteil (13) appartenant aux protestants de Meillan (70). Un huguenot est tué par les soldats qui faisaient le guet ;
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(a) Blaise de Lavaissière, lieutenant du juge royal. (Notes inédites de M. Dupin.)
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    on paye 4 sous à Richel et à Cappol pour l'ensevelir (78). Eymet et Gaultier (a) sont tués (b); le 24 mai, on paye à Gaussein, l'apothicaire, les cierges qu'il a faits pour leur enterrement (51); le 28, on paye aussi à l'hôte Esterlin, la dépense faite chez lui par ceux qui avaient porté leurs corps de Fontet en ville, (77) ; le 10 juin, du Faigna inscrit sur son registre 5 s. 6 d. pour chandelles de cire employées pour leurs honneurs funèbres (79) et le 19 du même mois, le payement de cinq aunes de taffetas noir qui ont servi à rendre les mêmes honneurs (80).
    Le vicomte d'Uza succède à Eymet, par commission de Burie (62).
    La commune de la rivière se réunit le 13 août, elle tue un huguenot et conduit en prison le nommé Duguytons qu'elle accuse d'avoir reçu et nourri les religionnaires. (61).

XI

    Plusieurs autres faits sont également consignés dans les déclarations de Seguin et de Du Faigna, entre autres les suivants :
    Cent cinquante hommes font la ronde de mai (13) dans la ville et ils font aussi le guet.
    On prend Antoine Vacquey dans la nuit du 20 juin 1561 (65) et celui-ci est amené à Burie par Lacortiade, escorté de six hommes, le 19 août suivant. (66). 
    La reine de Navarre (c) veut qu'il y ait un ministre (d) à La Réole; les jurats prient Burie, le 31 août de la même année, de vouloir bien s'y opposer. (66). 
    Les huguenots suscitent des troubles en ville et, le 13 septembre de ladite année, Jean Orgier et Pierre de Majance vont solliciter Burie d'y mettre
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(a) Charles de Gaultier, fils d'Antoine de Gaultier, conseiller au Parlement.
(b) Le plumitif de l'audience du Parlement énonce, à la date du 8 octobre 1562, que c'était le 20 mai, et dans les causes d'opposition produites au conseiller de Baulon le 8 novembre suivant, il est dit qu'ils furent inhumainement meurtris et homicidés le mercredi après la fête de Pentecôte, ce qui, l'année 1562 ayant eu sa fête de Pâques célébrée le 29 mars, se trouvait réellement être le mercredi 20 mai.
(c) Jeanne d'Albret, mariée à Antoine de Bourbon Vendôme, morte en 1572
(d) pasteur protestant
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ordre par quelque mesure efficace (66); le 20 du même mois, on fait le guet pour qu'ils n'entrent pas en ville (66). Le 6 novembre, il se tient une assemblée où il est décidé que ceux de la religion vivront désormais en gardant et observant, de point en point, les édits du roi (66). 
    Le 16 décembre, Burie ordonne de faire bonne garde (67) et le 22 du même mois, le juge Pichard et le procureur du roi vont porter au lieutenant de roi les informations faites au sujet des troubles qui ont eu lieu à La Réole le jour de la Toussaint (68). 
    Au mois de juin 1562, on abat le bois de la Recluse et le produit en est apporté à la maison de la ville (56). 
    Le 8 juillet, la compagnie de cavalerie de Burie passe la rivière tout le jour (84). 
    Le 5 août, Pierre Seguin rend ainsi compte des difficultés qu'il a éprouvées pour parler à Burie: il va d'abord à Montilhac (Montignac, section de Monségur?), mais Burie, voulant se mettre à table pour souper, renvoie Seguin au lendemain matin; ce dernier revient coucher à La Réole. Le lendemain, il retourne à Montilhac; il est renvoyé à Sauveterre où devait diner Burie; le diner étant renvoyé à Rauzan, il lui faut aller en ce dernier lieu où, après le repas, le lieutenant de roi lui dit que l'on pouvait laisser entrer les femmes des huguenots, pourvu qu'elles promissent de vivre comme le roi le commandait (60). Le 11 août, il est payé 20 sous à deux carriers pour avoir démoli la chapelle de la Recluse, afin d'en utiliser la pierre à la restauration de la porte de la Ma (88). Le même jour, Louis de Legis va joindre Burie pour que l'étape soit mise en la ville (88) et le 31, Jeannot Deney reçoit 5 l. 4 s. pour avoir sonné le tabourin de Souysse depuis le 18 juillet jusqu'au 24 août (89).
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    Dans les payements effectués, il est fait mention de monnaies dont voici la dénomination et la valeur:
Double ducat à deux têtes, 5 l. 12 s. 6 d.; noble à l'anneau, 5 l. 12 s.; angelot, 4 l. 4 s.; réale, 4 s. 2 d.; teston, 9 s. 4 d.; ducat à la potence, 17 s. 6 d.; demi-angelot, 2 l. 2 s.; pistolet, 2l. 9 s. (34 el suiv.)

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XII

    Dans ces déclarations on trouve les noms des divers personnages qui ont paru avoir occupé certaines fonctions ou joué un rôle dans la cité Réolaise, en 1561 et 1562; nous les reproduisons ici par ordre alphabétique.
Banlon. Bazas (le procureur du roi et les jurats de). Burie, lieutenant de roi en Guienne.
Cambes (voyez Eymet). Candale (le vicomte de). Castera (Mondine de). Chastilhon. Château (le capitaine du). Chauvin. Claverie, notaire. Cortiade :
Deney, tambourin. Desappas (Louis). Dufaigna (Vincent, jurat). Duguytons. Duras (Symphorien de).
Eymet (voyez Cambes). Faigna (Du) (voyez Du-faigna). Faugna, fourrier d'Eymet.
Gasc (de), receveur. Gaultier (Charles de). Gaussein, apothicaire.
Jamin. Jurats de Bazas (voyez Bazas). Jurats de Saint-Macaire (voyez Saint-Macaire).
Labernatière, capitaine. Lagarde. Lalanne. La-mothe oncle, capitaine. Lamothe neveu, capitaine. Lavaissière (Arnaud de). Lavaissière (Blaise de), lieutenant du juge. Laviovalle. Legis (Louis de), jurat. Lornes (de). Lur (Louis de), gouverneur de La Réole. La Cortiade ou La Courtiade.
Majance (Pierre de). Mauvezin (de). Monbadon (de), capitaine. Monluc (Blaise de).
Navarre (la reine de). Noailles (de).
Orgier (François), procureur du roi. Orgier (Joseph). Orgier (Jean).
Pichard, juge. Prévot général (le). Procureur du roi de Bazas (voyez Bazas). Puy (le procureur du).
Rasteau, sergent royal. Razac, capitaine. Recteur de Saint-Martin. Reine de Navarre (voyez Navarre). Religieux fondeurs. Rivière (Jean). Roquebrune (de).
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Saint-Macaire (les jurats de). Saint-Martin (le recteur de). Saint-Mégrin. Sabourin. Sauteyron (Arnaud). Sauteyron, capitaine. Seguin (Jean). Seguin (Pierre). Sénéchal (le).
Termes (de).
Uza (le vicomte d').
Vacquey (Antoine). Vernet (Arnaud du).

    Tel est le résumé des déclarations des jurats Seguin et du Faigna.
    Nous eussions bien voulu y découvrir la durée exacte du siège que La Réole eût à soutenir contre Duras, mais rien ne nous à mis à même de préciser l'époque de ce fait d'armes.    
    Le procès-verbal d'enquête dressé par le conseiller de Baulon, à cause de la prise de Saint-Macaire, et dans lequel nous avons trouvé les textes des déclarations de Seguin et de du Faigna ne nous dit pas un mot à ce sujet; seulement on y lit que le procureur des jurats de La Réole exposait, le 31 octobre, que Duras avait mis le siège devant la ville sur les instigations de huit personnages du pays, savoir : Louis Desappas, contrôleur; Etienne Desclaux, apothicaire; Etienne Dumas, dit le prince ; Pierre Malereau, gendre de Bernadin Dupin; Laporterie père et fils; tous de La Réole; Gaillard Duvignau, de Castillon en Bazadais, et Thomas de Castera, de Casseuil; que ce siège remontait à environ six mois et que la canonnade avait duré huit jours et plus.

Monluc, lui-même, ne pouvait guère mieux nous fixer, car il s'est borné dans ses Commentaires, tome III, p. 105, à nous expliquer très sommairement que, venant de battre les huguenots, à Feugarolles (a), il campa vis à vis de La Réole, où Duras avait mis le siège quelques jours auparavant, mais sans succès.
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(a) Canton de Lavardac, arrondissement de Nérac (Lot-et-Garonne)
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    Or, quoique le vieux maréchal n'ait pas songé à le dire, il est facile d'assigner aux premiers jours de juillet, le temps d'arrêt qu'en accourant secourir Bordeaux, il se crut obligé de faire en vue de La Réole, à Puybarban.
    Force donc, en rapprochant quelques unes des dates et certains des faits précités, surtout avec la certitude que nous avons que Duras prit Saint-Macaire le 28 juin, force nous est, disons-nous, de laisser le lecteur dans l'incertitude quant à l'époque et à la durée de la canonnade supportée par La Réole en 1562, tout en l'assurant néanmoins que le siège dont il s'agit eût lieu en mai ou juin de cette année,

III - Lexique

- 1-Tap ou carnet de pierre-fitte (p. 5-6) : chemin ou passage repéré par une pierre levée (repère géographique ou limite d une paroisse ou seigneurie).
- 2- Aubarède (p.6) : Plantation d'arbres à bois blanc et tendre en zone humides (saules, peupliers).
- 3- Portanet (p.6) : Petite porte dérobée, poterne ou ouverture secondaire, créée dans les remparts d'une ville fortifiée
- 4- Endorte (p.8) : Lien souple fait d' une jeune pousse d'osier ou saule, attachant les sarments de vigne ou échalas , ou lien de fagots.
- 5- Doubleron (p.6) : Pierre taillée en calcaire (long de 2 pieds sur un pied de large et un de haut - 70x35x35 cm).
- 6- Gabion (p.7) : Sorte de panier haut et large, en forme de tonneau, que l'on remplissait de terre et dont on se servait, lors des sièges, pour protéger les soldats.
- 7- Badisser (p.7): remplir, couvrir
- 8- Baranconner (p.7) ; barbaconner construire des barbaconnes
- 9- Ribot (p.7) : pierre non taillée, utilisée pour construire ou réparer en urgencele rempart d'une ville.
- 10- Bataillerie (p.7): meurtrière
- 11- Courau (p.9) Petit bateau
- 12- Madhiles (p16) Pièce technique majeure du moulin traditionnel, grosse planche ou pièce de bois robuste qui supporte et guide le mécanisme des meules
- 13- Faire la ronde de mai (p.17) : danse traditionnelle autour de l'arbre de Mai. Ronde militaire : patrouille militaire le long des courtines. En cas de guerre la ronde festive se calque sur la vigilance des sentinelles, afin de narguer les ennemis et aussi soutenir le moral des troupes.
-14- Meteil (p.16) : Mélange de blé et avoine.
-15- Saumatier (p.13) : transporteur ou conducteur utilisant des bêtes de somme pour acheminer des marchandises.

IV - Auteur
D.-A. Virac (Désiré-Antoine Virac, également notaire à Sauternes) est un auteur et érudit local français du XIXe siècle, spécialisé dans l'histoire de la région de l'Entre-deux Mers et de la Gironde.
]Principaux ouvrages
Histoire de Saint-Macaire (volumes I et II), une monographie locale de référence sur cette cité médiévale, rédigée avec le concours de l'archéologue et dessinateur [Léon Drouyn]
Curieux détails sur le siège de La Réole en 1562 (paru en 1867), qui relate des épisodes des guerres de religion en Aquitaine.
Privilèges de la ville de Langon (paru en 1846), une recension de textes juridiques et historiques locaux.


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    La lettre de VP2R se présente sous la forme d'une double page en PDF, le texte provient de différents membres de VP2R.
    La mise en page est effectuée par François Laville et Dominique Riboulleau en assure la coordination. 


Liens directs vers les lettres :
01- La lettre VP2R - Pierre Laville Texte de François Laville
02 - La lettre VP2R - Martyr, Martyre et Martouret Texte de François Cantegrel
03 - La lettre VP2R - Cité Gallo Romaine Texte de Raymond Vallier
04 - La lettre VP2R - La Ryole sur Tamise Texte de Franck Viort
05 - La lettre VP2R - Rue Numa Ducros Texte de François Laville
06 - La lettre VP2R - 10 rue Numa Ducros Texte de Solange Ménival
07- La lettre VP2R - Hôtel Béchade Texte de JP Trouillot et F Cantegrel
08 - La lettre VP2R - Blaise Charlut, la dentelle de fer. Photos Christophe Houdent
09 - La lettre VP2R - La Régie Municipale Texte de François Laville
10 - La lettre VP2R - Le télégraphe Chappe à La Réole Texte de R. Vaillier
11 - La lettre VP2R - La famille Pirly Texte de Franck Viort
12 - La lettre VP2R - Aviron Réolais Alain Lamaison, François Laville
13 - La lettre VP2R - Georges Perrein Liquoriste Texte de François Laville
14 - La lettre VP2R - Pierre Laban Peintre et Sculpteur Texte de Danielle Kalt
15 - La lettre VP2R - A. Perrein Entrepreneur François Cantegrel et F Laville
16 - La lettre VP2R - Marcel Gimenez, Peintre Denis, Lydie et Henri Gimenez
17 - La lettre VP2R - Les transports au XIXe Texte de Raymond Vaillier
18 - La lettre VP2R - La place Craberie Texte de François Laville
19 - La lettre VP2R - Le marché au grains Texte de François Cantegrel
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21 - La lettre VP2R - L'hôtel Lavaissière -Lanasse Texte de Raymond Vaillier
22 - La lettre VP2R - L hôtel Seguin Texte de François Cantegrel
23 - La lettre de VP2R -L'hôtel Mouchez
24 - La lettre VP2R -Gardes nationaux à La Réole
25 - La lettre VP2R -Jean Viaut peintre Réolais
26 - La lettre VP2R - Colonie réolaise à Soulac
27 - La lettre VP2R - Georges-Antoine Mathieu
28 - La lettre VP2R -Voyage en train
30 - La lettre VP2R -Voyage en Algérie et Tunisie
31 - La lettre VP2R -Prélude Le chœur du Réolais
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12- La lettre VP2R - Aviron Réolais       Alain Lamaison, François Laville

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