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     La lettre de VP2R se présente sous la forme d'une double page en PDF, le texte provient de différents membres de VP2R.     ...



    La lettre de VP2R se présente sous la forme d'une double page en PDF, le texte provient de différents membres de VP2R.
    La mise en page est effectuée par François Laville et Dominique Riboulleau en assure la coordination : VP2R

Liens directs vers les lettres :
01- Lettre VP2R - Pierre Laville                         Texte de François Laville
02 - Lettre VP2R - Martyr, Martyre et Martouret Texte de François Cantegrel
03 - Lettre VP2R - Cité Gallo Romaine              Texte de Raymond Vallier
04 - Lettre VP2R - La Ryole sur Tamise              Texte de Franck Viort
05 - Lettre VP2R - Rue Numa Ducros                  Texte de François Laville
06 - Lettre VP2R - 10 rue Numa Ducros                  Texte de Solange Ménival
07- Lettre VP2R - Hôtel Béchade                  Texte de JP Trouillot et F Cantegrel
08 - Lettre VP2R - Blaise Charlut, la dentelle de fer.     Photos Christophe Houdent
09 - La lettre VP2R - La Régie Municipale                  Texte de François Laville
10 - La lettre VP2R - Le télégraphe Chappe à La Réole      Texte de R. Vaillier
11 - La lettre VP2R - La famille Pirly              Texte de Franck Viort
12 - La lettre VP2R - Aviron Réolais               Alain Lamaison, François Laville
13 - La lettre de VP2R - Georges Perrein Liquoriste      Texte de François Laville
14 - La lettre de VP2R - Pierre Laban Peintre et Sculpteur     Texte de Danielle Kalt
15 - La lettre de VP2R - A. Perrein Entrepreneur          François Cantegrel et F Laville
16 - La lettre de VP2R - Marcel Gimenez, Peintre          Denis, Lydie et Henri Gimenez
17 - La lettre de VP2R - Les transports au XIXe          Texte de Raymond Vaillier
18 - La lettre de VP2R - La place Craberie          Texte de François Laville
19 - La lettre de VP2R - Le marché au grains      Texte de François Cantegrel
20 - La lettre de VP2R - Les congrégations religieuses      Texte de Raymond Vaillier
21 - La lettre de VP2R - L'hôtel Lavaissière -Lanasse      Texte de Raymond Vaillier
22 - La lettre de VP2R - L hôtel Seguin         Texte de François Cantegrel


Liens et couvertures :

01- Lettre VP2R - Pierre Laville     Texte de François Laville

02 - Lettre VP2R - Martyr, Martyre et Martouret    Texte de François Cantegrel


03 - Lettre VP2R - Cité Gallo Romaine     Texte de Raymond Vallier


04 - Lettre VP2R-La Ryole sur Tamise   Texte de Franck Viort

05 - Lettre VP2R-Rue Numa Ducros      Texte de François Laville

06 - Lettre VP2R-10 rue Numa Ducros     Texte de Solange Ménival


07- Lettre VP2R-Hôtel Béchade   Texte de JP Trouillot et F Cantegrel 







Une présentation vidéo du télégraphe Chappe :

11-La lettre VP2R - La famille Pirly   Texte de Franck Viort

12- La lettre VP2R - Aviron Réolais       Alain Lamaison, François Laville

15 - La lettre de VP2R - A. Perrein Entrepreneur   François Cantegrel et F Laville


16 - La lettre de VP2R - Marcel Gimenez, Peintre     Denis, Lydie et Henri Gimenez

17 - La lettre de VP2R - Les transports au XIXe     Texte de Raymond Vaillier


18 - La lettre de VP2R - La place Craberie    Texte de François Laville
19 - La lettre de VP2R - Le marché au grains   Texte de François Cantegrel




22 - La lettre de VP2R - L' hôtel Seguin         Texte de François Cantegrel


par Brigitte Mangeot Bulik      Ayant retrouvé, parmi de nombreux documents et archives, deux contrats de travail pour travailleur étranger,...



par Brigitte Mangeot Bulik

    Ayant retrouvé, parmi de nombreux documents et archives, deux contrats de travail pour travailleur étranger, datant de fin 1947, la curiosité me poussa à approfondir le sujet.


    Bien sûr, j’avais entendu parler, dans mon enfance, de prisonniers allemands employés après guerre par ma grand-mère, veuve en 1939. Mes recherches ont remis les événements dans leur contexte. Quelques souvenirs illustreront l’article ci-après.
On peut noter que ma grand-mère paya deux fois 1000 F au percepteur, pour leurs congés en Allemagne et que le salaire mensuel est passé de 3.000 F avec nourriture à 3.830 F, en trois mois.

Souvenirs de ma tante :
    Les deux PGA venaient du dépôt militaire de Saint-Médard-en-Jalles, où ils étaient détenus dans un camp de prisonniers. Ma tante dut s'y déplacer deux fois (septembre et décembre 1947) pour les ramener en train à La Réole. Étant la seule de la famille à avoir appris un peu l’allemand au lycée, sa mère la chargea d’aller les récupérer. Ce fut pour elle une corvée pénible (le souvenir de l’occupation était encore vivace dans les esprits !).
    Le plus âgé des "PGA", né en 1910, ingénieur électricien, originaire de l’ouest de l’Allemagne, était marié avec deux enfants ; il recevait du courrier, se souvient ma tante ; l’autre plus jeune, de 1924, célibataire et cuisinier, venait des territoires allemands en Pologne. À l’âge de 16 ans, visitant sa famille en Allemagne, il fut d’office incorporé dans les jeunesses hitlériennes, puis à 18 ans, dans l’armée allemande. En 1947, il était encore très marqué par son endoctrinement…
Tous deux logeaient à la métairie, désertée après la guerre par le métayer italien, qui s’était montré hostile, dès la défaite française de 1940. Ma grand-mère fut soulagée de le voir partir avec sa nombreuse famille, mais se retrouvait sans aide pour exploiter les terres. D’où le recours aux deux Allemands.
Leurs repas étaient préparés par elle sur sa grosse cuisinière en fonte à charbon - cette odeur particulière, flottant dans cette pièce, persiste encore dans ma mémoire 50 ans plus tard.
Ils étaient apportés dans des gamelles à la métairie distante de quelques dizaines de mètres de la maison, ne possédant encore aucun confort moderne. Seule, une grande cheminée chauffait la pièce à vivre et une seule arrivée d’eau froide existait, située dans la souillarde.
Ma tante se souvient d’un plat cuisiné par le "Polonais", à base de farine et d’œufs, cuits dans l’eau bouillante et agrémenté de croûtons frits (kluski).
    Ils portaient encore leurs uniformes militaires, avec l’inscription PG, lettres hautes de 30 à 40 cm, peintes en blanc au dos de leur vareuse (instructions de septembre 1945) ; leurs godillots à semelle cloutée abîmèrent les cerisiers de la propriété, quand ils y grimpèrent au printemps. Ils étaient assez libres d’aller et venir, puisqu’ils pouvaient se rendre seuls à La Réole.
    Ma grand-mère avait une opinion mitigée sur leur aide. En effet, aucun d’eux avait jamais travaillé la terre, ils étaient inexpérimentés et peu efficaces. Plusieurs matériels agricoles furent cassés. Mais la main-d’œuvre étant rare alors, elle se contenta pendant un an de leur présence, étant seule à gérer la propriété.

"Souvenirs" d’un ami de Gensac :
    En 1945, ses parents cultivateurs à Mauroy avait accueilli un PGA (donc encore avec le statut de prisonnier). Un jour, attendant dans la cuisine leur retour et le déjeuner, il prit leur bébé, âgé de deux ans, sur ses genoux. Quand les parents rentrèrent, il fut très gêné et le déposa promptement à terre. Sans doute était-il en manque de ses propres enfants !

Souvenirs d’une famille loubatonne :
    À Loubens, quatre à cinq fermes firent appel à cette main-d’œuvre dès la fin de la guerre (1945-46, donc avant le statut de travailleurs libres). Tous les soirs, les PGA devaient revenir dîner et dormir dans des bâtiments municipaux. Ils étaient surveillés par M. Peynaud, nommé responsable par le maire. La famille Fazembat eut recours à quatre prisonniers, dont l’un était maçon. Celui-ci construisit un bassin de rétention d’eau, servant aux sulfateuses ; des cloisons en briques furent montées dans un bâtiment agricole.
On remarque, là encore, que la profession initiale des PGA, ne correspondait pas au milieu agricole, mais certains propriétaires utilisèrent leurs compétences pour améliorer leur exploitation.
Le statut de prisonniers de guerre était plus strict que celui des travailleurs libres, apparu en 1947.

Près de 750 000 prisonniers de guerre allemands (PGA) ont été gardés en détention en France jusqu'en 1948, en violation des Conventions de Genève et du statut des prisonniers de guerre.
Les États-Unis avaient transféré des centaines de milliers de PGA dans des camps français, sous contrôle américain. Ils furent rapidement rétrocédés à la France, manquant, pour entreprendre sa reconstruction, de main-d’œuvre - (600.000 victimes françaises au total pendant la guerre).
Ils furent affectés au déminage, à l’extraction minière et surtout aux travaux agricoles.
    Si le taux élevé de mortalité, en 1945, est principalement dû à la désorganisation économique régnant alors en France, les conditions de détention s’améliorèrent nettement à partir de 1946 (nécessité de soigner l'image vis à vis de l’opinion internationale, d’augmenter le rendement économique en traitant mieux les PG) et, à partir de 1947, le système dit du travail libre (en accord avec Washington et basé sur le volontariat), constitua un apport économique stratégique. Ce dernier offrait la possibilité aux prisonniers allemands de s’engager en tant que travailleur salarié en France. En contrepartie, ils perdaient irrévocablement leur statut de prisonnier de guerre.
    L’heure étant à la réconciliation franco-allemande, l’ennemi d’hier pouvait devenir un allié potentiel face aux puissances du pacte de Varsovie. Au demeurant, la position de la France était de moins en moins tenable : la convention de Genève stipule que la paix doit entraîner une libération immédiate des prisonniers de guerre. Le gouvernement français subissait de nombreuses pressions (l’Église catholique, entre autres, mais aussi les partis politiques allemands, arguant que l’Allemagne devait conserver toutes ses forces actives). D'ailleurs, ces prisonniers, ayant choisi de travailler en France, étaient très sévèrement critiqués par leurs compatriotes.
    Exception faite des prisonniers de droit commun, l’ensemble des prisonniers allemands fut libéré au plus tard fin 1948, conformément aux accords des trois autres puissances victorieuses (23/08/1947), qui stipulaient que tous les prisonniers « non optant » devaient être rapatriés avant la fin de l’année 1948. Pour lisser l’impact économique, les autorités procédèrent à une libération par paliers sous le contrôle de la Croix-Rouge, en les rapatriant en train. La Direction Générale des Prisonniers de Guerre fut dissoute en décembre 1948.
    C’est dans le secteur agricole que les rapports furent rapidement les plus cordiaux entre employeurs et employés, la plupart des PGA vivant chez l’habitant. La surveillance y était minime, les conditions de vie meilleures et l’astreinte au travail moins sévère. Ils pouvaient s’octroyer certains suppléments en nourriture : bien que réprimandés, le chapardage des fruits et légumes, la pêche à la ligne, contribuaient à améliorer leur quotidien. À partir de l’été 1946, les autorités honorèrent de moins en moins leur obligation de fournir aux agriculteurs, l’habillement des PG ayant perdu leur statut de prisonniers.
    Le statut de « travailleur libre » était proche de celui accordé aux étrangers employés en France : mêmes droits sociaux et salaires indexés sur celui des Français. À l’automne 1947, les autorités offrirent un congé d’un mois avant de travailler, le temps pour eux de rentrer en Allemagne, cela contribua pour beaucoup à la motivation des postulants, mais cependant représentait une lourde charge pour l’État ; il fut donc décidé que les employeurs, à partir du 1er/11/1947, devaient s’acquitter de 1 000 F au titre de la participation au frais de voyage (La somme leur était remboursée dans le cas où le PG ne revenait pas en France).
Sont favorisées les candidatures pour les secteurs déficitaires en main-d’œuvre (agriculture, mines, BTP, métallurgie, textile).
Cependant, certains prisonniers ne pouvaient évidemment pas se porter candidats. Il s’agissait des prisonniers suivants :
- criminels de guerre (y compris les suspects) ; SS et PG ayant appartenu aux cadres du parti ;
- PG ayant encouru ou purgeant une peine judiciaire ou placé en détention préventive ; PG officiers d’active.
Au printemps 1948, de nombreux PG demandèrent à s’engager, mais pour une durée moindre. Des contrats de Travail libre furent proposés de 9 à 12 mois, mais exclusivement dans le secteur agricole ou minier. À cette date, on permit aux employeurs agricoles, d’appliquer une période d’essai, un certain nombre d’entre eux s’étant plaints de l’incompétence de leur nouvelle recrue.
    Au total, 112 000 dossiers de candidature, soumis aux commissions de ciblages, furent acceptés. Près de la moitié furent affectés à l’agriculture et répartis sur l’ensemble du territoire français.
Le retour en Allemagne, après des années d’absence, dans un pays en ruine, divisé et bouleversé culturellement – démocratie libérale ou communisme ayant succédé au nazisme -, la crainte d’y avoir tout perdu et le fait d’avoir peut-être désormais plus d’attaches en France qu’en Allemagne, ont probablement constitué les principales motivations des « optants ».
    À l’échelle nationale, ce serait près de 85 % d’entre eux qui sont revenus, de leur plein gré, en France.
De plus, dès 1947, les travailleurs libres furent autorisés à faire venir leur famille en France. Les optant, qui, ayant manifesté leur intention de s’installer en France, en avaient en effet obtenu, au moment de la signature de leur contrat, cette assurance. Cependant, ceux qui avaient déposé des demandes, se virent souvent opposer un avis défavorable par les autorités municipales, notamment des communes rurales.
Finalement, le Comité international de la Croix-Rouge estimait, en 1949, que près de 600 familles de travailleurs libres firent le choix de s’installer définitivement en France.
L’épisode de la détention des prisonniers de guerre allemands semble avoir été oublié des mémoires collectives française et allemande.
    Le souvenir en est quasiment nul en France et, en Allemagne, cette période participe probablement du même phénomène de refoulement ou d’« amnistie ».
    Il est difficile de faire un bilan précis du travail des PG, mais, il est probablement considérable, les Allemands ayant joué le rôle d’une main-d’œuvre bon marché dans les secteurs économiques clés d’une France en proie à une grave crise économique et démographique. Sans cette présence, peut-être l’économie française se serait-elle redressée plus lentement et les répercussions politiques et sociales auraient été bien évidemment importantes. (d'après Wikipédia - résumé)

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CONTRATS




Les contrats étaient traduits en allemand, sur la moitié droite du document.


1° L’employeur s’engage à assurer un travail continu pendant une durée de ...un an… au travailleur signataire du présent contrat, et à dater du lendemain de sa libération, son arrivée (rayer la mention inutile).
2° Le travailleur soussigné sera tenu de remplir consciencieusement les obligations mises à sa charge par le présent contrat.
3° Il est formellement précisé que le présent contrat a été conclu en considération des garanties données par le Gouvernement français aux prisonniers allemands ayant opté pour le statut de travailleurs libres, telles que lesdites garanties sont précisées dans l’instruction du 8/04/1947 (publiée au J.O du 18/04/1947).
4° Les travailleurs étrangers doivent recevoir, à travail égal à celle des ouvriers français de même catégories, employés dans l’établissement ou dans l’exploitation ou, à défaut d’ouvriers français, remplissant ces conditions, une rémunération basée sur le taux normal et courant dans la région. L’égalité de traitement s’étend également aux indemnités s’ajoutant aux salaires.
Pour le travail agricole, le salaire sera fixé de la manière suivante : soit à la tâche, ou à l’hectare, ou à la journée ou à la semaine ou au mois. Ceci avec ou sans nourriture.
Au cas où le taux du salaire ainsi qu’il est indiqué ci-dessus, serait modifié pour les travailleurs français travaillant dans la même exploitation, cette modification serait étendue de plein droit au travailleur signataire du présent contrat.

Le payement des salaires sera effectué en espèces dans les conditions prévues par le Code du Travail, et notamment par les articles 43, 44 et 44a du livre I. Il ne pourra être opéré de retenues sur les salaires que dans les limites admises par la loi française (Code du travail, livre I, art.50 et 51)
5° Le travailleur soussigné aura droit au même régime de travail (durée de travail, jour de repos et congés payés) que les ouvriers français et recevra conformément au tarif :
Pour chaque heure supplémentaire …... Pour travail de nuit …... Pour travail de jours fériés…..
6° L’employeur assure que le travailleur trouvera à se loger à …. et que les prix réunis de la nourriture et du logement ne dépasseront pas en moyenne … francs par jour.
a. Le travailleur ne sera ni logé ni nourri par l’établissement ; ou bien:
b. Il pourra, à sa demande, être logé par l’établissement au prix de … francs par jour.
c. Il pourra, à sa demande, être nourri par l’établissement au prix de … francs par jour.
d. Il pourra, à sa demande, être logé et nourri par l’établissement au prix de … francs par jour. (rayer les mentions inutiles)
7° Par mesure de faveur et en raison de la longue captivité, le travailleur bénéficiera exceptionnellement, au cours de la période allant du 1er /10/1947 au 1er/03/1948 et au plus tard à la date à laquelle il aurait été libéré s’il n’avait pas opté pour le statut de travailleur libre, d’un congé non payé d’une durée d’un mois, en Allemagne. La date à laquelle le dit congé interviendra, dans les limites fixées ci-dessus, sera fixé d’un commun accord entre l’employeur et le salarié.
8° Le travailleur sera transporté aux frais de l’employeur du lieu de sa libération au lieu de son travail.
Les frais de voyage vers l’Allemagne, à l’occasion du congé du travailleur, lui seront remboursés au retour. Le travailleur sera tenu informé de la solution adoptée par le Gouvernement français au problème du remboursement total ou partiel des frais de voyage retour.
Au cas où le travailleur n’aurait pas usé de son droit à un congé en Allemagne, il pourra prétendre, pour son rapatriement définitif, à la délivrance d’un titre de transport gratuit par le Gouvernement français.
9° Sécurité sociale (travailleur de professions agricoles) :
Les travailleurs étrangers qui travaillent en France bénéficient des législations de sécurité sociale :
- en matière d’accidents du travail, dans les conditions fixées par l’ordonnance du 19/10/1945 (ou pour les mineurs, par les décrets des 27/11/1946 et 16/01/1947) ;
- en matière de prestations familiales, dans les conditions fixées par la loi du 22/08/1946.
L’employeur devra au travailleur, au cas où celui-ci contracterait une maladie pendant la période s’étendant entre la date de son arrivée dans l’exploitation et le jour où il sera susceptible de bénéficier des prestations des Assurances sociales : les soins médicaux, pharmaceutiques et d’hospitalisation, ainsi que le payement d’une indemnité journalière, dont le quantum ne saurait être inférieur à celui de l’indemnité, qu’il aurait perçue si, pendant ladite maladie, il avait été régulièrement couvert par la législation des Assurances sociales.
9° bis. Sécurité sociale (travailleurs de professions agricoles).
Les travailleurs étrangers qui travaillent en France bénéficient de la législation française en matière d’accidents du travail et d’assurances sociales. Les prestations familiales leur sont également allouées dans les conditions fixées par  la loi du 22/08/1946. L’employeur doit adresser, aux Caisses mutuelles d’assurances sociales et d’allocations familiales de son département, une déclaration d’emploi dès l’arrivée du travailleur sur l’exploitation.
10° À l’expiration d’un délai de douze mois, à compter de la date d’établissement du certificat de libération qui doit coïncider avec l’intégration, comme civil, dans l’économie française, du travailleur allemand ex-prisonnier de guerre, ce dernier pourra être rapatrié s’il ne contracte pas un nouvel engagement de travail en France.
11° Contentieux :
Toutes les difficultés pouvant surgir entre le travailleur signataire du présent contrat et l’employeur seront immédiatement signalées au Directeur départemental du travail et de la main-d’œuvre dont dépend le lieu d’emploi.
Toutes contestations qui pourraient s’élever à l’occasion des présentes seront réglées selon la loi française, dans les conditions fixées au paragraphe 4 (rupture du contrat) de l’instruction du Gouvernement français en date du 8/04/1947 (annexe I).

Fait à …, le... 194.. Signature de l’employeur

Visa du Ministère du Travail et de la Sécurité sociale

Signature du travailleur

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RAPPEL DE L’INSTRUCTION
du Gouvernement français destinés aux prisonniers de guerre allemands
Paris, le 8/04/1947 (J.O. 18-4-47)



Conditions offertes aux prisonniers de guerre allemands pour le travail libre en France
    Chaque prisonnier de guerre volontaire pour le travail libre en France qui aura signer la déclaration d’option sera ultérieurement convoqué par les autorités françaises, s’il a été agréé par lesdites autorités. Dans l’affirmative, le prisonnier de guerre recevra :

1° Un certificat de libération délivrée par les autorités militaires du camp dont il dépend.
2° Son pécule représentant les sommes payées à son compte qui sont le fruit du travail du prisonnier de guerre.
Il pourra souscrire un contrat de travail, soit avec son employeur actuel, si l’accord est intervenu entre les deux parties et s’il y a eu agrément par les Services du Ministère du Travail, soit avec un autre employeur. Ce contrat sera valable pour une période maximale de douze mois.
Les conditions offertes au prisonnier de guerre devenu travailleur libre seront les suivantes :
Salaire identique à celui perçu par le travailleur français de la catégorie professionnelle et de la région pour laquelle est valable le contrat de travail.
Conditions de logement identique à celles des travailleurs français ou étrangers.
Conditions de ravitaillement identiques à celles des travailleurs français, l’ancien prisonnier de guerre devenu travailleur libre touchant les mêmes titres de rationnement que les travailleurs français selon la catégories considérée (il pourra en accord avec son employeur, être nourri et logé par celui-ci).
Durée du travail égale à celle des ouvriers français de même catégorie travaillant dans la même entreprise. Tout travail de jour ou de nuit effectué au-delà de l’horaire prévu dans l’entreprise sera rémunéré au tarif soit des heures supplémentaires, soit du travail de nuit ou des jours fériés.

Droits sociaux
Les travailleurs allemands bénéficieront, à dater de la signature de leur contrat, de l’ensemble des lois françaises dans les conditions prévues pour les travailleurs étrangers, notamment (assurances sociales, accidents du travail, congés payés, etc.)

Congés
Par mesure de faveur et en raison de la longue période de captivité, le travailleur bénéficiera exceptionnellement, au cours de la période allant du 1er /10/1947 au 1er/03/1948 et au plus tard à la date à laquelle il aurait été libéré s’il n’avait pas opté pour le statut de travailleur libre, d’un congé d’une durée d’un mois en Allemagne. La date à laquelle le dit congé interviendra, dans les limites fixées ci-dessus, sera fixé d’un commun accord entre l’employeur et le salarié.

Rupture de contrat
Les litiges relatifs à l’application du contrat susceptibles de s’élever entre employeurs et salariés doivent être immédiatement signalés au directeur départemental du travail et de la main-d’œuvre.
Dans le cas où le conflit ne pourrait être résolu à l’amiable, le travailleur a la faculté de porter le différent devant les tribunaux compétents en la matière, c’est-à-dire le Conseil des prud’hommes, ou à défaut, la Justice de paix devant laquelle il lui est assuré des garanties analogues à celles des travailleurs français. Il ne peut être que condamner à des peines légères uniquement en espèces, telles qu’elles sont prévues par les lois françaises à titre de délits ou de non-observation d’une convention. Si la rupture du contrat est occasionnée par la faute de l’employeur, le travailleur peut être, s’il le désire, replacé chez un autre employeur de la même profession.

Expiration et renouvellement du contrat
À l’expiration du contrat, celui-ci pourra être renouvelé par accord tacite entre le travailleur et son employeur. S’il le désire, le travailleur allemand pourra changer d’employeur tout en restant dans la même profession, sauf autorisation du Ministre du Travail et de la Sécurité sociale.

Transfert de fonds
Le travailleur libre pourra procéder à des transferts de fonds au profit de sa famille, le montant en mark mis à la disposition de celle-ci en Allemagne ne pouvant être toutefois supérieur au salaire d’un ouvrier de même catégorie travaillant en Allemagne.

Vêtements
Lors de la signature du contrat, il sera procédé, à titre gratuit, à l’échange des vêtement que porte actuellement le prisonnier de guerre contre un vêtement civil.

Correspondances
Le travailleur libre aura toute liberté de correspondre. Il pourra recevoir des colis.

Venue des familles
Le travailleur qui serait désireux de faire venir sa femme et ses enfants, devra en faire la demande aux autorités françaises, lesquels examineront et tiendront informé le travailleur des décisions prises, en fonction des possibilités de logement. Dans ce cas, la femmes et les enfants donneront droit au bénéfice des allocations familiales prévues pour les étrangers par la législation française.

Liberté de circulation. Carte de travailleur étranger
Le travailleur allemand jouira de la liberté de circulation dans les limites du département dans lequel il exerce son activité professionnelle. Ce droit lui sera confirmé par la délivrance d’une carte de résident temporaire, délivrée par la Préfecture du département. De plus, il lui sera remis par la Direction départementale du travail et de la main-d’œuvre, une carte temporaire de travailleur étranger qui lui donnera le droit d’exercer la profession indiquée sur cette carte pour une durée maximum d’un an. Ces cartes sont renouvelables dans les mêmes conditions, ainsi qu’il a été dit ci-dessus.

Protection du travailleur. Droit syndical
Le service du Ministère du Travail et de l’Agriculture, et plus particulièrement les inspecteurs du travail et les contrôleurs des lois sociales en agriculture, qui sont chargés des conditions de travail, protégeront au même titre que les travailleurs français, les ex-prisonniers de guerre qui auront opté pour le travail libre.
D’autre part, les prisonniers de guerre transformés en travailleurs libres ont également la possibilité d’être protégés et défendus par les organisations syndicales, auxquelles ils peuvent adhérer.
Enfin, le Comité international de la Croix-Rouge et ses délégués continueront à exercer à l’égard des prisonniers transformés, un rôle correspondant à celui de la puissance protectrice dans la défense de leurs intérêts.



On s’aperçoit, que ces contrats ressemblent fort à ceux de employés français, par toutes les protections du travailleur (sécu, syndicats...).


Wikipedia : Prisonniers_de_guerre_allemands

Un livre de Fabien Théofilakis :


Un podcast de France Inter :
franceinter/les-prisonniers-de-guerre allemands 1945-1949


  Merci à Michel Dader pour cet article du 28 Mars 1947 du journal L’athlète .. L'inauguration du fronton "DENEK BAT" A LA R...

 


Merci à Michel Dader pour cet article du 28 Mars 1947 du journal L’athlète ..

L'inauguration du fronton "DENEK BAT" A LA REOLE
LA REOLE- La foi déplace les montagnes, dit-on! C'est très vrai La Réole, où la très grande foi sportive qui anime les dirigeants du patro local, l'abbé Grenier en tête, est parvenue à dresser un fronton en plein centre de cette ville toute d'escarpements.
Et les champions de l'ASPO Midi, qui avaient bien voulu accepter de venir inaugurer cette place basque en cette cité gasconne, ont pu en apprécier la parfaite construction, encore que les difficultés rencontrées n'aient peut-être pas permis de la faire suffisamment longue.
Après que les cadets du centre Saint-Jean Bosco furent défait de justesse let minimes par 31 A 29, l'ASPOM (Mengaillou, Cortazza et Parot) infligea 39 points à 19 à un trio d'abbés pelotaris (Beheran, Pucheu et Grenié) en une partie écourtée par l'orage.
Puis l'abbé biarrot Beheran, faisant équipe avec le cheminot Cortarza, donna une belle mesure de sa classe remarquable, en battant par 35 à 32 la paire Mangaillou Parot, plus jeune et plus robuste mais moins parfaitement, scientifique.
Enfin les professeurs du collège de La Réole (Lavran. Pontneau Bonnefille) battirent par 30 à 22 une équipe de la Phalange Réolaise B (Rapin, Ladeveze. Aubagnan).
Les Réolais ont un fronton, un beau fronton ! Gageons que de grandes équipes ne manqueront pas d'en faire une place réputée, comme le méritent, ses dévoués promoteurs. Mais les jeunes gens du cru sauront en profiter, puisque aussi bien c'est surtout pour leur santé morale et sportive qu'il a été édifié Bravo.

Un emprunt pour la construction du fronton 

Un fronton de pelote basque à La Réole
Pourquoi un fronton de pelote basque à La Réole ? Lorsque l'abbé Grenier est arrivé pour s'occuper du Patronage, il a mis toute son ardeur pour faire construire ce mur et développer cette activité.
Bordelais, André Grenier a été un adhérent depuis son enfance au patronage des Coqs Rouges.

Dans l'immeuble qui abrite cette association, place Sainte Eulalie à Bordeaux, il y a un fronton dans la cour d'entrée où notre abbé a fait son apprentissage de la pelote. D'autre part une partie de sa famille résidait au Pays Basque, ses deux neveux jouaient au rugby au Biarritz Olympique, et lorsqu'il se rendait dans cette région, il ne manquait pas de voir des parties et pratiquer lui-même ce jeu.

La construction du fronton dans l'immeuble de l'ancienne école Saint Pierre n'a pas été de tout repos.
Le premier problème posé a été l'exiguïté de la cancha (l'espace sur lequel sont les joueurs).

Une demande a été faite pour empiéter sur la place de l'impasse des Galants, mais la municipalité de l'époque, le maire était Jean Delsol, a refusé de céder une partie de l'espace public. Une deuxième solution est apparue, la construction du mur contre la salle de spectacle, et la cancha empiétant sur le terrain contigu côté sud; ce terrain était le jardin potager du presbytère, et l'archiprêtre Pierre Grenier n'a rien voulu céder. Il ne restait plus que la situation que nous connaissons jusqu'à ce jour, mais qui limite la pratique uniquement à la main nue excluant les autres spécialités: chistera, pala etc Le deuxième problème a été celui du financement. L'abbé Grenier a pris son bâton de pèlerin et a réussi à convaincre certaines personnes de l'accompagner dans ce projet.
A l'emplacement actuel du fronton, il y avait une suite de petits cagibis, sans grande utilité. Le chantier a été confié à Egidio Grigoletto qui venait de s'installer. Il a procédé à la démolition et à la construction en pierres. Sur le haut, l'année de construction 1947, et la croix basque, étaient peintes. Sur le côté sud il y avait deux tribunes en bois pour les spectateurs.
L'inauguration du fronton "Denek Bat" a eu lieu dans l'été 1947. Il y a eu plusieurs parties mais la principale a opposé Harambillet, champion du Monde à Garmendia, champion de France. Leurs partenaires respectifs étaient deux prêtres basques qui jouaient à l'époque avec la soutane. Il y a eu de très nombreux spectateurs, surtout intéressés par la découverte de ce sport nouveau ;

Le fronton était le rendez-vous du jeudi et surtout des vacances d'été, à cette époque le patronage était ouvert tous les jours. Des équipes ont été créées, des minimes, cadets, juniors et étaient engagées dans le championnat de la Côte d'Argent.
Notre équipe cadette composée de Jean-Claude Abribat et de Louis Avadian a été championne de la Côte d'Argent au début des années 50. D'autre part l'abbé Grenier a initié certains joueurs à la pratique du petit chistera (joko garbi) pour faire quelque démonstrations : ce sont: Pierre Ignès, Michel Masson, Pierre Merlin, Claude Canterranne, René Boyvineau et certains autres jeunes.

Cette activité sportive, qui avait été importée à La Réole par l'abbé Grenier avait permis de la faire connaître et de fédérer de nombreux jeunes au pied de ce mur. L'usure du temps n'a pas permis de conserver les installations en bon état et l'absence de nouveaux joueurs, nous obligent à ranger la Pelote Basque à La Réole au rayon des souvenirs. Cela est regrettable !!!
René Boyvineau


Quelques photos du fronton actuellement 

Sommaire du blog Cahiers du Réolais par auteur ICI par article ICI Historique des cahiers SOMMAIRE Couverture Place du Mercadiou à St M...

Cahiers du Réolais par auteur ICI par article ICI

SOMMAIRE

Couverture Place du Mercadiou à St Macaire             P. LAVILLE
A nos amis                                                                    La Rédaction
Sauveterre Notes historiques.                                       R. SABOURIN
Aeboque passioun                                                         G. LANOIRE
Petites annonces 1788
La Réole au début du XIXe siècle                                 R. ARAMBOUROU
De quelques prénoms                                                     L. JAMET
La Maison du "Prince Noir"                                           P. LAVILLE
L'industrie en Gironde à la fin du XVIIIème Siècle      R. ARAMBOUROU
La verrerie royale de St Macaire                                    R. NOUAT

Activités de la Société Le Secrétaire
Tous droits de reproduction réservés.
Adresser manuscrits et communications au rédacteur :
R. ARAMBOUROU, Professeur au Collège, LA REOLE
Ce numéro a été mis en distribution en JUILLET 1950

A NOS AMIS
    Nous avons le plaisir de commencer avec ce numéro la publication d'une série d'articles sur SAUVETERRE que son Maire, M. Roger SABOURIN, a bien voulu nous adresser.
    Nous serions heureux de voir cet exemple suivi de tous ceux qui dans l'ancien arrondissement de La Réole s'intéressent à leur petite patrie et pourraient nous envoyer un article, si court fût-il.
    Secrétaires de Maire, qui, dans les archives communales, avez des trésors insoupçonnés du public et si savoureux parfois, qu'un bref commentaire rend accessibles à tous ; Notaires, détenteurs d' archives si importantes ; Propriétaires, dont les papiers de famille racontent souvent de charmantes et passionnantes histoires ; Médecins, Prêtres et Instituteurs, amateurs et connaisseurs des choses et des gens du passé, qui pouvez avoir noté de vieux usages, de vieilles coutumes en train de disparaître ou attirer l'attention sur les beaux sites et les curiosités de votre Commune, c'est à vous tous que cette revue s'adresse, ses pages vous sont très largement et bien cordialement ouvertes.
    Nombreux sont ceux qui auraient plaisir à vous lire.
    Enfin nous ne saurions oublier ceux qui préfèrent la lecture de ce que d'autres ont écrit et voudraient être assurés de pouvoir trouver nos Cahiers. Nous nous permettrons de leur donner un conseil : ABONNEZ VOUS !
    Notre revue qui débute est tirée à un nombre restreint d'exemplaires, à peu près celui de nos abonnés dont les cotisations sont les seules ressources dont nous disposons pour couvrir les frais d'édition. Le montant des abonnements calculé au plus juste doit aider à donner à notre publication la plus large diffusion. Mais nous ne pouvons pas en augmentant notre tirage bien au-delà du nombre de nos abonnés risquer d'avoir des invendus.
ABONNEZ-VOUS !
Vous nous aiderez à faire vivre et améliorer nos Cahiers et vous serez sûrs de pouvoir lire les articles qui vous intéressent.
    Le prochain numéro des Cahiers, outre la suite de l'article de l'ancienne verrerie  M. NOUAT, Bibliothécaire à l'Université de Bordeaux, sur la verrerie de Saint Macaire contiendra d'autres articles sur cette localité digne à bien des égards de retenir notre attention et la continuation des Notes Historiques sur Sauveterre.
    Nous avons dû pour des raisons techniques modifier nos Cahiers. Nos amis pourront constater que les changements survenus sont loin d'être au détriment de la présentation et de la qualité de notre revue.
    Que la Municipalité de LA RÉOLE dont le généreux concours ne nous a pas fait défaut, trouve ici l'expression de la gratitude des AMIS du VIEUX RELAIS
LA RÉDACTION
    Le montant des abonnements : 150 francs par an peut être versé directement par chèque postal au compte de M. ARAMBOUROU, Professeur au Collège La Réole (Gironde) C.C.P. BORDEAUX 172226

SAUVETERRE de GUYENNE
NOTES HISTORIQUES

    Nous avons quitté LA RÉOLE et ses maisons serties dans le côteau. A ses pieds, domptée, la Garonne majestueuse semblait se reposer d'une course éperdue. Aux beaux jours, notre regard surpris découvrira que ses eaux tumultueuses sont devenues un corps chétif dans un lit démesuré.
    Le guide nous aura montré l'Esplanade des Tilleuls, l'orgueilleux Monastère des Bénédictins, le Château des 4'Sos, parlé des légendes locales sans taire les couplets savoureux de Jean de la Réoule. Le Dropt franchi, nous découvrirons SAUVETERRE, la vieille Cité dégagée du corset de ses remparts.
    Elle nous guette au passage et nous retient pour faire l'offrande de son passé lointain. Ses portes anciennes en demeurent le témoignage
    Fondée en mordant sur les paroisses de St Léger et St Romain de Vignague, cette bastide fut l'enjeu de luttes sévères consignées dans les cartulaires. Les archives municipales situent la création de la Ville en 1281 sous le règne de Philippe Le Bel, suzerain du roi d'Angleterre Edouard Ier.
    A la suite des traités signés par Henri III et Louis IX le monarque anglais restait possesseur d'une fraction de la Guyenne.
    De nombreux historiens se sont penchés sur l'origine de la cité notamment l'Abbé EYMERY, curé en 1854 dont les études ont été en partie détruites en 1898 lors de l'incendie du presbytère, GAUBAN historien de LA RÉOLE, JUDDE de LARIVIÈRE, de la MONTAIGNE, membres éminents de la société historique de la Gironde, Léo DROUYN dans les Variétés Girondines et en dernier lieu le Docteur Fernand DURODIE, natif de Sauveterre.
    Chercheur infatigable, le Docteur DURODIE a fait don à la Ville d'un ouvrage considérable édifié sur de patientes recherches. Les documents consultés au Record Office de Londres pour la période d'occupation Anglaise, aux Archives nationales et départementales ont projeté leur lumière et nous permettent de mieux connaître une origine controversée. Les notes que nous publions sont puisées copieusement dans ces notes inédites.
    Antérieurement à la construction de la cité nous trouvons un prieuré dont l'existence ne fait aucun doute pour tous les auteurs qui se sont occupés de notre Ville. Les vestiges en sont d'ailleurs nombreux : caves voûtées avec enclaves de statues, fenêtres à meneaux cruciformes visibles dans la ruelle reliant la rue Ste Catherine à la rue St Romain.
    D'après M. de La Montaigne les Bénédictins chassés de LA RÉOLE par les Normands se réfugient dans ce prieuré et ne revinrent dans leur Monastère qu'en l’an 977 rappelés par Gombaud évêque de Gasconie et son frère Guillaume Sanche, duc de Gascogne.
    Ce qui paraît confirmer l'existence de ce prieuré à une époque très reculée est la découverte faite en 1823 lors de la démolition de la charpente de l'église. Une poutre maîtresse portait la date de l'an 1100.     Or cette pièce de bois n'était pas la première mise en place. Les piliers qui descendaient jusqu'au pavé recouvraient des peintures à la fresque d'objets religieux. L'exercice du culte chrétien y avait donc précédé la formation de l'œuvre qui ne pourrait être due à la munificence de quelque duc d'Aquitaine.
Roger SABOURIN

ABECQUE PASSIOUN

Qhi qu qu'eymi, ezuya 'la blanque marguerite,
Seinti la rose et lou jasmi'n,
Cueilli des plantes de mèrite,
Et couri lou loung daou camin

Adori tout deins la natüre
Aymi la frescou daou mati'm,
L'aymi, elle et sa chevelure,
Adori sa pèt de sati'n

Aymi becop la poésie,
Suy amouroux de libertat
Sou progrès, tabé, m'extasie,
Laeu dizy, te, plén de fiertat !

Lou chant, mey tabé la musique,
Soume tout art, ein general,
Même ein aqueste république,
Soun per jou, toutioure u'n régal.

Aymi lou souleil,
mey la lune, Adori l'estiou, lou printeimps,
Aymi la Bie et n'ein ey qu'une
Espèri la garda loungteimps…

Gustave LANOIRE Félibre Réolais (1861-1941)

PETITES ANNONCES
La communauté de LA REOLLE désirerait trouver un sujet pour remplir la place de Régent ; elle exige de lui des certificats de bonnes mœurs et de catholicité et une connaissance parfaite de l'écriture et des calculs. Les honoraires de cette place sont de 500 livres, sans compter la rétribution à laquelle chaque étudiant est astreint.
S'adresser à Messieurs les Maire et Jurats de la dite Ville ou, à Bordeaux à Monsieur PALLANDRE aîné libraire Place St Projet
Journal de Guyenne Nº 339 : 4 Décembre 1788

LA REOLE au DÉBUT du XIXème SIÈCLE
Les archives municipales fournissent un certain nombre de documents. qui permettent, en dépit de nombreuses lacunes, de nous faire une idée assez précise de l'existence, de nos concitoyens d'il y a cent cinquante ans Ces pièces s'échelonnent de l'an XI (1803) et 1813 et figurent dans la série F de l'inventaire communal.

LES HABITANTS et LEURS OCCUPATIONS
"On ne compte pas aujourd'hui dans cette ville plus de 3.800 habitants en y comprenant les femmes, les enfants et les vieillards.
"Neuf cents familles ont leur domicile dans cette Commune, 81 personnes vivent de leurs revenus et, de ce nombre, plus d'une moitié vit bien médiocrement. Il y a 14 ménages qui cultivent leur propriété, cent sont occupés des terres d'autrui, soit comme fermiers, métayers, faisandiers - ou vignerons ; environ 200 individus de tous sexes se louent à la journée ou à l'année ; on évalue au quart le nombre de ceux qui se louent à l'année
"Point de négociants, mais il existe 62 marchands tenant boutique. Il y a 184 artisans. Soit un total de 246 personnes. Un rapport de 1812 chiffrera à 230 le nombre des patentés (marchands et artisans) et à 40 celui des ouvriers et employés. Ce même document indique que 139 personnes sont en 1812 employées à la navigation, mais en 1803 on a seulement noté 4 mariniers propriétaires de bateaux
"Il y a environ 200 indigents ou qui mendient ou qui reçoivent des secours. On ne connaît point d'errants appartenant à la Commune. S'il en existe le nombre en est bien petit ".
Cependant en 1812, 300 indigents sont assistés à domicile et il y a 200 mendiants errants.
Le paupérisme se serait donc accru de façon considérable. Ce fait est d'ailleurs à rapprocher de la diminution du nombre des patentés.
"Il y a 13 hommes de lois en comprenant ceux qui composent, le Tribunal et 4 notaires."
En 1812 il existe 6 prêtres et un compte moral de Juin 1808 nous apprend que " le culte continue à s'exercer sans trouble ; on a toujours pour MM. les Curés et desservants le respect qu'inspire leur caractère ; ceux-ci se conduisent bien si ce n'est M. FOUGET, curé, qui fait fort bien le service intérieur de son église mais manque de charité envers ses confrères et qui a besoin de l'autorité de ses supérieurs pour se plier à ce qu'exigent les convenances locales à l'égard des magistrats et du public."
"Deux médecins il y en aura 3 en 1812, 2 chirurgiens, 2 sage-femme viennent au secours de l'humanité souffrante”. "L'état sanitaire est satisfaisant mais le temps où les maladies font le plus de ravages est celui de l'été ou la fin de cette saison qui est ordinairement très chaude."
"La petite vérole n'y a pas fait depuis longtemps des ravages sensibles, l'inoculation y était connue depuis longtemps mais elle ne pouvait pas être mise en pratique chez le peuple à cause du haut prix du salaire qu'exigeaient les inoculateurs.".
Un rapport de 1807 indique que 30 individus ont été vaccinés, que, "les gens de l'art sont assez zélés pour propager la vaccine mais ils ne parviendraient qu'avec la persévérance et... le temps à en faire adopter l'usage par les gens de la campagne toujours les derniers à mettre à profit les découvertes utiles et bienfaisantes. Les curés des paroisses devraient particulièrement être chargés d'éclairer les peuples à cet égard, de concert avec les magistrats "En 1811, 63 personnes furent vaccinées.
"La Commune, eu égard à sa population, qui est de 3800 âmes, a fourni un nombre considérable de militaires dans la Révolution (215). On compte environ 40 militaires encore en activité, il y a 9 militaires retirés avec pension.. . dont la masse s'élève à la somme de 2.939 francs annuellement Il n'existe plus de réquisitionnaires de 1793 ou ils sont en activité ou retirés avec congé ou amnistiés ou exemptés par le mariage.
"Les conscrits des ans XI et XII sont au nombre de 60 y compris les infirmes "

LA SITUATION MORALE
Le compte moral trimestriel du maire au sous-préfet nous indique en avril 1806 : "...relativement aux mœurs elles me paraissent s'être améliorées sous quelques rapports.
Je serai moins fondé à le dire pour le trimestre actuel : il a été plus fertile en enfants nés hors le mariage.
Il en a produit deux, fruits d'un honteux dérèglement. Ce qui est beaucoup eu égard aux trimestres précédents, mais peu comparativement aux temps antérieurs de 14 ou 15 ans ; encore faut-il ajouter que l'une des personnes à qui appartiennent ces enfants habite peu ma commune.
Néanmoins, malgré que ce trimestre ait trompé mes espérances, j'estime toujours que les mœurs se sont améliorées, j'en tire la preuve :
- 1º de cette foule innombrable qui se porte dans le temple sacré de la religion avec une ferveur remarquable
- 2º de ce qu'on ne trouve plus depuis longtemps sous notre halle, sur les portes de notre hospice d'enfants abandonnés, ce qui était très fréquent autrefois.
- 3º de ce que on ne voit plus maintenant le mauvais exemple que donnaient jadis la majorité des pères de famille en allant dans les cabarets à toutes les heures fixées pour les repas.
- 4º de ce que on ne voit plus les maisons de jeu journellement fréquentées comme elles l'étaient autrefois qu'il paraît que le goût de cet amusement innocent de la danse est le seul qui se soit maintenu parmi les jeunes gens habitants de La Réole.
- 5º de ce que ces cris poussés naguère contre l'usure ou un intérêt excessif s'apaisent insensiblement.
En Juin 1808 : "les mœurs sont toujours à peu près dans le même état, les enfants sont tenus dans la soumission et l'obéissance qu'ils doivent à leurs parents…
Le taux de l'intérêt est celui fixé par la Loi.
Il n'y a eu ni circulation de marchandises prohibées (depuis le blocus) ni de fausse monnaie. "Le compte du 3e trimestre de 1810 ne signale rien de spécial sinon une curieuse réticence : “Quant aux mœurs, elles sont toujours à peu près dans le même état " et après avoir rayé : “plutôt dominées par le vice chez certains individus que absolument bonnes”, le maire ajoute : "elles ne se sont point améliorées. "

L'ESPRIT PUBLIC
    En 1806 les habitants de La Réole se font remarquer par une entière obéissance aux lois et par tout l'amour et la fidélité qu'inspire le chef de l'Etat. On ne peut donner d'autre meilleure preuve de sa bonté, en 1806 l'esprit public est si bien qu'il serait difficile de l'égarer ou de le pervertir.
    Tous propos contraires au bon ordre seraient bientôt proscrits et ses auteurs dénoncés aux tribunaux. Il ne s'est manifesté ni sédition ni révolte "
    Mais le compte moral ne se borne pas à la situation générale ; le maire y indique, aussi, les doléances des habitants: "Ils se plaignent du poids des impôts. Le plus grand nombre ne peut les acquitter qu'en faisant le sacrifice de ses besoins indispensables”.
    Le manque de travail ajoute au malheur des circonstances et toutes les classes font des vœux pour cette paix qui doit retirer les arts de cet état de langueur qu'ils éprouvent en ouvrant à l'agriculture et au commerce les canaux de la prospérité. Les impôts ne sont pesants et difficiles à acquitter que parce que l'industrie est sans vie et que le principal fruit de l'agriculture est dans un état de stagnation faute de débouchés. S'ils peuvent être rendus à leur ancienne activité les habitants de La Réole supporteront avec moins de peine le poids des charges publiques d'autant qu'une diminution serait le résultat de la Paix"
"Les subsistances n'ont point cessé d'abonder, le commerce en est très libre. Mais le défaut de nos anciens débouchés des colonies le rend si restreint qu'il existe une stagnation funeste aux propriétaires. Le prix du blé et celui du vin, principales ressources du pays, n'est nullement proportionné avec les frais excessifs de culture, ce qui les appauvrit et les met dans la plus grande gêne pour acquitter l'impôt". (compte de 1808)
    Les conscrits de 1809 sont successivement partis, quelques-uns, du canton avaient abandonné leur chef de conduite en route, mais ils n'ont pas tardé à reconnaître cette erreur et à la réparer.
Ces désobéissants momentanées ayant donné lieu à des rappels de remplacement, il en est résulté que le canton a fourni 12 hommes en sus du contingent fixé. Les pères de famille observent qu'à mesure que le conscrit rejoint, le remplacement devrait être congédié ce serait conforme à l'esprit de la législation sur la conscription, autrement les conscrits solidaires et les communes sont sans intérêt à ce que les conscrits qui ont désobéi rejoignent les intéressés disent qu'on fait payer cher aux autres la faute passagère des conscrits que la publicité du tableau de mouvement ne sert qu'à convaincre que le monde qu'on suit devient toujours plus désastreux pour l'agriculture en la privant de tous ses bras.
Enfin, le dossier contient une curieuse lettre du Sous-Préfet au Maire.
Elle est datée du 22 Décembre 1813 : "Monsieur, les circonstances deviennent chaque jour plus intéressantes et l'administration doit nécessairement avoir fait des remarques autant sur l'esprit public, la rentrée des contributions, les réquisitions, les appels des conscrits, etc...que sur l'agriculture, les mœurs, le culte. Cependant le compte du dernier trimestre manquait de beaucoup d'éléments et M. le Préfet l'a remarqué... Nous ignorons la réponse faite par le Maire.
A cette époque, LAINE, député de Bordeaux, venait de lire au Corps Législatif un rapport sur les abus, du Gouvernement et les troupes françaises avaient évacué l'Espagne talonnées par Wellington.

R. ARAMBOUROU

DE QUELQUES PRÉNOMS
    Dans les registres de l'État Civil, les contrats de vente ou de mariage, de la foule des Jean, Jeanne, Pierre, Marie etc... se détache parfois un prénom peu fréquent ou curieux. Nous avons voulu chercher parmi les prénoms de ce genre donnés dans notre région depuis la Révolution ceux qui présentaient un caractère particulier.
    On constate souvent que le même prénom était porté par plusieurs membres de la même famille.
        Des mentions du genre de François, fils de François.... François, son frère..... sont courants.
Qu'un des fils porte le prénom de son père est normal, mais que deux fils aient le même prénom cela devait paraître embarrassant. Comment l'expliquer sinon par un "moindre effort de recherches ?”
Ce qui justifierait aussi la fréquence des Second ou seconde, Troisième ou même môme Trois Cinquième et Septième, Cadet et Benjamin.
    Une coutume curieuse, qui paraît donc régionale consiste et pour les filles seulement à fabriquer un prénom d'après le nom de famille.
    On trouve ainsi : Latalie Iattes, Borguinotte, Berguin, Treisille Tros, Bourgadieurette Bourgadion, Sarille Lasserre, Dulina Dulin, Murantine Murat, etc.... La femme perdant son nom dans le mariage, peut être voulait on ainsi rappeler son nom de jeune fille à ses enfants et descendants..
    Une sœur du Conventionnel Bergoeing de St Macaire, portait le joli nom de Charmante.
    D'autres prénoms d'affection de ce genre sont assez répandus, et jusqu'à la période actuelle sont Aimé, Fidèle, Chéri ou Chérie, Désiré ou Désirée, Mondésir.
    Enfin on trouve des prénoms de circonstance en faveur surtout sous La Révolution et l'Empire : Mirabeau, Viala, Tara, Marceau et Kléber. On enregistre encore un Floréal en 1862 et un Danton en 1908.
    Mais si l'on trouve trois ou quatre Joséphine, il n'y a pas un seul Napoléon pendant la période impériale. Lors de l'exposition des souvenirs militaires des 29 et 31 avril, on a pu voir l'engagement volontaire d'un jeune Réolais nommé Godard, né en 1792, à qui ses parents, sans doute pour prouver leur civisme, avaient donné le nom de Décadi Artichaut. Le calendrier révolutionnaire avait institué la semaine de dix jours et remplacé les saints par des noms de vertus, instruments aratoires ou de légumes.     L'enfant avait dû naître le dernier jour de la semaine, Décadi, consacré à l'artichaut et l'on n'était pas allé chercher plus loin des prénoms moins originaux.
Ainsi la lecture des vieux textes éclaire-t-elle parfois d'un jour assez curieux la psychologie de nos pères.
L. JAMET

FOLKLORE LOCAL : LES FIANÇAILLES
    Vers 1845, Lamarque de Plaisance, correspondant pour la Gironde de la Commission des Monuments Historiques, notait on un petit recueil : "Usages populaires de l'Ancien Bazadais" le cérémonial en usage autre fois à l'occasion des diverses fêtes de famille telles que fiançailles mariages, baptêmes, etc...
L'ancien Bazadais comprenant autrefois à peu près l'arrondissement de La Réole, notre Bulletin paraît tout indiqué pour perpétuer le souvenir de ces vieilles traditions presque entièrement disparues de nos jours
    Avec le lit, quelques aunes de toile, un bachorey (vaisselier), orné de 12 fourchettes en fer, 12 d'étain, 12 assiettes de faïence à fleurs, une armoire en cerisier ou un coffre, la jeune fille se mettait en ménage. Parfois elle apportait moins encore.
    La fortune du futur n'était pas plus considérable. Souvent il n'avait que ses bras.
Il semble qu'en présence d'une dot aussi modeste, un contrat de mariage devenait complètement inutile, cependant l'usage était de s'y conformer. Le jour des fiançailles précédait de peu celui de la noce.
    Au jour fixé, les futurs époux accompagnés de la famille et de quelques amis, arrivaient chez le Notaire. Les conventions étant rédigées, ainsi que l'inventaire détaillé des meubles et objets composant la dot, au moment où le Notaire va apposer sa signature, il est arrêté par les chants qui commencent de la part des amis de la fiancée :

Boute noutari sou parey blu
Que ne la batti pas cer ségu
Boute Noutari su lou rapey
Que ne la batti pas samay

Mets Notaire sur le papier bleu
Qu'il ne la batte à coup sûr
Mets Notaire sur le papier
Qu'il ne la batte jamais

Cette observation a excité la susceptibilité des amis de l'époux qui s'empressent de répliquer :

Lou Noutari qu'à bien manquat
De n'aougé marquat sou countrat
Ce que lou bouc porte scu cap

Le notaire a bien manqué
de n'avoir pas marqué sur le contrat.
Ce que le bouc porte sur la tête.

La cérémonie des fiançailles se terminait sur ces couplets :
(à suivre)    A. TOUZET

LA MAISON du PRINCE NOIR

    Les amateurs de belles vieilles choses connaissent cette ancienne demeure réolaise, encore bien gothique d'allure, qui est située Rue des Menuts et qu'on a pris l'habitude de désigner sous le nom de "Maison du Prince Noir"
    La partie gothique du bâtiment présente sur la rue un mur pignon très aigu, agrémenté de crochets sculptés en assez mauvais état ; au bas des rampants sont deux curieux morceaux de sculpture : à droite un lion tient un écusson avec les trois fleurs de lys les armes de France ; à gauche un monstre bizarre, à tête de chien aux ailes de chauve-souris, tient un écusson où Léo Drouyn a déchiffré la "guivre" avalant un enfant, signe distinctif du duché de Milan.
    La fenêtre du premier étage est ornée de deux anges présentant des écussons mais les têtes et les bustes ont été abattus et on ne distingue que les robes et les pieds.
    Il faut entrer dans la cour pour voir la façade principale et ses fenêtres à meneaux de pierre, encadrées de moulures en baguettes croisées aux angles, selon la mode du XVème siècle finissant. La lucarne du grenier est surmontée d'un fronton à crochets et se termine par un fleuron en fleur de lys.
    Mais la partie la plus remarquable du logis est la belle tour octogone qui contient l'escalier et qui forme saillie dans l'angle de la cour de nobles marches de pierre forment de confortables degrés qui s'élèvent en une vaste spirale appuyée d'un côté sur le mur extérieur et à l'intérieur sur un noyau central formé par le bout des marches elles-mêmes. La voûte d'escalier est soulignée par des nervures qui reposent sur des culs de lampe ornés d'un ange. Deux belles fenêtres à meneaux éclairent l'escalier.
    Une tourelle continue l'escalier pour accéder à la terrasse qui couronne la tour. Vue du dehors, cette tourelle s'agrémente d'une statue d'ange portant un écusson et qui forme cul de lampe, d'une frise de feuillages et d'une sorte de niche ou de cartouche qui devait encadrer un bas-relief.
    A l'intérieur du logis on peut admirer la grande cuisine dallée dont les poutres vénérables et la cheminée renaissance fourniraient un cadre idéal pour le 1er acte de Faust... Il faut aussi voir le grenier et son ingénieuse charpente en ogive, belle comme une voûte de cathédrale et qui fait penser à quelque ancienne coque de vaisseau retourné.
    La partie Est du bâtiment date du XVIIème siècle. Elle fut construite pour le Président Daulède de LESTONAC, lors des séjours que fit le Parlement de Bordeaux à La Réole qui vint s’y réfugier en 1653 et en 1678.
        La maison appartint au siècle dernier au Vicomte de Seguin. De nos jours elle appartient à M. TILHET que nous tenons à remercier ici pour la bonne grâce avec laquelle il nous laissa toujours visiter sa demeure et y relever les croquis qui accompagnent cet article.
P. LAVILLE



L’industrie en Gironde à la fin du XVIIIème Siècle

    Le hasard de recherches aux Archives Départementales nous a mis sous les yeux une lettre adressée de LA RÉOLE le 27 Mai 1788 par DUNOGUES de Casseuil, subdélégué de l'Intendant de Bordeaux, en réponse à un questionnaire expédié par la Généralité à toutes les subdélégations de Guyenne.
    "Monsieur, pour pouvoir exécuter les ordres que vous venez de me donner par la lettre dont vous m'avez honoré le 15 du courant, j'aurais besoin d'être fixé sur la signification du mot USINE et sur l'application de celui de BOUCHE À FEU ; j'ai inutilement cherché le premier dans plusieurs dictionnaires tel que celui de l'Académie Française, celui des Sciences et Arts de Richelet.
Il ne se trouve dans aucun discours.
    Veuillez, Monsieur, m'envoyer les éclaircissements nécessaires sur ces deux objets pour me permettre d'exécuter vos ordres avec tout le zèle et l'exactitude que je leur ai voué.
    Je suis avec le plus profond respect, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur."
Etienne Victor Dunoguès, sieur de Casseuil, subdélégué de La Réole nous dirions aujourd'hui Sous-Préfet - avait alors 58 ans et occupait ces fonctions depuis 21 ans. Ce n'était donc ni un débutant dans la carrière administrative, ni un vieillard inaccessible aux nouveautés. On se tromperait lourdement en pensant que ses connaissances devaient être bien rudimentaires pour ne savoir quel sens donner à ce mot Usine dont l'usage si universel aujourd'hui nous incline à croire qu'il a toujours fait partie de la langue française.
    BOURRIOT, le subdélégué de Bazas, pas plus que son collègue de LA RÉOLE, ne pouvait donner les renseignements demandés par l’intendant. Il répondait le 9 Juin 1788 : ... "Comment me serait possible de les lui fournir sans une idée exacte de la signification des mots USINE et BOUCHES à FEU".
    Mon premier soin fut de faire de la recherche dans le dictionnaire encyclopédique, dans celui de l'Académie Française et ailleurs, mais je n'ai trouvé nulle part le mot Usine, je suppose qu'il signifie forge ou toute autre manufacture exploitée par le moyen du feu. Quant aux mots bouches à feu, j'ai vu qu'ils signifiaient canons, mortiers ; mais M. l'Intendant me demanderait combien il y a de canons, de mortiers, dans le département ?
    Je vous prie, Monsieur, de vouloir bien fixer mes idées relativement à ces expressions : usine, bouches à feu."
    C'est que de tels mots ne sont usités à la fin du XVIIIème siècle que dans les régions industrialisées : pays du nord, de l'est et du centre de la France où existent les premiers grands établissements industriels modernes, et dans les grandes villes où les relations commerciales en ont propagé le sens et l'usage.           Mais dans les régions méridionales où l'activité économique se borne à la production des denrées agricoles et au travail de quelques entreprises peu importantes telles que verreries, raffineries on ne connaît que les mots manufacture ou fabrique utilisés depuis près de deux siècles pour désigner les établissements industriels occupant une main d'œuvre plus importante que celle employée par l'artisan dans son atelier.
    L'ignorance de nos subdélégués est conforme à celle du milieu où ils évoluent,
méconnaissance bien excusable somme toute si l'on songe à l'isolement de ces régions si éloignées par les lenteurs des moyens de communication des grands centres où se sont créés les bases de cette économie moderne fondée sur la houille, le machinisme et le nouvel esclavage des travailleurs

R.  ARAMBOUROU

LA VERRERIE ROYALE de SAINT MACAIRE

    Le lieu-dit "La Verrerie ", dans cette partie de la paroisse de Saint-Maixant qui fut rattachée à la Commune de SAINT MACAIRE vers 1860, rappelle encore aujourd'hui l'existence au XVIII siècle d'une manufacture qualifiée alors : verrerie royale de St Macaire
    Même si cette verrerie était jugée "médiocre" par LATAPIE le fameux inspecteur, des arts et manufactures de la Guyenne, à la fin du XVIIème Siècle, son étude n'en reste pas moins intéressante par les aperçus qu'elle nous ouvre sur la vie sociale de ce temps.
    Notre documentation principale provient de la série C des Archives Départementales de la Gironde et surtout des papiers laissés par le riche négociant bordelais Antoine FONTANILLE

LES VERRERIES GIRONDINES
    Grâce à son sable et à ses bois, le Bazadais était alors par excellence et le pays des gentilshommes verriers qui se succédaient de père en fils, cela depuis des siècles dans l'art difficile de travailler le verre .. Au XVIIIème siècle, les mêmes familles fabriquaient toujours de menus objets de verre de fougère (verre vert) ou de verre blanc, cependant que dans les ports de l'estuaire girondin s'installaient les premières manufactures de verres à bouteilles d'un caractère diffèrent : non plus artisanal mais industriel.
    En 1723 un Irlandais naturalisé, Pierre MITCHELL, fondait à Bordeaux, une verrerie pour verre noir à bouteilles, genre anglais, le four était alimenté par du charbon de terre ; en 1725, un Allemand de Wützbourg cette fois, obtenait un privilège pour Bourg ; en 1749, un bourgeois de Bordeaux, VAN de DRANDE dont le grand-père était d'origine hollandaise, établissait à Libourne une nouvelle verrerie royale.
    Dans la seconde partie du siècle, les manufactures de ce type se multiplièrent à Bordeaux, la consommation des bouteilles ne faisant que croître, les marchands devenaient plus nombreux et les fabriques ne pouvaient plus suffire.
    Avant Mitchell, écrit un contemporain désireux d'obtenir, lui aussi, un privilège : “les habitants de cette ville se servaient de bouteilles simples, couvertes d'osier, extrêmement fragiles ; chaque famille en avait pour le plus, une douzaine, mais ayant connu dans la suite l'utilité qu'il y avait à mettre en bouteilles le vin de provision et à vider une barrique toute à la fois, un chacun courut à la fabrique Mitchell".
    Les paysans eux-mêmes emportaient aux champs une bouteille du type nouveau, plus résistant ; enfin, des colonies lointaines, les demandes affluaient. L'Intendant TOURNY écrit que : "bien des habitants des Isles à leur aise sont devenus plus délicats et que, pour boire du meilleur vin, du vin vieux, ils en demandent en bouteilles. "(lettre du 28 décembre 1751 à Trudaine).

LES VICISSITUDES d'UN GENTILHOMME VERRIER
    Précisément, c'est avec l'intention de vendre aux Colonies qu'un certain Charles de BIGOT, écuyer, réclame l'autorisation de créer une manufacture à Saint Macaire. Les Rigot sont originaires de la Lorraine, pépinière de nombreux verriers ; au XVIIème siècle ils se sont installés en Bourbonnais où nous retrouvons Charles de Bigot en 1758 probablement ouvrier à la verrerie royale de Souvigny.
    Bigot, sieur de Clairbois, fier de sa noblesse de " verre ", vagabond, d'humeur un peu fantasque, représente assez bien l'ancien gentilhomme possesseur de titres pittoresques qui, non loin de Saint Macaire, travaillaient dans les bois du Bazadais, aidés seulement par deux ouvriers, nobles eux aussi, assistés de manœuvres roturiers. Comme eux, Bigot était pauvre et dans la nécessité de louer ses bras dans les manufactures récentes.
Ce travail ne devait guère lui plaire, car dès 1758, nous le voyons se livrer à diverses démarches, solliciter un protecteur moyennant promesse d'une somme qu'il ne possède sans doute pas, pour installer à Bacalan une verrerie "propre à fabriquer toutes espèces de verres en vitres et bouteilles".
    Le propriétaire de la verrerie MITCHELL par une lettre du 1er Février 1753 tempête contre ce concurrent possible et aussi contre un dénommé Gaillard, son ancien ouvrier en bouteilles, qui demande, lui, un privilège pour Langon "la concession de pareils privilèges à des ouvriers ne peut que produire un mauvais effet parmi les ouvriers enhardis par de pareilles concessions".
    L'un et l'autre ne purent rien obtenir. En attendant, Bigot vient en 1760 à la verrerie de Libourne et s'engage pour 5 ans comme souffleur. Mais il poursuit son idée, il a l'exemple de son père, François, qui a obtenu un privilège pour Roanne et se débat, péniblement d'ailleurs, avec ses associés. Lui, cherche maintenant à s'installer à St Macaire et cette fois réussit malgré les propos de son maître libournais Van de Brande, qui le qualifie de "simple et misérable ouvrier en bouteilles, faiseur de projets, coureur de verrerie, sans pain, sans secours, chargé de famille".
    Un arrêt du Conseil Royal du 7 septembre 1762, revêtu de lettres patentes, enregistrées au Parlement de Bordeaux, le 28 Juin 1763, lui permet d'établir une manufacture de verre à vitres, où il n'emploiera que du charbon de terre.
    Van de Brande avait prévu qu'en réalité, Bigot chercherait à transformer ensuite cette verrerie à vitres en verrerie à bouteilles. Peu importe ! Bigot s'établit à St Macaire et en 1764, à quarante ans, épouse en secondes noces la fille d'un avocat au Parlement, procureur au siège de la Ville.
    Dès 1765, les registres paroissiaux mentionnent la mort d'un “ouvrier de la verrerie de cette Ville " et par une lettre de 1767 nous savons que Rigot a “commencé à travailler à faire des bouteilles "
    Toujours sans argent, il s'est associé à un riche marchand bordelais LASSUS qui dirige l'exploitation mais peu de temps après la Veuve PONTOIS “négociant à Bordeaux" succède à Lassus et réussit par divers arrêts royaux à exploiter la verrerie sous son propre nom ; quelques années plus tard, elle fait faillite dans ses entreprises bordelaises entraînant la chute de la verrerie (1771).
    Excellente occasion pour Bigot de reprendre non pas son privilège - il le conserve toujours - mais la verrerie que les héritiers se disputent et qui, en 1778, est très délabrée ayant été recouverte en simple chaume. Le gentilhomme verrier aurait trouvé dit-il un local hors des murs de St Macaire, entre le couvent des religieuses et les promenades de la Ville. Les officiers municipaux et les dames Ursulines présentent à Monseigneur l'Intendant des regrets contre cet établissement dont la fumée gênerait les religieuses, la promenade et l'Hôtel de Ville "situé vis à vis le lieu où l'établissement doit être projeté"
Bigot n'a plus qu'à demander de s'établir, non loin de là, sur l'emplacement de la verrerie abandonnée. Son secret désir.
    Il n'a évidemment plus d'argent, forme une association avec un bourgeois bordelais Barthélémy RIVIERE et y fait entrer comme directeur aux gages de 1000 livres par an, son fils Henry âgé de vingt ans, qui travaille déjà depuis quelques années dans une grande verrerie bordelaise. L'apport d'argent frais permet de construire les premiers bâtiments et c'est cette verrerie en construction que Latapie, Inspecteur des Manufactures, observe durant sa tournée de 1778.
    Les affaires sont peu brillantes, franchement mauvaises, la guerre sévit en Amérique et sur mer provoquant le chômage dans les verreries girondins privées de débouchés extérieurs et d'une grande partie du combustible.

UN RICHE NÉGOCIANT de LA ROUSSELLE
    En 1781, par acte du 1er décembre et pour une durée de 5 ans, Bigot trouve un quatrième fermier en la personne d'Antoine FONTANILHES. Ce négociant du quartier de la Rousselle d'origine toulousaine, riche et amateur de chansons légères, inscrit à la corporation des droguistes, entretient des correspondants en de nombreux pays et a monté dans un quartier périphérique de Bordeaux une raffinerie qu'il fait exploiter par un commis. Créancier de Bernard Latapy, propriétaire de la verrerie royale de Bazas, il a voulu, profitant de sa qualité temporaire de commissaire du séquestre, devenir le maître de cette manufacture. Latapy réussit à évincer Fontanilhos et son commis, déjà installés. C’est alors que la ferme de St Macaire s'offre au négociant raffineur
    L'accord entre Bigot et le nouveau fermier règne, à peu près, jusqu' en 1784, puis Bigot, alors âgé de 60 ans, perd sa femme et fatigué, manifeste le désir de se retirer pour laisser la place à son fils devenu Directeur de l'entreprise bordelaise où il avait travaillé durant sa jeunesse. Henry de Bigot suscite immédiatement des difficultés à Fontanilhes et sans connaître exactement l'évolution du conflit, nous apprenons que bientôt la verrerie de St Macaire passe aux mains des associés FAURES, BEYES et Cie mentionnés encore sur les "almanachs de commerce" de l'année 1792.
Entre-temps Fontanilhes était décédé.
    Nous appuyant essentiellement sur les papiers Fontanilhes, nous allons, maintenant, pouvoir établir la marche de cette entreprise et les conditions de vie des ouvriers de ce temps.

LA DIRECTION d'UNE ENTREPRISE au XVIIIe SIÈCLE
    Nous savons malheureusement peu de choses sur la production de cette fabrique ; elle fournissait peut être quelques verres à vitres mais surtout des bouteilles variées (grand et petit frontignan, à huile, de demi-pot, à l'anglaise) et des dame-jeanne enveloppées de leurs claies en osier confectionnées par l'ouvrier clisseur (mentionné aux registres paroissiaux de Notre Dame du Pian 1784).
    Les matières premières étaient débarquées au port, les bateaux allaient chercher les terres nécessaires vers Cahors, le charbon dans la même région du Quercy et surtout vers l'estuaire girondin, lorsque la paix revenue en 1783, promit d'employer le charbon anglais de beaucoup supérieur, pour les opérations de fonte de matières. Les sables étaient à proximité, le salicor ou soude de varech provenait de contrées assez différentes, quant aux cendres lessivées elles étaient prises aux environs de Bordeaux (Langoiran et ailleurs) à la grande colère des verriers de cette Ville.
    Antoine Fontanilhes entreprit de suite quelques réparations, il fit construire des logements pour le personnel.
    Évidemment il ne s'agissait pas pour lui de résider à St Macaire, il y délégua un commis ou homme de confiance. Nous voyons, par la correspondance de ce dernier, fonctionner sur le vif une manufacture moins importante que celle de Mitchell ou de Van de Brande et qui occupe environ vingt à trente ouvriers.
    En principe, Fontanilhes a affermé St. Macaire et dans les actes il est qualifié de "fermier ", ce n'est là qu'une fiction juridique, les ouvriers principaux qui savent écrire adressent toujours leurs requêtes à "Monsieur Fontanilhes propriétaire de la verrerie royale”.
    En Bazadais, la plupart des gentilshommes verriers demeurent propriétaires et directeurs de leur petites verreries mais dans les grandes verreries c’est à dire dans les entreprises moyennes de la Gironde, le bailleur de fonds est l'authentique propriétaire et le gentilhomme verrier un ouvrier qualifié qui dirige les opérations techniques et la main d'œuvre..
    L'attitude de Fontenilhes à Bazas a déjà permis de déceler un homme qui s'entoure de multiples précautions. Son "commis" à St Macaire est chargé d'établir les livres, rédiger des rapports très détaillés et fréquents, veiller en un mot à la marche des affaires.
    Mais le magasinier chargé de recevoir les bouteilles, les "établir en entrée et sortie, veiller à la manœuvre de la cour "détient aussi une part d'autorité, ce qui semble déplaire singulièrement au commis.
    Ce dernier, par ailleurs, rend compte sans la moindre indulgence des faits et gestes du "directeur" Charles le Bigot, dont nous mesurons par la même, la fonction subalterne de technicien.
    On se défie aussi de lui, sans doute, puisque l'un des souffleurs se voit qualifié de "directeur adjoint" dans son contrat.
    En l'absence du propriétaire réel règne une atmosphère peu propre à des rapports confiants et cordiaux, il serait intéressant de pouvoir connaître, avec autant de précisions, l'atmosphère d'une autre manufacture celle de Bazas, par exemple, où durant ces mêmes années 1780 le nouveau fermier PINAUD passe pour un homme honnête, humain, réglant toutes les difficultés en bon accord avec ses ouvriers
R. NOUAT
(à suivre) dans le prochain numéro : SALAIRES & CONDITION OUVRIÈRE

ACTIVITÉS de la SOCIÉTÉ
EXPOSITION des 20 et 30 AVRIL
    À l'occasion du Congrès Départemental des Anciens Combattants, la Société avait installé dans la bibliothèque municipale, grâce aux collections des archives communales et des amateurs locaux, un ensemble très complet de documents militaires de 1789 à nos jours : affiches, proclamations, citations, bons de réquisition, liste des conscrits, etc... On pouvait voir aussi des pièces d'équipement shakos, képis, casques, épées et armes.

EXCURSION du MARMANDAIS
    Le 7 Mai une quarantaine d' “Amis du Vieux Marmandais", arrivés en autocar ont été reçus par MM JAMET, COUNILH, ARAMBOUROU et LAVILLE.
La Marmory, le Château des 4 Sos, le Monument des Bénédictins, l'Eglise, le Sault, la Maison du Prince Noir furent particulièrement appréciés. On se quitta au pied du balcon de l'Ancien Hôtel de Ville et les excursionnistes continuèrent vers St Macaire, Villandraut et Bazas. A leur tour, la 15 Juin, un groupe d'élèves du Collège de Marmande, a visité sous la conduite de MM. Jamet et Arambourou, La Réole et St Macaire.

REUNION du BUREAU du VENDREDI 2 JUIN
    On décide d'adresser à M. le Président du Comité des Fêtes la lettre suivante : "Les Amis du Vieux Réolais, soucieux de maintenir les traditions locales, ont décidé de contribuer cette année, dans la mesure de leurs moyens, aux dépenses engagées pour réaliser la procession sur l'eau des fêtes de l'Ascension.
La Société tient à votre disposition la somme de Francs : 1000
Distribution du No 2 des Cahiers. Cette distribution a été retardée à cause de la maladie de notre trésorier Camille Biot. La Société s'excuse auprès de ses abonnés et souhaite à M. BIOT un prompt et complet rétablissement.
Le Secrétaire,

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